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12 janvier 2018

Top Gun

2017 est morte, vive 2017. Dans le désordre le plus complet.

Skeuds :

-Big Brave : Ardor
-Unsane : Sterilize
-Monarch : Never Forever
-torino : De L’autre côté de la ville
-Wolves In The Throne Room : Thrice Woven
-Bell Witch : Mirror Reaper
-Friendship : Hatred
-Oxbow : Thin Black Duke
-Prurient : Rainbow Mirror
-Iron Reagan : Crossover Ministry
-Black Mecha : I.M. Mentalizing
-Brutus : Burst
-Crystal Fairy : St
-Horisont : About Time
-PallBearer : Heartless
-Endon : Through The Mirror
-Contractions : Demo
-Woe : Hope Attrition
-Mondkopf : They Fall But You Don’t

Concerts :

-The Saddest Landscape et Svalbarduk à l’Espace B
-Oxbow, Celeste, Inter Arma et Sumac au Gibus
-The Conformists et Porch à l’Espace B
-Windhand, Monolord, Conan et Satan’s Satyrs au Glazart
-Emma Ruth Rundle à l’Espace B
-Wolves In The Throne Room et Aluk Todolo au Glazart
-Celeste, Comity et Revok au Point Ephémère
-Grails et Majeure au Glazart

Films :

-Grave de Julia Ducournau
-The Lost City of Z de James Gray
-Get Out de Jordan Peele
-Emily Dickinson, a quiet passion de Terence Davies
-Rodin de Jacques Doillon
-Loving de Jeff Nichols
-Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin
-Laissez Bronzer les cadavres D’Hélène Cattet et Bruno Forzani

Série :


-Bojack Horseman
-Flowers
-Godless
-Nola Darling
-The Deuce

20 juillet 2017

Épuration esthétique

  Aujourd’hui, à la demande générale des chats du quartier et surtout de ma voisine qui adore que j’écoute Karate en boucle, le post d'aujourd’hui inaugure une nouvelle rubrique (qui en fait existe déjà mais qui n’avait pas de nom (tu suis ? (triple parenthèse par amour des bonnes choses))) : Désordre esthétique. Je vous vois déjà, vous tortillant d’extase à cette nouvelle « oh oui, tonton cannibale, une nouvelle rubrique ». Point de musique ici mais du goût pour le beau, de la passion pour l’image, du fétichisme pour l’emballage, de l’amour pour la photo, bref, du style, des couleurs, des typos, de la classe et des pochettes d’albums qu’on pourrait regarder pendant des heures. Pour baptiser cette nouvelle vieille rubrique, nous allons parler minimalisme, épuration, beauté par le peu.


Certains esprits extrémistes ne sont pas loin de penser que pour faire une pochette de disque parfaite, il suffit de deux couleurs et d’une typo choisies avec une science de l’agencement touchant au miracle. Ces gens de goûts sont à l’origine d’une des vérités qui fait que le monde peut parfois échapper à la laideur. Il suffit de se souvenir de 13 Songs de Fugazi pour se dire qu’il n’y a pas besoin de faire beaucoup pour obtenir la perfection. Et comme le monde est bien fait et que la logique réussi parfois l’étrange parie de s’inviter à la table du chaos, le hardcore étant lui-même l’art de faire beaucoup avec peu, on comprend pourquoi le premier exemple qui nous vient est le chantre du HxC made in Washington DC. Bien des gens (pour le meilleur et le pire) derrière les visuels de groupes se réclamant être les héritiers d’un certain esprit DIY punk et hardcore se sont de tous temps essayés à la beauté qui tient à peu, à l’unique couleur qui fait tout, à la ligne qui étant seule est une ligne que l’on remarque et qui nous raconte des choses.*

Une bonne pochette d’album n’a, du moins à l’origine, pas vocation à devenir un poster, une image qui se suffit à elle-même, elle ne doit être que comme l’étiquette sur une bouteille ou plutôt, elle est le couvercle d’une boite de pandore et n’est qu’une illustration d’un contenu. En cela, elle est un format idéal pour l’abstraction, l’apparition d’aucune information n’étant finalement nécessaire en son sein puisqu’elles peuvent être présentent ailleurs, sur la tranche du boitier du disque ou sur un sticker. Les exemples sont nombreux de disques à la pochette immaculée ou même sans pochette du tout. Mais comme dit plus haut, les plus belles sont composées de deux ou trois éléments : texte, couleur, photographie.

Je ne peux m’empêcher de citer une nouvelle fois Karate dont les pochettes de Some Boots et Pockets sont des chefs-d’œuvre du genre. La première et ses deux couleurs qui englobent une photographie, les verticales qui se répondent et les jeux de couleurs sur la typo sont un miracle de création visuel qui illustre à merveille le contenu du disque. La deuxième a l’idée géniale d’utiliser un schéma pour toute illustration et de le présenter sur un fond gris. La sobriété étant dans ces exemples un outil esthétique entièrement au service d’une façon de faire, elle est une philosophie du carcan comme base de création. Le minimalisme d’une pochette d’album devient alors un reflet de ce que peut être la musique quand elle est limitée par une contrainte. Il est un miroir à la question de tous temps : que peut-on faire de nouveau quand ne dispose que d’une batterie, d’une guitare, d’une basse et d’un micro ?

Il est plaisant de se balader dans sa discothèque et d’y chercher ces pochettes qui font tout avec peu et qui par leur simplicité apparente sont le reflet parfait des disques qui finissent par devenir une partie intégrante de nous-mêmes. Ils sont comme une photo ou un tableau qu’on garde accrochés longtemps sur un mur, chaque fois que l’on pose un disque sur une platine, le premier élément qui compose cette action est un fait visuel qui nous guide. Et il est amusant de se rendre compte que souvent lorsque l’on oublie le nom d’un groupe, il suffit de se représenter sa pochette dans notre tête pour se le rappeler. Bien sûr, plus la pochette est épurée, plus cette gymnastique est aisée.

*Certains esprits chagrins me diront qu’ailleurs ou même avant, sous d’autres latitudes musicales, on faisait déjà dans l’épuration. Ils me citeront les Beatles, Metallica et d’autres. Je leur répondrai méchamment que l’album blanc est blanc pour faire couler de l’encre et n’est que le fruit d’une démarche marketing, ils me répondront que je suis de mauvaise foi, ils auront peut-être raison sur ce point mais pas sur la question qui nous intéresse aujourd’hui.

Le cannibalisme passe aussi par le regard. Devient cannibale

19 octobre 2016

Octupus Has no friends

Relapse semble à nouveau dans une période faste puisque les sorties de qualité se bousculent chez le label de Philadelphie. Pour preuve, le premier album de Brain Tentacles dont le nom est tellement classe que le disque s'appelle comme le groupe (ou bien est-ce l'inverse ? Mystère). Formé par David Witte le batteur (entre autres) de Municipal Waste, Bruce Lamont (le saxophoniste de tous vos groupes préférés) et Aaron Dallison de Keelhaul (et de plein d'autres trucs que je ne connais pas), Brain Tentacles creuse un tunnel sombre et obscur entre King Crimson et Zeus, en n'oubliant pas de faire un détour vers le jazz le plus free, le rock le plus noise avec, dans l'autoradio de la pelleteuse, le Zappa le plus écoutable et des musiques du monde. Ça fait beaucoup et pourtant.

Brain Tentacles c'est un peu comme si Zeus avait soigné son épilepsie en écoutant du jazz New Orleans ou, plus simplement, comme si par enchantement, Zu devenait d'un coup bien plus accessible. Car si on ne peut pas encore parler ici de musique formatée, Brain Tentacles ne demande pas trop de se creuser la cervelle pour rentrer dans son univers, le disque, plutôt court, ne demande pas un effort surhumain pour apprécier ces folles complaintes en forme de montagnes russes. Pourtant, cette musique est cinglée, c'est un fait. Mais ce qui semble ici prévaloir c'est le fun, le plaisir de faire du bruit et il est étonnamment communicatif, surtout pour un disque de ce genre.

De "Kingda Ka" et "Fruitcake" qui sonnent comme une rencontre d'une nuit entre du noise rock et le Klezmer vu par John Zorn à des choses plus posées comme "Fata Morgana" (pensez Bloodiest, toujours Bruce Lamont), la galette se permet de se balader sur un spectre bien plus large qu'on ne s'y attend au premier abord et tape souvent juste. "Cosmic Warriors Girth Curse" est un des sommets de l'album, tour à tour lourd et planant, comme un voyage spatial mais en rouleau compresseur. Une fois le disque passé, on n'aura finalement vécu autant de choses que chez Zeus et Zu mais en ayant tout de même moins la sensation d'avoir été ballotté n'importe comment de façon gratuite. Pour terminer, quelques mots sur la pochette, franchement classe, qui a la présence d'esprit de réunir tout ce que j'aime voir sur un disque, des navires, des monstres marins et des cerveaux. Pourquoi se compliquer la vie.

"Et sous la peur, la superstition, obsédante et troublante, étendait ses tentacules." Enrique Serpa, Contrebande.

Malaxe tes méninges et sois cannibales.


27 octobre 2011

arsenic et vieux gréements

Bon je sais ce titre est euh... Super merdique?...Ouais, bon d'accord. Mais je me suis cassé la tête dessus pendant une insomnie d'une rare productivité intellectuelle (?). Des heures à me tourner et me retourner dans mon lit trop froid à attendre la muse de l'inspiration comme certains enfants attendent la petite souris ou certaines femmes le prince charmant, que sais-je encore?... Bref, et pendant cette fameuse insomnie, je cherchais aussi un sujet de publication, genre un qui révolutionnerai la blogosphère musicale, qui changerai le monde, doterai mon chat de la parole et rendrai les filles faciles. Dur, dur justement. Bref, le sujet : savez-vous quel est le point commun entre mastodon, akimbo, fast motion, primus, dagoba et none more black? Simplement ils ont tous fait preuve de beaucoup de bons goût (même certains d'entre-eux qui sont des groupes merdiques (en fait y en a qu'un et je vous laisse deviner lequel)) en publiant un album avec un vieux gréement sur l'artwork. Et oui, ça méritait un post, car quelle plus belle pochette que celle du leviathan de Mastodon ou celle de sailing the seas of cheese de Primus? Bon tout ça était surtout un prétexte pour vous parler de ces deux super groupes qui font l'actu avec un nouvel album (plus une reformation pour Primus). Et quels albums!!! Le nouveau Mastodon, The Hunter, est simplement le condensé parfait de leurs trois albums précédents avec toujours des parties de batteries à tomber sur le cul, des refrains épiques et des solos de grattes une nouvelle fois parfaits. Que du bon! Pour le nouveau Primus, je n'en ai entendu que quelques morceaux mais il est dans la continuité des trois premiers albums (les meilleurs) avec le retour d'un de leur tout premier batteur (Jay Lane), largement du niveau de Tim Alexander (encore meilleur?) qui assurait sur les premiers albums.
Voilà c'est tout pour ce soir!
N'hésitez pas à étoffer ma petite liste de pochettes avec des gréements, je suis sûr qu'ils y en a plein, une véritable valeur sûr! Stay cannibal!