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3 octobre 2016

C'était demain

Retour aux affaires après une période sans internet pour cause de déménagement (j'ai toujours de très bonnes excuses (comment ça tu t'en fous ?!)). On parlera aujourd'hui de Untethered Moon, le dernier né de la famille Built To Spill (comment ça "encore Built To Spill" ? C'est le meilleur groupe du monde alors tu vas en bouffer jusqu'à ce que j'ai parlé de toute la discographie... Enfin si j'ai le courage). Bébé est sorti de la maternité fin avril et je peux déjà te dire qu'il se porte comme un charme.
Six ans déjà que le groupe n'avait rien pondu, on pouvait se poser des questions, avoir des craintes, surtout que There is No Enemy, son frère le plus proche, est un de leurs disques qui me parlent le moins. Et là, bim, dès le début de l'album, on a vraiment de quoi être rassuré. Voir même comblé. "All Our Songs" sonnent comme ce qu'on pouvait attendre de meilleur de la part de la famille de l'Idaho (rien à voir avec Etienne) et ce n'est que le début. "Living Zoo" et "Never Be The Same", les deux morceaux dispos sur le net depuis quelques mois me semblent déjà être des classiques. Il font parties de ce que je mettrais dans une compil Built To Spill qu'on pourrait écouter, allongés dans un jardin, buvant des planteurs entre gens de bonne compagnie. Mais je m'égare.
"On The Way" est de facture classique mais assez énergique grâce à son refrain qui donne envie de sourire et c'est tout ce qu'on demande. "Some Other Song" est le genre de chanson que Neil Young aimerait être encore capable de composer, sale et pop, avec un refrain qui chaque fois vous dresse les poils. On est déjà à la moitié du disque et rien à jeter, que du bon, on retrouve un BTS (ahah, BTS) au sommet de son talent. "C.R.E.B" est rigolote avec ses gimmicks de grattes oscillant entre surf et dub (!). "Another Day" a un petit côté rentre-dedans qui fait bien plaisir et devient de plus en plus passionnante à mesure qu'elle se développe. "Horizon To Cliff", c'est la balade de l'album, le morceau pour emballer, le truc qui te fait penser à la fille qui te fait tourner la tête, un morceau sympa mais pas foufou. Si il faut trouver un titre un peu en dessous, ce sera celui-ci. "So" déboule pour te rappeler pourquoi tu adore ce disque, du BTS pur essence, mélodique, chiadé, sale et addictif. Un des titres que j'aime écouter deux fois de suite. Le disque se termine de la plus belle des façons par "When I'm Blind", huit minutes trente de bonheur brut, de solos magiques, un chanson parfaite, versatile, on redemande.
Merde, c'est déjà fini... Mais on a là largement de quoi attendre la suite pendant six longues années. En plus, y a des chats sur la pochette, que demander de plus ?
"De deux choses lune l'autre, c'est le soleil." Prévert
Sors attraper le soleil et sois cannibale !

Everything Will Be Fine

Alors que le nouveau skeud de Built To Spill vient de sortir, quoi de mieux et de plus logique que de parler de You In Reverse, antépénultième album sorti il y a déjà neuf ans ?  L'explication est simple : en attendant fébrilement la sortie du petit nouveau, j'avais besoin de ma dose et c'est You In Reverse qui a su mieux que les autres me la donner. Flash-back !
"Goin' Against Your Mind" fait démarrer cet album de la plus belle façon qui soit, ce titre est gentiment osé avec ses presque neuf minutes et sa batterie gentiment répétitive. Et déjà dans chaque coin, projetées partout sur les murs, des mélodies qui accrochent et cette énergie si reconnaissable. Surtout, il y a cette voix, qui rappelle Neil Young, ce timbre qui plane et fait décoller chaque morceau. Ouvrir un disque par un long morceau n'est pas chose aisé mais ici, tout est tellement bien à sa place, que le morceau file en un éclair et c'est déjà la suite.
"Liar" et son intro sépulcrale. Le titre folk-pop parfait ! Les arpèges magiques et la batterie discrète mais enjouée et cette mélancolie qui transpire dans chaque note. Savoir pondre une pop song entêtante est une chose, mais en faire un morceau qui regarde crânement le temps défiler, qu'on ne peut pas dater, en est une autre. "Liar" a quelques-chose d'universelle, un peu comme certaines chansons des Beatles. J'oserai même dire en mieux que les quatre british, au risque de m'attirer quelques foudres.
"Wherever You Go". La chanson dont je n'arrive pas à me lasser. Dès son début, avec ce riff (qui encore une fois peut faire penser au Crazy Horse de Neil Young) et cette batterie qui ne demande qu'à commencer les choses sérieuses, nous sommes happés. Putain, cette mélodie qui tourne, quel talent de compo ! Une nouvelle fois, Built To Spill sublime un morceau long avec Grace. Et à la fin, ce solo. Écoutez-le, je ne saurai pas vous en parler. Si il n'y avait que ce titre, You In Reverse serait déjà mon album favori des cinq de l'Idaho.
Un autre grand moment de ce LP est "Gone", encore un long morceau, le plus aérien. Une guitare plus bavarde que jamais qui survole le titre de ses longues phrases habitées couplée à une structure presque prog (ouais, carrément). Et ce clavier qui apparaît comme par magie. La chanson monte jusqu'à son dernier tiers pour se défaire lentement. Et voilà, tout simplement, nous n'avons pas besoin d'autre chose.
Vous aurez compris, cet album est incroyable, une trempe de classique, un truc qui restera toujours, un disque qu'on use, inlassablement. Et si je vous disais que le petit nouveau, Untethered Moon, n'a franchement pas à rougir à côté de son ainé ? Vous y croiriez ?
"Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté." René Char.
Fais de la place pour la beauté et sois cannibale !