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8 octobre 2016

Légendes d'automne

Au moment étrange et douloureux de dire adieu à l’été, au soleil et aux heures passées en terrasse ou dans des jardins chauds, quand sonne la rentrée et l’arrivée inexorable du froid et de l’automne, quoi de mieux qu’écouter du bruit, de la musique sérielle, concrète ou acousmatique ? Plongeons nous alors dans la phénoménale et incroyablement riche compilation An Anthology of Noise & Electronic Music, offerte à nos oreilles par le généreux label belge Sub Rosa entre 2002 et 2013.

Pas moins de sept volumes répartis chacun sur deux disques (trois pour le septième) et un classement complètement foutraque puisque revendiqué comme étant a-chronologique. 176 morceaux pour autant d’artistes, chercheurs, groupes et exploreurs des limites du son les plus brutes et expérimentales pour une période explorée allant de 1920 à 2012. Ajoutons à cela des livrets épais, remplis de notes et d’extraits d’interviews et nous voilà en présence d’une des compilations les plus riches et variées sur ce vaste sujet qu’est la musique quand elle se débarrasse totalement de ses oripeaux commerciaux et populaires.

Effectivement, il ne pourra pas être question ici de danses ou de ritournelles, à tout le moins la recherche sonore ici fêtée pourra être pour vous l’illustration parfaite à la rêverie, au sommeil agité ou à peupler vos longues nuits d’automne de bruits supraterrestres et de complaintes toutes droit sorties des arcanes de machines folles. Tous les noms connus sont présents : Pierre Schaeffer, Einsturzende Neubaten, John cage, Sonic Youth, Cabaret Voltaire, Henry Cow, Daniel Menche, Steve Reich, Olivier Messiaen, etc. ainsi que beaucoup d’autres. La plupart des pièces présentées ici sont rares, introuvables ou inédites et le voyage, d’un saut dans le temps à un autre, est riche en découvertes, entre sonates atonales, bruits blancs, techno désossée et trips cosmiques. Paroles est ici donnée, toujours dans le désordre, à toutes les écoles et tous les genres que la musique expérimentale compte en son sein. On ne peut que s’y perdre pour y revenir et lentement, s’y faire une petite place, fort des connaissances ici archivées, aussi bordéliques soient-elles. Il est tout de même recommandé de se laisser porter et d’être prêts à la surprise, car elle est ici la seule norme.


« Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le. » John Cage.

Et s'il était agréable le bruit de l'automne ? Sois Cannibale. 

2 octobre 2014

Des Types et une boite à rythmes

  Quel est le comble pour un batteur qui tient un blog sur la musique ? De pondre un article sur des groupes qu'il adore et dans lesquels il n'y a pas la moindre trace d'une batterie, une vraie ? Ce n'est certainement pas si simple car tous les groupes qui seront cités ici possèdent un impact rythmique dévastateur. Mieux, la boite à rythmes y est toujours un élément indissociable de leurs sons, faisant presque d'elle un membre à part entière de chacun d'entre-eux. Et si l'esprit punk se cachait dans une simple machine ?


Tout commence en 1977 quand un groupe français sort de nul-part un 45T sous le doux nom de Panik. Ils s'appellent Métal Urbain, débarquent avec leurs guitares et leurs synthés et vont révolutionner le punk de France à venir avec une magnifique attitude de branleurs. La musique est froide, sans mélodie, le chant est criard et vindicatif. Les tables de la loi d'un autre punk, porté par des rythmiques mécaniques et des sons électroniques, se trouvent dans une poignée de 45T sortis entre 77 et 79 par ce groupe aujourd'hui culte. Cela malgré une reformation dans les années 2000 qui les verra sortir un album complètement dispensable, sans être véritablement mauvais.

Quatre ans plus tard débarque l'un des meilleurs groupes de punk français, Warum Joe. Injustement peu connu par la faute du succès écrasant de certains, Bérurier Noir en tête, les Warum n'en sont pas moins excellents. Beaucoup plus mélodique que ne l'était celle de Métal Urbain, la musique est ici au service de textes aussi originaux qu'étrangement marquants. Ils sortent également un disque dans les années 2000, après dix ans sans nouvelle discographique. Mais contrairement à l'essai de Métal Urbain, Au Milieu de ta forme est un disque excellent de bout en bout, rempli raz la gueule de tubes jouissifs aux textes intelligents et fun : "Mauser Fucker", "Copkiller", "Babel Web", "Les Feux de l'amour" ou "La Citée des chasseurs" mais la liste pourrait contenir tout l'album. Un must !

On ne peut pas parler de boite à rythmes sans évoquer les Ludwig Von 88. En une quinzaine d'années et presque autant d'albums, ils ont marqué le punk de France avec des textes parfois complètement débiles mais toujours poétiques et un humour aussi ravageur que politiquement incorrect. Et toujours cette boite à rythmes, immuable et simple, aussi importante dans l'identité du groupe que leurs pochettes d'albums faites de détournements et de collages. Une ribambelles de tubes ont marqué deux générations de punks telles que "New Orleans", "77" ou "Dans le jardin d'Allah".

Plus près de nous, comment ne pas parler de Violence Conjugale et de son unique album éponyme sorti chez BornBad en 2012. Une voix, un synthé et des textes glaciaux et romantiques parlant de guerre et d'amour dans la plus pure tradition Minimalwave. Un disque qui aurait pu sortir il y a 35 ans, un véritable voyage temporel au pays des musiques glacées.

On a déjà parlé ici des géniaux Austerity Program, dignes descendants des ancêtres Punk/Noise que sont Big Black, Rapeman et Scratch Acid. Les deux premiers occupent Steve Albini dans les 80's, avant qu'il ne devienne ingénieur du son sur la majorité des grands albums rock indé des deux décennies suivantes. Big Black annonce toute la scène noise rock à venir : guitares tour à tour stridentes ou lourdes et rythmiques tronquées. Scratch Acid est l'entité qui allait devenir Jesus Lizard, LE groupe noise des 90's. La boite à rythmes est ici aventureuse et versatile et s'accompagne du chant si reconnaissable de David Yow.

Chacun des groupes cités se définissent autant par leurs autres membres que par cette machine magique qu'est une boite à rythmes. Elle définit leurs sons autant que peut le faire le jeu d'un guitariste ou d'un bassiste et n'est jamais un simple beat interchangeable. Par son côté cheap et bien plus facilement transportable qu'une batterie, elle est porte aussi une dimension symbolique d'une certaine idée du Do It Yourself.


"La machine conduit l'homme à se spécialiser dans l'humain." Jean Fourastié

La machine, elle aussi, est cannibale.

20 mars 2014

Un Jour sans fin

Cet article va tenter de donner un point de vue construit sur une question que je me pose de plus en plus souvent et qui alimente les quelques débats que j'arrive à avoir parfois avec des gens pour qui la musique compte encore. Est-ce que le terme Postrock a encore un sens ? En a-t-il jamais eu ? Difficile de résister à cette interrogation du genre, avec une pensée dédaigneuse pour les fachos de tous bords qui croient que la question est de savoir si on va finir tous à poil ou si nos chères petites têtes blondes se font endoctrinées par de vilains instits pervers. Le vrai truc c'est de savoir si il vaut la peine aujourd'hui d'écouter ou d'aller voir sur scène un groupe qui se revendique de cette appellation, ainsi que de savoir une chose importante : c'est quoi en fait le postrock ?

Tout au long des années 90, plusieurs groupes font parler d'eux, ils se nomment Slint, Tortoise, Rodan, Mogwai, Godspeed You Black Emperor et quelques autres et à un moment où à un autre on leur à tous poser sur la tête l'étiquette "postrock". Sachant que le seul véritable point commun à tous ces groupes, hormis leur qualité reconnue par tous, est de trainer cette étiquette lourde à porter, on peut s'interroger sur la pertinence de cette catégorisation. Surtout quand celle-ci fait surtout office de raccourci de rangement plutôt que d'une réelle affiliation à un courant. La meilleure illustration de cela étant que nombreux sont les groupes à ne s'être jamais reconnu dans le terme, dont la signification profonde n'existe sans doute pas.

On pourrait extrapoler facilement et se dire que si Mogwai, par exemple, avait fait à peu prés la même musique trente ans plus tôt on l'aurait qualifié de Rock Progressif. On associe souvent le postrock a de longs morceaux, parfois instrumentaux, avec une progression dans le déroulement musical ou du moins une opposition passages calmes/énervés ou silence/bruit. Toutes ces descriptions pouvant aller comme des gants à certains groupes progs des 70's. On associe également souvent aux deux genres une volonté d’expérimentation ou de refus du format couplet/refrain. Les deux termes ont aussi été à différentes époques des fourres-tout ou des raccourcis dans lesquels on pouvait mettre tout et son contraire.

Il est aussi intéressant de s'apercevoir que quand un groupe se réclame fièrement de cette étiquette, nous sommes presque assurés de nous retrouver avec une vague copie des groupes cités plus haut. En revanche, quand l'appellation a une origine journalistique, la musique ainsi décrite si elle possède quelques affiliations avec une certaine idée de ce qu'est le postrock, aussi minime soit elle, on découvre souvent des groupes simplement inclassables ou régulièrement géniaux. C'est le cas des français d'Oiseaux-tempête et dans une moindre mesure de Totorro.

Le seul avantage qu'il reste alors dans l'utilisation médiatique de cette classification est alors la surprise qui nous est souvent réservée quand on s'apprête à écouter pour la première fois un groupe estampillé postrock. Il pourra en effet facilement sembler familier aux amateurs de noiserock, de prog, d'electro ou de screamo ou sembler être un total OVNI. La seule pertinence qui reste alors est la notion d'originalité contenue dans le sens-même du préfixe post-, ce qui vient après et est donc nouveaux, qui du coup ne peut pas s'affilier à un courant. Au serpent alors de se mordre la queue.

"À force de chercher de bonnes raisons, on en trouve; on les dit; et après on y tient, non pas tant parce qu'elles sont bonnes que pour ne pas se démentir." Laclos.

Sois dans l'après, sois postcannibale !

11 août 2013

Incendie

Il n'était pas une fois le rap français... Il sera cinq fois le rap en français. En effet le post d'aujourd'hui parlera de cinq groupes de rap qui n'ont pour seul point commun que de chanter dans la langue de l'hexagone. Celui des banlieues, du racisme, des voitures qui brûlent mais aussi là où il est peut-être possible de jeter des ponts entre les gens, les cultures et les peuples.

Commençons par le plus ancien, Assassin. Un OVNI culturel dans le monde du Hip-hop, Rockin Squat, son leader, étant le fils de l'acteur Jean-Pierre Cassel, pas exactement un prolo de la banlieue nord. Et pourtant, Assassin a été le premier groupe en France à militer pour un rap conscient, évoluant loin des sphères des majors et des grosses radios. En deux LP et une ribambelle de maxis, le groupe a su écrire une des principales pages du rap en français. Il a su imposer, sur des instrumentaux généralement assez classiques, des textes riches, très référencés, évitant de tomber dans les clichés du sexisme et l'imagerie de la violence gratuite. Aujourd'hui, Rockin Squat continue en solo, sans réel changement. Albums clés : Le futur, que nous réserve-t-il ? , Touche d'espoir. 

La Rumeur est un des acteurs les plus extrêmes du rap de France. Cultivée, sans concession, intellectualisant de manière viscérale la violence latente de la vie de banlieue, La Rumeur est le parangon du rap conscient. Elle est l'expression des tensions et du mal de vivre poussée à son paroxysme. Album clé : Du Cœur à l'outrage.


En un seul album, Des Maux s'insèrent, La Calcine a réussi à marquer grâce à des instrumentaux riches, variés et métissés mais aussi et surtout par l'alternance de plusieurs voix fortes et originales. La grande musicalité de l'ensemble étonne pour un premier album, on ne s'ennuie jamais à l'écoute de ces treize morceaux toujours très bien écrits, parfois drôles et souvent poignants.

Le petit jeune de la sélection : La Canaille. En deux albums, le MC s'impose par des textes forts, tranchants et terriblement bien écrits. Comme si cela ne suffisait pas, ceux que le côté synthétique des instrumentaux rebute seront forcément contents d'entendre qu'il y a des instruments derrière. N'hésitant pas à faire appel à des riffs de guitare ultra saturés, à une batterie au son très acoustique ou à des samples de musique nord africaine, La Canaille passionne. Par son discours ouvert et intelligent, la variété des sujets abordés et la sobriété de son flow, La Canaille convainc facilement pour ne plus vous lâcher. Album clé : Par Temps de rage.

Mon préféré pour la fin. Kabal mériterait un article pour lui tout seul, ou même un blog entier, pour faire l’exégèse de la richesse extrême de ses textes, pour donner l'occasion de voir et de comprendre l'impact que peut avoir cette musique,. L'incroyable originalité de ses instrumentaux couplée à des textes impossibles à comparer avec la majorité du rap de France, la puissance de frappe des voix de Djamal et D', leur flow acide et sombre sont autant d'éléments qui en font un groupe à part. Kabal marque au fer rouge celui qui se penche avec attention sur sa poignée de disques. Un groupe clé. Si vous n'aimez pas le rap, mettez de côté vos a priori et écoutez Kabal, une réelle porte d'entrée vers un Hip-hop autre. Sans Kabal, jamais je n'aurai pu écrire un post sur le rap français. Albums Clés : La Conscience s'élève, États d'âmes, Split avec Lofofora.


"Du recul sur l'histoire, sur l'ébène sur l'ivoire, du crépuscule naît l'aube d'un espoir, alors change ton regard." "La conscience s'élève" Kabal.

Élève ta conscience et sois cannibale !

9 août 2012

Le bruit et la fureur


  Salut! Je deviens de plus en plus régulier sur ce blog et j'ai surtout de plus en plus d'idées d'articles. Une fois n'est pas coutume, le titre de ce post m'est venu avant de savoir de quoi j'allai parler. Enfin, comme souvent, j'avais quand même envie de vous parler de bruit et puis, si je le pouvais, je ne donnerai que des titres de bouquins de Faulkner à chacun de mes posts. Mais bon faut pas rêver non plus, ça ne marcherai pas. Le but de cet article est de parler de plusieurs groupes Noise qui font l'actu en générale ou simplement celle de ma platine en particulier. Et à part une petite exception américaines, tous les groupes cités sont français. C'est cool de savoir qu'il se passe de si bonnes choses sur la scène indé de notre petit pays pas super rock 'n' roll.

On commence donc par Hawks, super groupe d'Atlanta, donc le dernier disque, pushover, est distribué en Europe par Rejuvenation. Une sorte de condensé du meilleur de la Noise ricaine des 90's mais en plus fou, en plus gras, en plus malade. Ils seront en tournée en France début septembre en compagnie de Café Flesh.

Sans transition... Café Flesh. Lions will no longer be kings, le dernier disque de ce groupe de Jarnac sorti sur Head records est une petite tuerie insidueuse, à base de saxo pour charmer les cochons que nous sommes tous. La tournée commune avec Hawks est également l'occasion de la sortie d'une split sous la forme d'un double 7".

Quelques mots sur Choochooshoeshoot. Leur petit dernier, Playland, est sorti grâce aux efforts conjoints de Rejuvenation et de Kythibong, le label nantais vraiment super cool et à qui l'ont doit beaucoup des meilleurs disques français sortis ces 3 dernières années. Chez Choochooshoeshoot, le propos est punk et rêche, cela est notamment dû à la voix de la chanteuse, habitée, remuante et toujours captivante. J'ai dû prendre le temps de plusieurs écoutes avant de pouvoir me laisser séduire par le côté insidieux des morceaux. Maintenant je suis en passe de devenir dépendant et j'ai peur (héhé).

Encore sur Kythibong, le dernier Fordamage, Volta Desviada, est un de mes préférés de cette petite liste et ce alors même que je ne commence qu'à découvrir ce disque. Je ne connais pas du tout les albums précédents et lorsque j'ai entendu celui-ci pour la première fois, c'est simple, tout m'a séduit, le son de grattes, les alternances entre les voix (les quatre membres chantent), le côté mathy, etc. Je ne peux pas vraiment en dire plus après quelques petites écoutes, mais ce groupe va devenir un de mes préférés. Ce n'est pas tous les jours que ça arrive. Enjoy!

Une nouvelle fois sur Kythibong (eh oui!) et même si ce disque est sorti il y a près de deux ans, Room 204 (avec des mecs de Papaye et Papier tigre) est un groupe qui squatte encore régulièrement ma platine et qui m'étonne toujours. Pourtant ce n'est qu'un duo Guitare-batterie comme il y en a tant. Mais il y a ici des choses en plus, une science du morceau parfait, attractif et déroutant. Il y a certains breaks que j'aimerai pouvoir écouter en boucle pour ne plus jamais les oublier. Ce n'est encore une fois pas tous les jours que l'on tombe sur un groupe aussi riche.

La liste ici présentée est loin d'être un tour d'horizon exhaustif de tous les bons groupes Noise et assimilés en France. Penchez une oreille attentive sur Marvin, Pneu, Komandant cobra, Passe-montagne. Restez curieux, supportez la scène locale et bouffez de la musique, un bon remède contre la monotonie. Cannibalism is the way!





24 juillet 2012

Le Cri

  Youpi me revoilou!!
Il n'y a pas si longtemps, je vous avais parlé de Daïtro, groupe emblématique du Screamo à la française. En me replongeant dans d'autres disques proches de ce style, je me suis dit que ça pourrait être bien de faire une sorte de panorama de cette scène, sans être exhaustif (par obligation) ou objectif (par mauvaise fois). Il y a donc des groupes emblématiques dont je ne parlerai pas et d'autres bien moins connus mais dont je vous dirai qu'ils ont sauvé le monde. Oui, oui, et je pèse mes mots.

Déjà, rassurez-vous je ne parle pas ici de musique à mèche pour ados attardés qui s'éclairent à la bougie mais bien d'une musique découlant du HardCore et véhiculant ses idéaux et ses valeurs. Lesquels sont bien éloignés de l'auto-apitoiement  pleurnichard et de la prostitution de masse auprès des grosses maisons de disques.

Commençons d'ailleurs par Orchid, ce groupe du Massachusetts sans concession n'a pas plus à voir des mécheux qu'avec Dick Rivers. Leur discours et leur musique sont un affront, un cri de résistance. Ils n'ont sorti que trois albums mais ils sont tous devenus des références, tous publiés par l'excellent Ebullition records. Leur guitariste a par la suite rejoint Ampere, groupe toujours en activité et dont la grosse discographie comporte, outre un seul LP, une quantité de splits avec la fine fleur mondiale de la scène Emo/Screamo (on y retrouve Daïtro). Cela va en énerver certains, mais ce sera tout pour les USA même si j'aimerai dire tout le bien que je pense de Jerome's Dream dont on n'entend jamais parlé et qui pourtant est une comète (1997-2001) dont le passage aura laissé beaucoup de traces. Il existe une disco complète sur deux CD vendue pour rien chez le très bon MusicFearSatan.

Partons maintenant pour l'Europe et plus précisément l'Italie pour parler du grand Raein. Il faut, quand on s'intéresse de près ou de loin à cette scène, écouter avec attention leur excellentissimo Il n'y a pas d'orchestre. Je le dis souvent dans ces pages mais il n'y a pas de mot pour décrire la large palette d'émotions abordées dans ce disque. Il est arrivé à surprendre en étant super bien construit et riche et, dans le même temps, il est empli d'une énergie juvénile simple et direct. Un classique! Un mot rapide sur La Quiete que j’apprécie un peu moins mais qui est un des principaux groupes italiens. On fini avec The Death of Anna Karina, dont la particularité est d'intégrer des sons de claviers et de synthés. Je vous recommande leur premier LP éponyme.

Transition toute trouvée vers la France et The Flying Worker puisqu'ils ont partagé un split 7'' avec The Death of Anna Karina. Le témoignage du groupe rennais est bref, 10 titres en tout, mais au combien intense. Je suis de parti pris mais il me semble bien que c'est un des groupes les plus originaux, avec un son bien à eux et beaucoup de travail sur les ambiances. On ne peut pas omettre de parler d'Amanda Woodward, avec là aussi une originalité dans les sons développés, emprunts de dub et de post-rock. Les textes du groupe de Caen sont aussi très très bien foutus, réfléchis et facilement reconnaissables. Un groupe pas super connu, qui n'a sorti qu'une démo et un 9'', Kiss the Bottle. Il est d'ailleurs, entre autre, constitué d'anciens Flying Worker et Amanda Woodward. C'est un de mes préférés avec des sons bruts de décoffrage et des plans super bien foutus à la batterie.

On part vers le Japon et là ceux qui connaissent au moins un groupe de Screamo connaissent forcément... Envy! Même si depuis quelques années leur son se diversifie vers quelque chose de beaucoup plus post-rock, le chant hurlé est toujours là et toujours aussi reconnaissable. Le groupe est réputé pour ses magnifiques ambiances, pour les cassures superbement amenées entre passages violents et accalmies et les passages de spoken word en japonais. Un groupe qu'il faut voir sur scène, tant ceci est une véritable expérience introspective, quelque chose qui transcende et ce malgré la barrière de la langue. Le groupe existe depuis vingt ans et a déjà sorti cinq LP et une dizaine d'EP et de split, dont un avec les franco-suisses d'Iscariote.

C'est fini pour aujourd'hui. N'hésitez pas à venir m'engueuler en commentaire si votre groupe fétiche manque à l'appel! Stay cannibal and positive...

24 mai 2012

Progression du domaine de la lutte 1


Ah il est tiré par les cheveux ce titre, j'aime bien. Par contre j'aime moins l'auteur auquel il fait référence, enfin ceci est une autre histoire. Donc, comme vous l'avez, je l'espère, deviné cet article parle de prog, ce sous-genre du rock tant décrié, encensé, qui fait couler tant d'encre depuis maintenant une quarantaine d'année. Comme il y a beaucoup à dire, et même si cela ne sera pas un panorama exhaustif, cet article sera en deux voire même en trois parties. J'espère seulement que je ne vais pas être trop long à écrire la suite puisque toi lecteur avide tu trouve que franchement un dernier article qui date de fin mars c'est franchement du foutage de gueule et je ne peux que te donner raison, mais bon j'avais piscine, alors.

Rentrons dans le vif du sujet, je ne vous parlerai pas ici de Soft Machine pour la simple et bonne raison que je n'arrive pas encore à apprécier ce groupe, ça viendra peut-être je m'acharne, pour l'instant sans succès. J'ai du mal avec les groupes presque intégralement instrumentaux et aussi avec le côté très Jazz de ce groupe. Alors fan de l'école de Canterbury, reviens plus tard. Je vais pour commencer ce panorama vous parler des principaux groupes dont le pic de la carrière se situent dans les 70's.

Pour commencer, penchons nous sur le cas Yes. Oubliez tout de suite la très grande majorité de tout ce qu'ils ont sorti depuis 1978, le groupe perdant de l'intérêt à partir de l'album Tormato sorti cette année là. Pour moi la grande période commence avec Fragile en 72 et finit en 1977 avec Going for the one dont la pochette est soit dit en passant vraiment moche, surtout après celles réalisées par Roger Dean. Sur cette période de six ans, Yes sort cinq albums et un live qui tous marquent l'histoire du prog de façon profonde. Mais au milieu de toutes ces perles, il y en a deux qui brillent plus forts que les autres ((!) Oh oui, prends moi Marc Levy!) : Close to the edge et Tales from topographic oceans. Sur ces deux albums, et pour des résultats dans les deux cas différents, Yes fait tout mieux que tout le monde, ils sont plus techniques, leurs mélodies sont plus belles, les textes sont grandioses et les titres s'étendent en longueur. Sur Close to the edge, c'est encore raisonnable, l'album contient trois morceaux, un de 18 minutes et deux de 10 minutes mais sur Tales from... on dépassent toute idée de mesure, l'album ne contient que quatre titres, c'est un double et il dure la bagatelle de 80 minutes. Je me demande d'ailleurs, surtout en sachant qu'ils ont également sorti l'excellent Relayer la même année, comment ils faisaient pour être si productifs alors qu'à la même époque ils enchainent les tournées marathon. Ces deux albums représentent la quintessence de la musique de Yes, ils osent tout, expérimentent beaucoup, cela d'ailleurs a pour conséquence de beaucoup diviser les fans à l'époque de Tales from..., beaucoup trouvant que le groupe va trop loin. Il est certain qu'il est beaucoup plus aisé de se pencher sur un album comme Close to the edge, plus court mais pas moins intense et avec des idées dans tous les coins.

Ensuite, et là je vous parle certainement de mon groupe prog préféré, un petit détour vers King Crimson. Je vais faire exprès de ne pas évoquer le premier album In the court of the crimson king parce que je ne le connais pas bien et aussi parce qu'il est facile de trouver des milliers de chroniques fouillées de cet album sur la toile certainement plus abouties que ce que je pourrai vous en dire. Les trois chef-d’œuvres des 70's sont Larks' tongues in aspic, Starless and bible black et Red sortis respectivement en 1973 et 74 pour les deux derniers. Sur ces trois albums sont présents les titres parmi les plus emblématiques du roi : "Starless", "Fracture", "The great deceiver" et "Larks tongues in aspic". Ce qui frappe sur ces albums c'est d'abord l'extrême modernité des sons de guitares de Robert Fripp, je pense que jamais auparavant une guitare n'avais eu de sonorités si glaçantes tout en gardant un groove massif. Car chez King Crimson l'alliage batterie-guitare-basse forme, dans les passages les plus brutaux, un bloc compact, rythmique et à la force de frappe quasi tellurique. Important également, ce groupe est certainement le plus expérimental de tous ceux évoqués dans cette première partie d'article mais ceci jamais au détriment de la mélodie ou de l'accessibilité de la musique.

Pour finir, je souhaite évoquer Van Der Graaf Generator dont je ne connais pour l'instant qu'un seul album, Godbluff de 75 mais qui m'apparait déjà comme un des groupes les plus originaux de par la présence de cuivres et d'une énergie quasi punk. Les parties de claviers sont pleines de groove et portent la plupart des morceaux conjointement avec un chanteur pour le moins impressionnant de talent.

C'est fini pour aujourd'hui mais je vous promet sur ma collection de vinyles*que je vais revenir vite, en tous cas plus vite que d'habitude...

Sinon comme toujours restez cannibales!!!
*Moi à 60 ans...