Tiens, qu'est-ce que c'est ici ? Ah oui, un blog, merde. Comme souvent, je devrais commencer par m'excuser pour ma trop longue absence en ces lieux étroits, mais non, on s'en tamponne, on passe directement à l'essentiel : Le Motocultor qui s'est tenu il y a une semaine non loin de Vannes (pas les blagues, la ville, quoi que vu certains groupes de la prog, on pourrait se demander, nous y reviendront.)
Jour 1 : "Ils sont très noirs les nuages là-bas, non ?"
Le festival s'ouvre, merveille des merveilles, par Mars Red Sky, qu'on ne se lasse pas de voir et de revoir, encore et encore, surtout qu'aujourd'hui, le groupe a quelques nouveautés dans son sac à potions, profitons-en ! Rien à redire, les bordelais transpirent toujours autant la classe et se planquent, chose de plus en plus rare, derrière leurs compos. Tout pour la musique, comme disait l'autre. Donc, non, on ne va pas voir un concert de Mars Red Sky pour le show, mais bien pour ce son si particulier qu'ils cultivent depuis maintenant douze ans, psychédélique et lourd, aussi gras qu'il est aérien. Une bonne ouverture de la boutique.
Je ne vous direz pas qu'Au-dessus était en-dessous de tout, mais bon, je m'y suis ennuyé comme jamais, c'était plat et long, mais alors long. Question de goût, certainement, mais tout de même.
Not Scientists, au contraire, était frais et rigolo, rien d'étonnant avec deux anciens Uncommonmenfrommars à bord. Un concert bien fun, mais qu'on aurait préféré voir ailleurs que sur la grande scène. Leur cocktail punk mélo/emo avait le bon goût de la fin du millénaire dernier, quand l'emo se réinventait pour la dernière fois et que The Get Up Kids en étaient les rois. Un chouette moment !
Juste après, la Supositor Stage (quel nom) accueille les rois du Trashcore épicé keupon : Iron Reagan. Un petit moment qu'ils n'étaient venu par chez nous, justifiant le monde plutôt conséquent devant la scène. L'autre raison étant que la musique des cinq foufous se révèlent bien mieux en live que sur disques, où elle souffre parfois d'un côté un poil linéaire. Ici, que nini, ça va vite, ça joue carré, c'est rigolo, les titres s'enchaînent à une vitesse folle, le chanteur s'amusant à tenir les comptes assez régulièrement. Pas le temps de s'ennuyer, quelques tubes, tel le très efficace "Fuck The Neighbours" et le groupe s'en va sans qu'on ait eu le temps de dire "ouf". Un des pics de coolitude du fest, assurément.
Plus tard, Ange s'installe gentiment sur la Massey Ferguscène (quel nom bis) et c'est parti pour un voyage assez loin des terres métalliques, vers un passé foisonnant où le groupe mené par Christian Décamps était très haut placé sur le trône du prog à la française. Le groupe n'ayant jamais arrêté de tourner et sortir des disques, nous découvrons beaucoup de choses que nous ne connaissions pas et le chanteur impressionne la foule par sa voix toujours magique et sa présence ultra charismatique. Quelques moments de grâce plus tard, on sort de sous la tante sonnés et émus. Un concert vraiment spécial, au milieu du bruit et (bientôt) de la boue ! Toutes les générations s'étaient données rendez-vous sous la tante, pour voir si la bête bouge encore, et la réponse est plus que oui. Rappelons qu'Ange a sorti son premier disque en 1972, il y a 47 ans !! Une vie de musique et un concert d'une générosité rare. J'ai versé ma petite larme (pas la dernière du weekend), c'est dire.
Puis, tout à coup, Magma. Je n'avais jamais eu la chance de les voir, alors que le groupe fait partie de ceux que j'écoute depuis que gamin j'ai mis le doigt dans l'engrenage de la grande machine de la musique qui fait du bruit. Imaginez donc mon émotion, de voir, pas très loin de moi, Christian Vander finir de s'installer. Et pensez au fait que l'an prochain, le groupe fêtera ses 50 ans. Sinon, que voulez-vous que je vous dise ? Le concert était parfait. Magma était révolutionnaire en 1970, il l'est toujours aujourd'hui, après 50 piges passées sur un trône que nul n'a jamais pu lui prendre. La raison ? Personne n'a jamais boxé dans sa catégorie. Magma est plus fou, plus unique, plus technique, plus musical, plus rythmique, plus dense, plus magique, plus tripant que tout ce qui a été produit en France en cinq décennies. Et ils ont ouvert la voie à tout le monde. Tout simplement. Et donner des concerts comme celui-ci, après tout ce temps, n'est rien d'autre que la preuve du génie, et d'un type particulier, celui qui ne se dément jamais. LE concert du festival.
Le dernier concert du vendredi sera pour nous NOFX. Un groupe que j'adore (si, si) et que j'ai toujours envie de revoir, encore et encore, bien qu'ils soient de plus en plus rares en France. Sauf que. Mais. Alors bon. Oui... Non ! Je savais que Fat Mike aimait faire le con, qu'en festival, le groupe s'amusait surtout à tout faire sauf de la musique, mais là... Non. Alors oui, dès qu'ils jouent, c'est toujours aussi bon, oui, le groupe est encore une machine à tube punk mélo. Oui, c'est rigolo les blagues et les cascades. Oui, mais non. L'équilibre habituel conneries/musique n'était pas de la partie, tout était brouillon, bordélique. Trop bordélique, sentant le foutage de gueule.
Jour 2 : Et de la boue, sortit un Golem.
Plutôt que de passer notre vie dans la boue, mes camarades de chantier et moi-même avons préféré dormir et profiter d'un peu de confort. C'est ainsi que nous ne sommes arrivés que vers 19H20 sur le site pour profiter, frais et dispo, d'un concert de Sólstafir plutôt pas mal du tout, plein de tubes et d'émotions, même s'il est flagrant que les morceaux les plus récents sont bien faibles comparés à l'époque bénie des trois précédents albums. L'absence du batteur originel se faisant cruellement sentir. Un bon concert tout de même.
Dopethrone est tout ce dont vous avez besoin si vous aimez le gras, le sale, le sludge. Par contre, si vous aimez avoir avec ça, un minimum de finesse, un soupçon de quelque chose qui fasse la différence, il faudra repasser. Beaucoup trop de sauce, beaucoup trop d'épices, la recette est extrême, mais, au milieu d'un champ de boue, elle passe assez agréablement.
On ne vous parlera pas ici de Trust, parce qu'on a eu d'autres choses à faire que d'aller les voir. Étonnant, tout de même, qu'un groupe comme celui-ci existe toujours, capitalisant éternellement sur les trois mêmes tubes, n'ayant rien produit de décent depuis des décennies.
Puis vint EyeHateGod et le Golem se mit à marcher. Le groupe de la Nouvelle-Orléans fait partie de ceux qui ont défini un genre, l'ont fait évoluer, perdurer et profitent de chaque concert pour remettre leur titre en jeu, tout déballer et exhiber fièrement leurs entrailles. Dans chaque genre, sous chaque étiquette qu'on utilise pour cataloguer la musique, se cache trois ou quatre groupes maximum qui sont au-delà de la comparaison. Il suffit de les voir sur scène, n'importe quand, cela se vérifie à chaque fois, pour se rendre compte qu'ils sont hors des modes, qu'ils portent une musique qui dépasse toutes les autres. Ils ne sont pas simplement talentueux, il s'exhale de leurs concerts quelque chose de plus, de différent, de magique et d'inquantifiable qui les rend uniques. EyeHateGod est clairement de ceux-là. Et ce concert nous l'a encore une fois rappelé. Un must de cool, de haine et de catharsis.
Jour 3 : Vieux trash über alles.
Après deux jours passés dans la boue, un peu de soleil se mit à faire sécher les cœurs et les esprits, le festival pouvait se terminer tranquillement avec, semble-t-il, beaucoup moins de monde (certains ont dû difficilement survivre au camping).
Je rêvais de voir Voivod depuis longtemps, depuis Jason Newsted (oui, j'ai grandi avec Metallica, c'est ainsi, on n'y peut rien), depuis que la passion de la SF m'a fait découvrir ce groupe par le biais de leurs pochettes d'albums absolument folles. Je n'ai pas été déçu, et cela m'a donné envie de me plonger plus avant dans leur discographie si originale. Voivod s'est inventé son propre genre, sa propre façon de faire, et le concert de ce dimanche après-midi nous a rappelé que l'humilité et la classe sont des critères grâce auxquels on reconnait les plus grands. Un des grands concert de cette édition.
Sacred Reich, cinq jours avant la sortie de son premier disque en vingt-trois ans, est venu nous rappeler pourquoi il était toujours debout après tout ce temps. Du trash efficace, brute, mélodique, et un sens du cool, des interventions entre les morceaux à l'opposée de ceux qui essaient de jouer les gros méchants. Un concert aussi joyeux que la musique était écrasante de rigueur. Des tubes, partout, et des nouvelles compos qui tiennent plus que la route. Une raison de plus de se jeter sur le nouveau bébé, Awakening, album d'un retour discographique qu'on n'osait plus espérer.
Napalm Death, oui, alors, bon, comme ça, après trois jours, de loin. Oui, oui, c'est toujours Napalm Death, ils ont tout inventé, ils ont tout traversé, tout essayé, ils sont toujours là. Barney tient toujours la boutique en donnant l'impression que sa vie en dépend. Il faut les avoir vu une fois dans sa vie ? Sûrement. C'est un classique, une référence, une borne. Mais, avec la fatigue, vue de loin, pas grand chose.
Cet article était garanti sans Gronibard et sans Henri Dès ajoutés.
Si toi aussi tu voudrais que l'été perdure inlassablement, sois cannibale !
un blog pour partager ma passion pour les musiques actuelles. rock indé, punk, electro, metal, expérimental, hard-core, etc.
Affichage des articles dont le libellé est usa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est usa. Afficher tous les articles
24 août 2019
Report Motocultor 2019
9 novembre 2018
Love and Mercy
Quoi de mieux que l’arrivée de l’automne pour un nouveau
disque du Thalia Zedek Band ? FightingSeason est sorti en plein milieu du
mois de septembre et, autant le dire tout de suite, toutes nos attentes sont
comblées par cette collection de chansons aussi lyriques que sensibles à leur
époque.
Eve, le précèdent
disque du groupe semblait avoir atteint une quasi perfection formelle, le nouveau
reprend le même schéma mais en y ajoutant de la rage. Attention, Fighting Season n’est pas un disque
engagé, fort heureusement d’ailleurs, mais plutôt de ceux qui font le constat de
la nécessité de se tenir debout face au monde qui nous entoure. Il commence
très haut dans les sphères mélodiques avec « Bend Again » et son solo signé
J Mascis. Un titre qui nous rappelle simplement pourquoi nous aimons tant
madame Zedek et nous replonge dans ces sons de guitares si particuliers,
chargés d’une émotion jamais feinte. « What I Wanted » nous marque
par son refrain tout en répétitions et cette guitare traînante, si facilement
reconnaissable.
« Fighting Season » est un des titres phares du
disque éponyme, tout y paraît simple, presque facile, avec ce texte réduit à l’essentiel,
mais si fort. Et puis, la chanson s’emballe, un tourbillon de roulements de
caisse claire et du violon nous transportent vers les sommets d’un disque déjà
marquant au bout de trois morceaux. « Of
The Unknown » et « Ladder » creusent le même sillon :
mélodies, chant sur le fil.
« War Not Won » est certainement l’autre sommet du
disque. Rien d’autre que la voix de Thalia, une guitare, quelques notes de
piano et de violon et la magie opère. Une très grande chanson d’où s’élève une
lumière qu’on ne trouve nulle part ailleurs que dans les mots et la voix de
Thalia Zedek. « The Lines » est plus tendue, rappelant presque E, l’autre
formation actuelle de la chanteuse, tout aussi indispensable. Le disque s’achève
par « Tower », qui, commençant par quelques notes de guitares
accompagnant la voix, s’envole sur les refrains vers plus d’électricité.
Ce nouveau disque du Thalia Zedek Band n’est pas une
confirmation mais simplement une nouvelle preuve car cela fait longtemps (et beaucoup de disques) que nous connaissons
l’immense talent de la dame. Il suffit de la voir sur scène, comme plus tôt
cette année lors d’une tournée européenne solo, pour être touché par la grâce d’un
songwriting en communication directe avec les anges. Plutôt rare, non ?
Ramasse des châtaignes et sois cannibale !
Libellés :
amour,
classiques,
folk,
pop,
Thalia Zedek,
usa
15 septembre 2018
Motocultor 2018
Comment parler de trois jours dans la poussière et le bruit,
la bière et les saucisses, le temps qui se distord et le ciel toujours bleu ?
Comment dire la joie de l’enfant qui sommeille en moi et qui rêvait de voir
certains groupes depuis l’adolescence ? Tentative incertaine pour un
rapport forcément subjectif d’un festival de Metal.
Il y avait cette année pas vraiment de têtes d’affiche qui
me parlaient. L’alternance des scènes a fait que la plupart du temps, nous ne
passions par la Dave Mustage que par curiosité, pour dire « Tiens Cannibal Corpse » (fatiguant), « Tiens,
Nasheville Pussy » (oui, oui,
pourquoi pas), « allons jeter un œil à Ultra Vomit » (à la limite du gênant). Nous avions ensuite du
temps pour boire un verre ou d’aller devant les autres scènes y attendre des
choses plus consistantes.
Le vendredi, le soleil tape sur la Supositor’s, quand nous arrivons,
c’est Nesseria qu’une petite foule
attend. Le groupe ne m’a jamais véritablement parlé sur disque, mais là, c’est
autre chose, son très bon (dans l’ensemble ce sera le cas tout le weekend),
sourires constant, bonne humeur, violence. Ce qui n’est pour nous qu’une mise
en jambe annonce du très bon. Ça y est, on y est. Le reste de la journée n’est qu’une promenade, faite de bières et de
discussions sur le site du festival, vraiment chouette, petit, bien pensé.
Quand le soir arrive, on se retrouve devant Myrkur, que j’étais très curieux de voir enfin sur scène, son
dernier LP tournant chez moi régulièrement. La dame ne déçoit pas, impressionne
plutôt par son chant d’une richesse folle, sachant monter très haut sous le
chapiteau de la Massey Ferguscène. Un concert perturbé par de léger soucis
techniques qui n’entament en rien le charme de ce Black Metal pas tout à fait comme les autres. Encore un
petit peu d’attente et nous sommes devant l’équipe technique des Young Gods. Un groupe assez rare depuis
quelques temps, que j’adore et que je n’ai eu l’occasion de voir que deux fois
auparavant. L’excitation est donc à son comble quand les trois suisses arrivent
sur scène. Incroyable concert, comme toujours, les Young Gods dégageant une
chaleur sur scène qui touche au sublime. Une setlist parfaite mais un concert
qui me semble, forcément, trop court. Un des sommets du festival, assurément. La
fatigue du voyage se fait sentir, direction dodo.
Le samedi a été pour moi le jour le plus intense, beaucoup
de groupes que j’attendais, aucune déception, un temps idéal, pas trop chaud.
Le pied. On arrive, malheureusement, à la fin de Hangman’s Chair, mais le peu que l’on en a vu a fini de nous
convaincre de l’incroyable talent de ce groupe parisien aussi original que
puissant. Un chanteur impressionnant, une rythmique d’éléphant sur le retour
mais à qui on ne peut plus la faire à l’envers, une présence sur scène qui en
impose de façon assez bluffante parce que semblant couler de source. Très frustré
d’avoir raté le début mais, que voulez-vous, il faut bien dormir. Direction
ensuite la Supositor’s, pour le groupe que j’attendais avec le plus d’envie :
Blockheads. Pour moi, un des tout
meilleurs groupes de Grindcore toutes époques confondues. Et dire qu’ils ne m’ont
pas déçu serait une litote. Banane totale, chaleur, poussière, générosité de
chaque instant, un esprit punk de vrais passionnés, un son parfait, et cette
musique qui fait partie de celles qui constituent les bases de mes goûts
musicaux. J’ai même eu la possibilité de faire un câlin au chanteur. Parfait. La
surprise du jour, c’est Pelican, un
groupe qui sur disque me laisse totalement froid et que j’ai trouvé ici des
plus convaincants, malgré quelques soucis de sons (pas leur faute, peut-être).
Tenir une scène de festival Metal avec un groupe totalement instrumental me
semble être un exploit difficile à réaliser, le groupe le fait avec aisance.
Simple et efficace. Puis, la joie de voir Nostromo sur scène, la satisfaction de les savoir revenus pour de bon. Cette brutalité
absolument jouissive qui traverse toute l’enceinte entre les arbres de la
Supositor’s, cette technicité bluffante, ce Grindcore pas tout à fait comme les
autres, technique, chirurgicale. Un des pics de kiff du festival. Plus tard
dans la journée, Celeste se fait
désirer sur la Massey Ferguscène et a bien raison, le groupe ayant enfin par
chez nous la reconnaissance qu’il mérite. Etant maintenant habitué à les voir
jouer, la surprise est de taille : de petits changements de mise en scène
bienvenus, un son meilleur que jamais et une façon de dérouler tout ça qui en
impose comme jamais auparavant. Celeste est au maximum de ses capacités, tient
son bidule comme jamais et nous assomme littéralement. Le concert du jour, c’est
celui-ci. Et c’est maintenant certain, Infidèle(s) est le meilleur album d’un
groupe en permanente progression. Merde, tant de bons groupes français !!
Inutile après cela de parler du reste de la soirée, la messe est dite.
Le dimanche ne restera pas comme mon jour favori mais m’a
réservé quelques bonnes surprises. J’attendais de voir Cult Of Occult pour me convaincre, leurs albums n’ayant jamais
réussi à me faire plus que tendre l’oreille. Eh bien, leur concert était du
même bois, violent, plombant, certes, mais linéaire, assez éloigné de ce qui
dans le genre sait tout détruire. Tant pis. La surprise de taille du jour fut Stoned Jesus, un groupe qui lui aussi
ne m’a jamais vraiment fait sauter au plafond sur disque. Et là, je ne sais
pas, cette musique simple et directe, le kiff du stoner en trio, ces trois
jeunes types qui tiennent la scène avec sourire et humour, tout était là. Le
concert feel good du festival, mais pas non plus un renversement des planètes
Stoner non plus, simplement un moment très cool. Ce qui est déjà beaucoup. En prime,
un nouveau morceau joué pour la première fois, merci. Sur la même scène, Misery Index m’a étonné par son côté
cool et tranquille, ambiance que je n’attendais pas d’un groupe de Death. Rien
à en dire de plus, si ce n’est que je suis toujours content de voir un groupe
de chez Relapse sur scène, puisque c’est tout simplement le meilleur label
américain qui soit. D’ailleurs, Relapse, encore, la dernière claque du festival
sera Dying Fœtus qui, là où Cannibal
Corpse est chiant comme la lune, se révèle passionnant d’un bout à l’autre d’un
set qui, bizarrement, avait lieu sur la Supositor’s. Etrange choix d’organisation,
tant le groupe ricain a déplacé les foules. Un batteur totalement inhumain qui
joue tout le temps plus vite que tout le monde et qui parfois se met à jouer
plus vite que lui-même, un son clean comme un scalpel, une ambiance finalement
fun (cet appel au don pour que le groupe puisse fumer sur la route), des
musiques d’intro et de conclusion choisies avec soin (Ahahah). Que demander de
plus ? Dying Fœtus a inventé le Deathcore (le vrai, celui qui fait se
télescoper le Death le plus brutal et le Hardcore le plus violent, pas cette
musique pour connards qui est le nouveau nom du Metalcore). Voilà, c’est fini,
c’était cool.
Dédicace à Anatole, qui se reconnaitra et qui a été un
compagnon parfait.
Libellés :
amour,
black metal,
blockheads,
bruit,
celeste,
classiques,
death,
doom,
En vrac mais avec amour,
france,
grind,
grindcore,
grindcore family,
hardcore,
indus,
metal,
nesseria,
Relapse,
report,
usa
5 juillet 2018
Trois Huit
Boom ! Aujourd’hui, on parle du meilleur super-groupe
de la planète. On parle de E, on parle de Negative
Work. E, Thalia Zedek (Come, Live Skulls, etc), Gavin McCarthy (ex Karate) et Jason Sanford guitariste de Neptune. Je ne sais
pas vous, mais moi, ça me fait rêver. Le premier Lp était déjà excellent,
alors, quid, quid, oui quid de celui-ci ?
Le disque s’ouvre avec « Pennies », titre chanté
par madame Zedek, mélodique, entêtant et complètement addictif. La guitare de Sanford tournoie, sirène hurlante. Je peux vous le dire tout de suite, ça sera
comme ça jusqu’à la fin. « The Projectionist » garde le cap, se fait
mathématique, avance avec aisance vers quelque chose de plus hypnotique. Thalia
Zedek et Sanford s’y partagent le chant. Il est à noter que jamais E ne sonne
comme la réunion de trois entités, Negative Work fait montre d’une réelle cohésion, on écoute ici la musique d’un
véritable groupe. Un groupe où une alchimie est clairement présente.
« Poison Letter », je n’ai rien à en dire, il
suffit de l’écouter. Ma petite préférée. Si cela ne vous fait aucun effet, je
ne peux rien pour vous, peut-être n’aimez-vous tout simplement pas la musique,
ce qui n’est pas si grave. Mais cette voix, encore et toujours, ces guitares
qui savent aller et venir, feu et glace. Et ce jeu de batterie si particulier,
tout en roulements. Enfin, je vous ai dit, je n’ai rien à en dire. « A
house Inside » est chantée par Jason Sanford. Il nous susurre à l’oreille, puis
sa voix s’emporte et rend ce morceau passionnant.
« Down she goes » arrive avec ses guitares
entremêlées et sa rythmique lancinante. Un titre peut-être plus abrasif mais
qui, avec le temps, se révèle et emporte tout. On est déjà à la moitié du
disque, tout est parfaitement à sa place et un constat s’impose : Negative Work est plus varié, plus
abouti que le premier disque de E. Je ne pourrais pas vous quitter sans vous
parler de « One In Two », ses guitares mélancoliques qui se mélangent
jusqu’à exploser quand la batterie arrive, ce martèlement. Et la voix de Thalia
Zedek. Pourquoi ne saoule-t-on pas les masses avec cette voix ? Pourquoi n’est-elle
pas partout ? « Hole In Nature » se fait velours (enfin, un peu râpeux
tout de même), la voix de Sanford nous grise, encore un morceau parfait, encore
un. « Hollow » vient conclure le disque comme il avait commencé, avec
cet alliage précis (et précieux) de mélodies et de coups de boutoirs. Et ce
refrain, mes petits, ce refrain. Voilà, la leçon est terminée. Negative Work
est un grand, très grand disque.
Vous l’aurez compris, ce disque fait l’unanimité entre moi,
moi-même et je, j’ai même quelques amis qui n’en reviennent pas, c’est vous
dire. E est également une vraie expérience à vivre en concert, un truc sans
fioritures aucune, mais qui vous traverse et vous avale. Une musique sincère et
passionnée, passionnante.
On a chaud, on est bien, on est Cannibales !
Libellés :
bruit,
classiques,
Karate,
math,
noise,
Thalia Zedek,
usa
12 janvier 2018
Top Gun
2017 est morte, vive 2017. Dans le désordre le plus complet.
Skeuds :
-Big Brave : Ardor
-Unsane : Sterilize
-Monarch : Never Forever
-torino : De L’autre côté de la ville
-Wolves In The Throne Room : Thrice Woven
-Bell Witch : Mirror Reaper
-Friendship : Hatred
-Oxbow : Thin Black Duke
-Prurient : Rainbow Mirror
-Iron Reagan : Crossover Ministry
-Black Mecha : I.M. Mentalizing
-Brutus : Burst
-Crystal Fairy : St
-Horisont : About Time
-PallBearer : Heartless
-Endon : Through The Mirror
-Contractions : Demo
-Woe : Hope Attrition
-Mondkopf : They Fall But You Don’t
-Unsane : Sterilize
-Monarch : Never Forever
-torino : De L’autre côté de la ville
-Wolves In The Throne Room : Thrice Woven
-Bell Witch : Mirror Reaper
-Friendship : Hatred
-Oxbow : Thin Black Duke
-Prurient : Rainbow Mirror
-Iron Reagan : Crossover Ministry
-Black Mecha : I.M. Mentalizing
-Brutus : Burst
-Crystal Fairy : St
-Horisont : About Time
-PallBearer : Heartless
-Endon : Through The Mirror
-Contractions : Demo
-Woe : Hope Attrition
-Mondkopf : They Fall But You Don’t
Concerts :
-The Saddest Landscape et Svalbarduk à l’Espace B
-Oxbow, Celeste, Inter Arma et Sumac au Gibus
-The Conformists et Porch à l’Espace B
-Windhand, Monolord, Conan et Satan’s Satyrs au Glazart
-Emma Ruth Rundle à l’Espace B
-Wolves In The Throne Room et Aluk Todolo au Glazart
-Celeste, Comity et Revok au Point Ephémère
-Grails et Majeure au Glazart
-Oxbow, Celeste, Inter Arma et Sumac au Gibus
-The Conformists et Porch à l’Espace B
-Windhand, Monolord, Conan et Satan’s Satyrs au Glazart
-Emma Ruth Rundle à l’Espace B
-Wolves In The Throne Room et Aluk Todolo au Glazart
-Celeste, Comity et Revok au Point Ephémère
-Grails et Majeure au Glazart
Films :
-Grave de Julia
Ducournau
-The Lost City of Z de James Gray
-Get Out de Jordan Peele
-Emily Dickinson, a quiet passion de Terence Davies
-Rodin de Jacques Doillon
-Loving de Jeff Nichols
-Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin
-Laissez Bronzer les cadavres D’Hélène Cattet et Bruno Forzani
-The Lost City of Z de James Gray
-Get Out de Jordan Peele
-Emily Dickinson, a quiet passion de Terence Davies
-Rodin de Jacques Doillon
-Loving de Jeff Nichols
-Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin
-Laissez Bronzer les cadavres D’Hélène Cattet et Bruno Forzani
Série :
-Bojack Horseman
-Flowers
-Godless
-Nola Darling
-The Deuce
-Flowers
-Godless
-Nola Darling
-The Deuce
Libellés :
amour,
artwork deluxe,
black metal,
bruit,
ciné,
désordre esthétique,
emo,
En vrac mais avec amour,
france,
mauvaise foi,
noise,
pop,
Relapse,
série,
top modèle,
uk,
usa
1 juin 2017
Le Lit est dans l'océan
Et puis un jour, Karate.
Il y a des groupes très rares, de ceux qui portent en eux
une certaine magie. Chez certains, cette magie se mérite et se révèle au bout
d’un quasi parcours du combattant avec, à l’arrivée, la satisfaction de
comprendre et d’apprécier quelque chose de supérieur, à la beauté complexe. Et
puis il y a ceux, peut-être plus rares encore, dont la magie apparaît
instantanément, comme une évidence, sans jamais faiblir, constante dans chaque
note, à chaque écoute. On les découvre et ce qu’on entend apparaît tel que chez
ceux qu’on aime et qu’on écoute depuis toujours. Ils font tout de suite partie
de nous. Karate est de ceux-là. Il y a quelques semaines, j’ai écouté un disque
d’eux presque par hasard. Beaucoup de disques tournaient chez moi et d’un coup,
il n’y eu plus rien à faire, il n’y eu plus que Karate.
On pourrait dire d’eux que c’est un peu Pinback en plus
lo-fi ou 31 Knots en moins mathématique, mais on aurait finalement rien dit.
Sur leurs trois premiers disques, une certaine orfèvrerie pop vous fait de
l’œil pendant que la complexité rythmique s’occupe de rendre chaque morceau
assez dense pour être toujours passionnant. Le tout a souvent des tournures
rappelant la sécheresse d’un Fugazi tout en étant capable de vous balader sur
les terres du jazz le plus aventureux. On pense aux vieux Tortoise au détour
d’une intro et on finit par comprendre que Karate est beaucoup plus que la
somme de ces petites choses qui nous en rappellent d’autres.
Sur In Place of Real
Insight et The Bed is in the Ocean, deux
pics de leur discographie, chaque riff, break ou mélodie de chant semble
parfaitement à sa juste place, tout semble couler de source et il n’y a jamais
rien de trop, aucun remplissage. Les deux disques apparaissent alors comme
touchés par la grâce, celle d’un rock indé à la modestie artisanale, ouvragée. De
la magie. Puis, on réécoute, on s’habitue, on attend telle cassure, telle
phrase chantée en début de morceau (« On Cutting », sublime), on
prend ses aises et cette collection de morceaux devient un labyrinthe duquel on
a appris à toujours savoir sortir mais dans lequel on aime à courir, jouer à se
perdre. On se demande alors : comment c’était la vie sans Karate ?
On se met tous au Karaté, on est tous cannibales.
5 avril 2017
Demande à la poussière
Ils sont quatre, ils sont beaux, ils sont de Pennsylvanie,
aujourd’hui on déblatère noise avec Pissed Jeans et le petit nouveau Why Love Now.
La question qui est sur toutes les lèvres, de ceux qui
savent que le seul groupe noise encore vivant à être signé sur Sub Pop et
valant qu’on s’y intéresse (Metz peut aller se rhabiller) est Pissed Jeans, est la suivante : comment fait-on pour pondre un album qui sorte du lot quand
on arrive, déjà, à son 5e disque ? C’est tout simple, il suffit
de sortir son meilleur disque. Facile, non ?
D’abord, Pissed Jeans réussi à se dépasser lui-même en osant
aller un peu ailleurs, comme sur « I’m A Man » et son spoken Word sur
fond de martellement martial, très réussi pour un truc chez eux pas du tout
habituel. Il y a aussi, au rayon des grandes réussites, l’introductif
« Waiting On My Horrible Warning » donc le cri introductif
terriblement jouissif, la lourdeur marécageuse et l’emphase impressionnent dès
les premières écoutes.
Ensuite, ça tombe sous le sens, il faut du tube, des trucs
qu’on a envie de retrouver. Pour cela, « The Bar Is Low » fait plutôt
bien le taf, ça va vite et directement où là où ça fait boom, du tout bon. Mais
le grand gagnant rayon morceau parfait c’est « Love Wthout Emotion »,
dès le break de batterie qui entame le morceau, on sait que ça va être comme on
aime et puis tout se déroule ensuite de façon miraculeuse, du grand art, et puis
ce refrain, cette mélodie (oui, oui, de la mélodie).
Il y a encore beaucoup d’autres choses sur ce lp, le riff
qui tronçonne de « (Won’t Teel You) My Sign », le slow
« Activia » (non je déconne) qui conclut l’album comme il a commencé,
dans une lenteur poisseuse. Jamais un disque de Pissed Jeans ne m’avait semblé
aussi bavard, varié mais toujours juste, at surtout addictif comme ne peuvent
l’être que les meilleurs. Ajouter à ça une production signée Lydia Lunch et
Arthur Rizk (des noms qu’il est assez étonnants de retrouver ici (le second
officiant généralement dans le metal)) qui sert totalement l’âpreté de la
musique de Pissed Jeans et vous obtenez ce qui n’est pas loin d’apparaitre
comme leur meilleur disque. Et ça, avouez que c’est fou, non ?
(MAJ : "Activia" n'est pas le dernier titre de l'album mais bien le pénultième mais on s'en fout, ça change rien.)
(MAJ : "Activia" n'est pas le dernier titre de l'album mais bien le pénultième mais on s'en fout, ça change rien.)
15 mars 2017
Near Death Experience
Il était une fois un type que je pensais être un musicien parmi d'autres, pas forcément sans talent mais noyé dans la masse et puis un jour j'ai écouté sa musique (on est con des fois...). Ce type c'est Emil Amos et aujourd'hui je gratte sur Holy Sons, son bébé solo.
Si vous avez déjà eu l'impression, en écoutant un disque seul le soir, que quelqu'un s'adressait à ce que vous avez de plus intime en vous, l'enveloppait de sons pour le protéger et le tenir bien au chaud, vous avez de la chance. Quand j'ai écouté un disque de Holy Sons pour la première fois, je me suis tout de suite senti non pas chez moi, mais en moi-même, jusqu'à parfois sentir cette musique, cette voix, atteindre des régions insoupçonnées de mon espace mental, allant chatouiller mes synapses et les réveiller en leur chuchotant des choses qui font du bien. Je n'arrête pas de le dire ici mais c'est un des miracles de la musique que cette capacité, sans cesse renouvelée, à nous émouvoir. Et l'oeuvre de Holy Sons est assez vaste et possède assez de recoins pour nous tenir par la main pendant de longs mois.
Jetez-vous sur I Want To Live A Peaceful Life, la porte d'entrée idéale vers ce folk un peu Lo-Fi (Emil Amos y joue la totalité des instruments), un peu psyché mais jamais trop. Il y déroule des mélodies qui font fondre notre environnement direct pour nous faire entrer dans une musique qui paraît toujours simple mais est touchée par une grâce venue de derrière les choses. C'est la grande qualité des compositions du sieur Amos, ce côté psychédélique un peu lointain, toujours au service d'une narration folk parfois très sombre mais toujours habitée. Ecoutez "Family Man", prenez le temps de vous y arrêter et vous verrez qu'on touche ici à un pouvoir rare, à une dimension spirituelle de la musique telle qu'on la trouve dans le meilleur du grand (du très grand) Neil Young.
Il me faut aussi parler de Decline Of The West, le disque suivant, fait de morceaux sonnants peut-être un peu moins folk du fait d'une boite à rythmes omniprésente, mais certainement pas moins habités. Les mélodies de chant se font ici plus travaillées, l'orchestration plus pop et le disque dans son ensemble est plus varié. Avec ces deux disques, on possède déjà le Graal mais on ne doit pas pour autant se priver de Survivalist Tales, The Fact Facer ou du dernier né In The Garden. Ils ont tous quelques petites choses précieuses à offrir. Amen.
"Sur le plan spirituel, toute douleur est une chance; sur le plan spirituel seulement." Emil Michel Cioran
Y a-t-il autre chose à faire qu'être cannibale ?
Inscription à :
Articles (Atom)