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1 janvier 2019

Un top et tout va mieux


    Une année réduite à dix films, dix séries, quatre livres, huit concerts et vingt-cinq disques comme autant de balises de tout ce qui s’est passé entre, d’une vie qui va, toujours et malgré tout. Excellente année 2019 à toutes et tous les cannibales !

Disques :
-Hot Snakes : Jericho Sirens
-Superchunk : What A Time To Be Alive
-Messa : Feast For Water
-Youth Avoiders : Relentless
-Thalia Zedek Band : Fighting Season
-E : Negative Work
-Veuve SS : Traître à tout
-The Messthetics
-Bison : ST
-Setsuko : The Shackles Of Birth
-Grand Final : La Mort
-Mara Jade : Na Zlomeny srdce vedes
-Ken Mode : Loved
-Thou : Magus
-Bellini : Before The Day Has Gone
-Buñuel : The Easy Way Out
-Super Unison : Stella
-Birds In Row : We Already Lost The World
-David Byrne, American Utopia
-Harms Way : Posthuman
-Pig Destroyer : Headcage
-Portrayal Of Guilt : Let Pain Be Your Guide
-Autechre : NTS Sessions
-Akitsa : Credo
-Big’N : Knife of Sin

Mention Spéciale : David Byrne et son meilleur disque depuis très longtemps. Le retour de Hot Snakes avec un disque touchant de très près la perfection. Thalia Zedek et sa magie, deux fois dans le top disques, deux fois dans le top concerts. Encore !

Concerts :
-Blockheads, Motocultor, Saint Nolff
-The Young Gods, Motocultor, Saint Nolff
-Celeste, Motocultor, Saint Nolff
-E, Espace B, Paris
-Thalia Zedek, Olympic, Paris
-Iron Maiden, Bercy, Paris
-Coil Guns, Ken Mode et Birds In Row, Petit Bain, Paris
-Rance, Ulsect et Zhrine, Olympic, Paris

Mention spéciale : Des larmes devant les Young Gods au Motocultor, un concert magique, un voyage, une grande leçon. Le nouvel album sort en févier. Vite, vite, vite !!!

Livres :
-My Absolute Darling, Gabriel Tallent, Gallmeister.
-Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, Minuit.
-Un feu dans la plaine, Thomas Sand, Les Arènes.
-L’espace du rêve, David Lynch, JC Lattès.

Mention spéciale : My Absolute Darling, un premier roman aussi brutal qu’émouvant.

Films :
-La Douleur
-Phantom Thread
-Katie Says Goodbye
-L’île aux chiens
-Plaire, aimer et courir vite
-Au Poste !
-BlacKKKlansman
-Les frères sisters
-Nos Batailles
-En liberté !

Un souvenir au fond d’une salle de cinéma (le spoil est un mythe) :
La scène finale de Katie Says Goodbye, tout est perdu pour l’héroïne, elle n’a plus rien, elle peut donc tout recommencer et tout redevient alors possible.

Séries :
-Bojack Horseman, saison 5
-Le bureau des légendes, saison 4
-Kidding, saison 1
-Forever, saison 1
-Coin-coin et les z’inhumains
-Sharp Objects, mini-série
-The Deuce, saison 2
-The Haunting of Hill House, saison 1
-Lodge 49, saison 1
-Killing Eve, saison 1

Mention spéciale : The Deuce, pour ses acteurs, sa narration et sa BO, quasiment un personnage à part entière de ce portrait du New York nocturne de la fin des 70’s.

Soigne ton foie et sois cannibale !!!

15 septembre 2018

Motocultor 2018


Comment parler de trois jours dans la poussière et le bruit, la bière et les saucisses, le temps qui se distord et le ciel toujours bleu ? Comment dire la joie de l’enfant qui sommeille en moi et qui rêvait de voir certains groupes depuis l’adolescence ? Tentative incertaine pour un rapport forcément subjectif d’un festival de Metal.

Il y avait cette année pas vraiment de têtes d’affiche qui me parlaient. L’alternance des scènes a fait que la plupart du temps, nous ne passions par la Dave Mustage que par curiosité, pour dire « Tiens Cannibal Corpse » (fatiguant), « Tiens, Nasheville Pussy » (oui, oui, pourquoi pas), « allons jeter un œil à Ultra Vomit » (à la limite du gênant). Nous avions ensuite du temps pour boire un verre ou d’aller devant les autres scènes y attendre des choses plus consistantes.

Le vendredi, le soleil tape sur la Supositor’s, quand nous arrivons, c’est Nesseria qu’une petite foule attend. Le groupe ne m’a jamais véritablement parlé sur disque, mais là, c’est autre chose, son très bon (dans l’ensemble ce sera le cas tout le weekend), sourires constant, bonne humeur, violence. Ce qui n’est pour nous qu’une mise en jambe annonce du très bon. Ça y est, on y est. Le reste de la journée n’est qu’une promenade, faite de bières et de discussions sur le site du festival, vraiment chouette, petit, bien pensé. Quand le soir arrive, on se retrouve devant Myrkur, que j’étais très curieux de voir enfin sur scène, son dernier LP tournant chez moi régulièrement. La dame ne déçoit pas, impressionne plutôt par son chant d’une richesse folle, sachant monter très haut sous le chapiteau de la Massey Ferguscène. Un concert perturbé par de léger soucis techniques qui n’entament en rien le charme de ce Black Metal  pas tout à fait comme les autres. Encore un petit peu d’attente et nous sommes devant l’équipe technique des Young Gods. Un groupe assez rare depuis quelques temps, que j’adore et que je n’ai eu l’occasion de voir que deux fois auparavant. L’excitation est donc à son comble quand les trois suisses arrivent sur scène. Incroyable concert, comme toujours, les Young Gods dégageant une chaleur sur scène qui touche au sublime. Une setlist parfaite mais un concert qui me semble, forcément, trop court. Un des sommets du festival, assurément. La fatigue du voyage se fait sentir, direction dodo.

Le samedi a été pour moi le jour le plus intense, beaucoup de groupes que j’attendais, aucune déception, un temps idéal, pas trop chaud. Le pied. On arrive, malheureusement, à la fin de Hangman’s Chair, mais le peu que l’on en a vu a fini de nous convaincre de l’incroyable talent de ce groupe parisien aussi original que puissant. Un chanteur impressionnant, une rythmique d’éléphant sur le retour mais à qui on ne peut plus la faire à l’envers, une présence sur scène qui en impose de façon assez bluffante parce que semblant couler de source. Très frustré d’avoir raté le début mais, que voulez-vous, il faut bien dormir. Direction ensuite la Supositor’s, pour le groupe que j’attendais avec le plus d’envie : Blockheads. Pour moi, un des tout meilleurs groupes de Grindcore toutes époques confondues. Et dire qu’ils ne m’ont pas déçu serait une litote. Banane totale, chaleur, poussière, générosité de chaque instant, un esprit punk de vrais passionnés, un son parfait, et cette musique qui fait partie de celles qui constituent les bases de mes goûts musicaux. J’ai même eu la possibilité de faire un câlin au chanteur. Parfait. La surprise du jour, c’est Pelican, un groupe qui sur disque me laisse totalement froid et que j’ai trouvé ici des plus convaincants, malgré quelques soucis de sons (pas leur faute, peut-être). Tenir une scène de festival Metal avec un groupe totalement instrumental me semble être un exploit difficile à réaliser, le groupe le fait avec aisance. Simple et efficace. Puis, la joie de voir Nostromo sur scène, la satisfaction de les savoir revenus pour de bon. Cette brutalité absolument jouissive qui traverse toute l’enceinte entre les arbres de la Supositor’s, cette technicité bluffante, ce Grindcore pas tout à fait comme les autres, technique, chirurgicale. Un des pics de kiff du festival. Plus tard dans la journée, Celeste se fait désirer sur la Massey Ferguscène et a bien raison, le groupe ayant enfin par chez nous la reconnaissance qu’il mérite. Etant maintenant habitué à les voir jouer, la surprise est de taille : de petits changements de mise en scène bienvenus, un son meilleur que jamais et une façon de dérouler tout ça qui en impose comme jamais auparavant. Celeste est au maximum de ses capacités, tient son bidule comme jamais et nous assomme littéralement. Le concert du jour, c’est celui-ci. Et c’est maintenant certain, Infidèle(s) est le meilleur album d’un groupe en permanente progression. Merde, tant de bons groupes français !! Inutile après cela de parler du reste de la soirée, la messe est dite.

Le dimanche ne restera pas comme mon jour favori mais m’a réservé quelques bonnes surprises. J’attendais de voir Cult Of Occult pour me convaincre, leurs albums n’ayant jamais réussi à me faire plus que tendre l’oreille. Eh bien, leur concert était du même bois, violent, plombant, certes, mais linéaire, assez éloigné de ce qui dans le genre sait tout détruire. Tant pis. La surprise de taille du jour fut Stoned Jesus, un groupe qui lui aussi ne m’a jamais vraiment fait sauter au plafond sur disque. Et là, je ne sais pas, cette musique simple et directe, le kiff du stoner en trio, ces trois jeunes types qui tiennent la scène avec sourire et humour, tout était là. Le concert feel good du festival, mais pas non plus un renversement des planètes Stoner non plus, simplement un moment très cool. Ce qui est déjà beaucoup. En prime, un nouveau morceau joué pour la première fois, merci. Sur la même scène, Misery Index m’a étonné par son côté cool et tranquille, ambiance que je n’attendais pas d’un groupe de Death. Rien à en dire de plus, si ce n’est que je suis toujours content de voir un groupe de chez Relapse sur scène, puisque c’est tout simplement le meilleur label américain qui soit. D’ailleurs, Relapse, encore, la dernière claque du festival sera Dying Fœtus qui, là où Cannibal Corpse est chiant comme la lune, se révèle passionnant d’un bout à l’autre d’un set qui, bizarrement, avait lieu sur la Supositor’s. Etrange choix d’organisation, tant le groupe ricain a déplacé les foules. Un batteur totalement inhumain qui joue tout le temps plus vite que tout le monde et qui parfois se met à jouer plus vite que lui-même, un son clean comme un scalpel, une ambiance finalement fun (cet appel au don pour que le groupe puisse fumer sur la route), des musiques d’intro et de conclusion choisies avec soin (Ahahah). Que demander de plus ? Dying Fœtus a inventé le Deathcore (le vrai, celui qui fait se télescoper le Death le plus brutal et le Hardcore le plus violent, pas cette musique pour connards qui est le nouveau nom du Metalcore). Voilà, c’est fini, c’était cool.
Dédicace à Anatole, qui se reconnaitra et qui a été un compagnon parfait.



12 janvier 2018

Top Gun

2017 est morte, vive 2017. Dans le désordre le plus complet.

Skeuds :

-Big Brave : Ardor
-Unsane : Sterilize
-Monarch : Never Forever
-torino : De L’autre côté de la ville
-Wolves In The Throne Room : Thrice Woven
-Bell Witch : Mirror Reaper
-Friendship : Hatred
-Oxbow : Thin Black Duke
-Prurient : Rainbow Mirror
-Iron Reagan : Crossover Ministry
-Black Mecha : I.M. Mentalizing
-Brutus : Burst
-Crystal Fairy : St
-Horisont : About Time
-PallBearer : Heartless
-Endon : Through The Mirror
-Contractions : Demo
-Woe : Hope Attrition
-Mondkopf : They Fall But You Don’t

Concerts :

-The Saddest Landscape et Svalbarduk à l’Espace B
-Oxbow, Celeste, Inter Arma et Sumac au Gibus
-The Conformists et Porch à l’Espace B
-Windhand, Monolord, Conan et Satan’s Satyrs au Glazart
-Emma Ruth Rundle à l’Espace B
-Wolves In The Throne Room et Aluk Todolo au Glazart
-Celeste, Comity et Revok au Point Ephémère
-Grails et Majeure au Glazart

Films :

-Grave de Julia Ducournau
-The Lost City of Z de James Gray
-Get Out de Jordan Peele
-Emily Dickinson, a quiet passion de Terence Davies
-Rodin de Jacques Doillon
-Loving de Jeff Nichols
-Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin
-Laissez Bronzer les cadavres D’Hélène Cattet et Bruno Forzani

Série :


-Bojack Horseman
-Flowers
-Godless
-Nola Darling
-The Deuce

20 juillet 2017

Épuration esthétique

  Aujourd’hui, à la demande générale des chats du quartier et surtout de ma voisine qui adore que j’écoute Karate en boucle, le post d'aujourd’hui inaugure une nouvelle rubrique (qui en fait existe déjà mais qui n’avait pas de nom (tu suis ? (triple parenthèse par amour des bonnes choses))) : Désordre esthétique. Je vous vois déjà, vous tortillant d’extase à cette nouvelle « oh oui, tonton cannibale, une nouvelle rubrique ». Point de musique ici mais du goût pour le beau, de la passion pour l’image, du fétichisme pour l’emballage, de l’amour pour la photo, bref, du style, des couleurs, des typos, de la classe et des pochettes d’albums qu’on pourrait regarder pendant des heures. Pour baptiser cette nouvelle vieille rubrique, nous allons parler minimalisme, épuration, beauté par le peu.


Certains esprits extrémistes ne sont pas loin de penser que pour faire une pochette de disque parfaite, il suffit de deux couleurs et d’une typo choisies avec une science de l’agencement touchant au miracle. Ces gens de goûts sont à l’origine d’une des vérités qui fait que le monde peut parfois échapper à la laideur. Il suffit de se souvenir de 13 Songs de Fugazi pour se dire qu’il n’y a pas besoin de faire beaucoup pour obtenir la perfection. Et comme le monde est bien fait et que la logique réussi parfois l’étrange parie de s’inviter à la table du chaos, le hardcore étant lui-même l’art de faire beaucoup avec peu, on comprend pourquoi le premier exemple qui nous vient est le chantre du HxC made in Washington DC. Bien des gens (pour le meilleur et le pire) derrière les visuels de groupes se réclamant être les héritiers d’un certain esprit DIY punk et hardcore se sont de tous temps essayés à la beauté qui tient à peu, à l’unique couleur qui fait tout, à la ligne qui étant seule est une ligne que l’on remarque et qui nous raconte des choses.*

Une bonne pochette d’album n’a, du moins à l’origine, pas vocation à devenir un poster, une image qui se suffit à elle-même, elle ne doit être que comme l’étiquette sur une bouteille ou plutôt, elle est le couvercle d’une boite de pandore et n’est qu’une illustration d’un contenu. En cela, elle est un format idéal pour l’abstraction, l’apparition d’aucune information n’étant finalement nécessaire en son sein puisqu’elles peuvent être présentent ailleurs, sur la tranche du boitier du disque ou sur un sticker. Les exemples sont nombreux de disques à la pochette immaculée ou même sans pochette du tout. Mais comme dit plus haut, les plus belles sont composées de deux ou trois éléments : texte, couleur, photographie.

Je ne peux m’empêcher de citer une nouvelle fois Karate dont les pochettes de Some Boots et Pockets sont des chefs-d’œuvre du genre. La première et ses deux couleurs qui englobent une photographie, les verticales qui se répondent et les jeux de couleurs sur la typo sont un miracle de création visuel qui illustre à merveille le contenu du disque. La deuxième a l’idée géniale d’utiliser un schéma pour toute illustration et de le présenter sur un fond gris. La sobriété étant dans ces exemples un outil esthétique entièrement au service d’une façon de faire, elle est une philosophie du carcan comme base de création. Le minimalisme d’une pochette d’album devient alors un reflet de ce que peut être la musique quand elle est limitée par une contrainte. Il est un miroir à la question de tous temps : que peut-on faire de nouveau quand ne dispose que d’une batterie, d’une guitare, d’une basse et d’un micro ?

Il est plaisant de se balader dans sa discothèque et d’y chercher ces pochettes qui font tout avec peu et qui par leur simplicité apparente sont le reflet parfait des disques qui finissent par devenir une partie intégrante de nous-mêmes. Ils sont comme une photo ou un tableau qu’on garde accrochés longtemps sur un mur, chaque fois que l’on pose un disque sur une platine, le premier élément qui compose cette action est un fait visuel qui nous guide. Et il est amusant de se rendre compte que souvent lorsque l’on oublie le nom d’un groupe, il suffit de se représenter sa pochette dans notre tête pour se le rappeler. Bien sûr, plus la pochette est épurée, plus cette gymnastique est aisée.

*Certains esprits chagrins me diront qu’ailleurs ou même avant, sous d’autres latitudes musicales, on faisait déjà dans l’épuration. Ils me citeront les Beatles, Metallica et d’autres. Je leur répondrai méchamment que l’album blanc est blanc pour faire couler de l’encre et n’est que le fruit d’une démarche marketing, ils me répondront que je suis de mauvaise foi, ils auront peut-être raison sur ce point mais pas sur la question qui nous intéresse aujourd’hui.

Le cannibalisme passe aussi par le regard. Devient cannibale

29 décembre 2016

Slacker, A top model for 2016

Avec amour mais dans le désordre :

-Aluk Todolo : Voix
-Swans : The Glowing Man
-Tortoise : The Catastrophist
-Cult of Luna/Julie Christmas : Mariner
-Rêche : Rêche
-Vektor : Terminal Redux
-Subrosa : For This We Fought The Battle of Ages
-Horseback : Dead Ringers
-Brain Tentacles : Brain Tentacles
-DIllinger Escape Plan : Dissociation
-Candiria : While They Were Sleeping
-Super Unison : Auto
-Venomous Concept : Kick Me Silly VCIII
-Gorguts : Pleiades Dust
-Mike and the Melvins : Three Men and a Baby
-Zhrine : Unortheta
-NOFX : First Ditch Effort
-Thalia Zedek Band : Eve
-Michel Cloup Duo : Ici et Là-bas
-Papier Tigre : The Screw
-Deathspell Omega : The Synarchy of Molten Bones
-Blut Aus Nord/Aevangelist : Codex Obscura Nomina
-Antaeus : Condemnation
-Bölzer : Hero
-Khemmis : Hunted
-Violent Magic Orchestra :Catastrophic Anonymous

Rééditions :

-White Zombie : It Came from NYC
-Blonde Redhead : Masculin-Féminin

Concerts :

-Aluk Todolo à l'église Saint Merry
-Clutch au Trianon
-David Gilmour au château de Chantilly
-Shellac à la Gaité Lyrique
-Tortoise à Villette Sonique
-Unsane à Main d'Oeuvre
-Subrosa à l'Espace B

Films :

-La Fille Inconnue
-Midnight Special
-Premier Contact
-Café Society
-Elle
-L'Avenir

3 décembre 2016

Il était une fois en Amérique

A-t-on besoin d'autre chose, à l'approche des fêtes de Noël, que de dope, de flingues et de faire des câlins dans la rue ? Aujourd'hui, nous parlons de Dope Guns 'N' Fucking In The Streets, la mythique série de 7 pouces d'Amphetamine Reptile Records, récemment rééditée sur un double CD rempli raz la gueule.

Pas moins de 47 groupes et autant de titres pour ce jalons des 90's, des noms aujourd'hui incontournables tels que Mudhoney, Melvins, Jesus Lizard, Today Is The Day, Helmet, Jawbox, Unsane et Chokebore. Des choses un peu moins connues mais tout aussi folles : Tar, Calvin Krime, Steelpolebathtub, etc. Ainsi compacté sur deux disques, on s'en rend compte que tout cela forme la crème du rock indé ricains (mais pas que) de la décennie fluo (oui, c'est un terme sociologique).

Tout à fait objectivement, "Basement Life" de Superchunk, "Lotion Pocket" de GodHeadSilo et "Fight Song" de Calvin Krime justifient à eux seuls l'intérêt de l'ensemble. Mais la totalité des groupes présents sont une photographie d'une certaine idée du rock indé, un peu noise et un peu fou fou. On passera sur le packaging de pingre, avec rien d'autre que la liste des morceaux (truffée d'erreurs) dans un boitier bien cheap car le plaisir d'avoir tous les volumes de la série dans un seul et même disque est une bonne alternative pour les collectionneurs fainéants.

Mets des disques sous le sapin et sois cannibale !

8 octobre 2016

Légendes d'automne

Au moment étrange et douloureux de dire adieu à l’été, au soleil et aux heures passées en terrasse ou dans des jardins chauds, quand sonne la rentrée et l’arrivée inexorable du froid et de l’automne, quoi de mieux qu’écouter du bruit, de la musique sérielle, concrète ou acousmatique ? Plongeons nous alors dans la phénoménale et incroyablement riche compilation An Anthology of Noise & Electronic Music, offerte à nos oreilles par le généreux label belge Sub Rosa entre 2002 et 2013.

Pas moins de sept volumes répartis chacun sur deux disques (trois pour le septième) et un classement complètement foutraque puisque revendiqué comme étant a-chronologique. 176 morceaux pour autant d’artistes, chercheurs, groupes et exploreurs des limites du son les plus brutes et expérimentales pour une période explorée allant de 1920 à 2012. Ajoutons à cela des livrets épais, remplis de notes et d’extraits d’interviews et nous voilà en présence d’une des compilations les plus riches et variées sur ce vaste sujet qu’est la musique quand elle se débarrasse totalement de ses oripeaux commerciaux et populaires.

Effectivement, il ne pourra pas être question ici de danses ou de ritournelles, à tout le moins la recherche sonore ici fêtée pourra être pour vous l’illustration parfaite à la rêverie, au sommeil agité ou à peupler vos longues nuits d’automne de bruits supraterrestres et de complaintes toutes droit sorties des arcanes de machines folles. Tous les noms connus sont présents : Pierre Schaeffer, Einsturzende Neubaten, John cage, Sonic Youth, Cabaret Voltaire, Henry Cow, Daniel Menche, Steve Reich, Olivier Messiaen, etc. ainsi que beaucoup d’autres. La plupart des pièces présentées ici sont rares, introuvables ou inédites et le voyage, d’un saut dans le temps à un autre, est riche en découvertes, entre sonates atonales, bruits blancs, techno désossée et trips cosmiques. Paroles est ici donnée, toujours dans le désordre, à toutes les écoles et tous les genres que la musique expérimentale compte en son sein. On ne peut que s’y perdre pour y revenir et lentement, s’y faire une petite place, fort des connaissances ici archivées, aussi bordéliques soient-elles. Il est tout de même recommandé de se laisser porter et d’être prêts à la surprise, car elle est ici la seule norme.


« Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le. » John Cage.

Et s'il était agréable le bruit de l'automne ? Sois Cannibale. 

3 octobre 2016

La Foire des ténèbres

Mieux vaut tard que jamais, un top 2015 pour dire au revoir à une année qu'on a été plutôt content de quitter. Des disques définitifs (Goatsnake), des bons qualitatifs qui frisent la perfection (Sofy Major) et des découvertes qui ne cessent pas de revenir nous hanter (Big Brave).
-Goatsnake : Black Age Blues.
-Steve Von Till : A Life Unto Itself.
-Battles : La Di Da DI.
-Clutch : Psychic Warfare.
-Zombi : Shape Shift.
-Faith No More : Sol Invictus.
-Lou Barlow : Brace The Wave. 
-Built To Spill : Untethered Moon.
-Glaciation : Sur Les Falaises de marbre.
-Oneohtrix Point Never : Garden Of Delete.
-The Saddest Landscape : Darkness Forgives.
-Sofy Major : Waste.
-Big Brave : Au De La.
-All Them Witches : Dying Surfer Meets His Maker.
-Sed Non Satiata/Carrion Spring : Split.

Ce n'est pain perdu pour tout le monde

Il y a des années comme ça dont on sait qu'elles commencent bien parce qu'elles s'illustrent par un jeu de mots, écrit dès leurs premières heures. Il est alors temps de se souvenir : A-t-on écouté de la bonne musique en 2014 ? Les livres dans lesquels on s'est perdu, ont-ils changé notre regard ? Ont-ils rendu le monde plus beau ? Et le cinéma ? Était-il d'une qualité qui justifie qu'on continue de considérer les salles obscurs comme un des derniers refuges contre la folie ambiante ? Cette année, mon top de la précédente est une chimère, en effet je caresse l'illusion qu'il possède des vertus médicinales, pour me guérir de cette gueule de bois sourde qui rampe à travers le dédale de mes souvenirs. Vous avez dit 2014 ? Très bien, et vous ?
Disques :
-Blut Aus Nord, Memoria Vetusta III - Saturnian Poetry
-
Baton Rouge, Totem-We Insist!, We Insist!
-Mondkopf, Hadès
-Extreme Precautions, I
-Mastodon, Once More 'Round The Sun
-Michel Cloup Duo, Minuit dans tes bras
-Yob, Clearing The Path To Ascend
-Warsawwasraw, Sensitizer
-Rouille, On Tue ici
-Ben Frost, AURORA
-The Austerity Program, Beyond Calculation
-La Dispute, Rooms Of The House
-Mogwai, Rave Tapes
-Shellac, Dude Incredible
-
Swans, To Be Kind
Concerts :
-Mogwai, Olympia
-Portishead, Rock en Seine
-Antemasque, Gaîté Lyrique
-La Colonie de vacances, 104
-Year Of No Light & Mars Red Sky, Point éphémère
-NOFX, Trianon
-Baton Rouge, Parvis

Livres :
-Steve Tesich, Price
-Matthew Stokoe, Empty Mile
-Cathi Unsworth, Zarbi-Caryl Férey, Les Nuits de San Francisco
Films :
-Mommy
-Whiplash
-Maps To The Stars
Bonne année et sois cannibale !

2 octobre 2014

Des Types et une boite à rythmes

  Quel est le comble pour un batteur qui tient un blog sur la musique ? De pondre un article sur des groupes qu'il adore et dans lesquels il n'y a pas la moindre trace d'une batterie, une vraie ? Ce n'est certainement pas si simple car tous les groupes qui seront cités ici possèdent un impact rythmique dévastateur. Mieux, la boite à rythmes y est toujours un élément indissociable de leurs sons, faisant presque d'elle un membre à part entière de chacun d'entre-eux. Et si l'esprit punk se cachait dans une simple machine ?


Tout commence en 1977 quand un groupe français sort de nul-part un 45T sous le doux nom de Panik. Ils s'appellent Métal Urbain, débarquent avec leurs guitares et leurs synthés et vont révolutionner le punk de France à venir avec une magnifique attitude de branleurs. La musique est froide, sans mélodie, le chant est criard et vindicatif. Les tables de la loi d'un autre punk, porté par des rythmiques mécaniques et des sons électroniques, se trouvent dans une poignée de 45T sortis entre 77 et 79 par ce groupe aujourd'hui culte. Cela malgré une reformation dans les années 2000 qui les verra sortir un album complètement dispensable, sans être véritablement mauvais.

Quatre ans plus tard débarque l'un des meilleurs groupes de punk français, Warum Joe. Injustement peu connu par la faute du succès écrasant de certains, Bérurier Noir en tête, les Warum n'en sont pas moins excellents. Beaucoup plus mélodique que ne l'était celle de Métal Urbain, la musique est ici au service de textes aussi originaux qu'étrangement marquants. Ils sortent également un disque dans les années 2000, après dix ans sans nouvelle discographique. Mais contrairement à l'essai de Métal Urbain, Au Milieu de ta forme est un disque excellent de bout en bout, rempli raz la gueule de tubes jouissifs aux textes intelligents et fun : "Mauser Fucker", "Copkiller", "Babel Web", "Les Feux de l'amour" ou "La Citée des chasseurs" mais la liste pourrait contenir tout l'album. Un must !

On ne peut pas parler de boite à rythmes sans évoquer les Ludwig Von 88. En une quinzaine d'années et presque autant d'albums, ils ont marqué le punk de France avec des textes parfois complètement débiles mais toujours poétiques et un humour aussi ravageur que politiquement incorrect. Et toujours cette boite à rythmes, immuable et simple, aussi importante dans l'identité du groupe que leurs pochettes d'albums faites de détournements et de collages. Une ribambelles de tubes ont marqué deux générations de punks telles que "New Orleans", "77" ou "Dans le jardin d'Allah".

Plus près de nous, comment ne pas parler de Violence Conjugale et de son unique album éponyme sorti chez BornBad en 2012. Une voix, un synthé et des textes glaciaux et romantiques parlant de guerre et d'amour dans la plus pure tradition Minimalwave. Un disque qui aurait pu sortir il y a 35 ans, un véritable voyage temporel au pays des musiques glacées.

On a déjà parlé ici des géniaux Austerity Program, dignes descendants des ancêtres Punk/Noise que sont Big Black, Rapeman et Scratch Acid. Les deux premiers occupent Steve Albini dans les 80's, avant qu'il ne devienne ingénieur du son sur la majorité des grands albums rock indé des deux décennies suivantes. Big Black annonce toute la scène noise rock à venir : guitares tour à tour stridentes ou lourdes et rythmiques tronquées. Scratch Acid est l'entité qui allait devenir Jesus Lizard, LE groupe noise des 90's. La boite à rythmes est ici aventureuse et versatile et s'accompagne du chant si reconnaissable de David Yow.

Chacun des groupes cités se définissent autant par leurs autres membres que par cette machine magique qu'est une boite à rythmes. Elle définit leurs sons autant que peut le faire le jeu d'un guitariste ou d'un bassiste et n'est jamais un simple beat interchangeable. Par son côté cheap et bien plus facilement transportable qu'une batterie, elle est porte aussi une dimension symbolique d'une certaine idée du Do It Yourself.


"La machine conduit l'homme à se spécialiser dans l'humain." Jean Fourastié

La machine, elle aussi, est cannibale.

4 novembre 2013

Knight Star

Ah Klaus Kinski en magicien ambigu et Harvey Keitel en soldat débile profond, les extra-terrestres que l'on prend pour des chevaliers chevauchants des dragons et les princesses complètement neuneus... Enfin, je m'égare... Quand le nom du post est celui d'un film bizarre, dont le héro porte un scaphandre, dessiné par un type très certainement viré par Paco Rabane pour trafic de drogues de synthèse, c'est que c'est l'heure de parler d'actu. Bah oui, parce qu'à force de répéter que c'est la rentrée, on est déjà en novembre et à force de dire "oui, oui ça se rafraichi", c'est bientôt noël.

Je ne vous parlerai pas du disque que j'offrirai à mon pire ennemi parce que je n'ai pas trop d'argent à foutre par les fenêtres et ici c'est un endroit où on dit du bien. Ou alors on ne dit rien. Je vais quand même vous dire quelques mots sur le dernier Red Fang, Whales and Leeches. Parce que, si comme beaucoup, j'adore ce groupe, leurs vidéos funs et leurs concerts (un des meilleurs groupes actuels sur une scène), que j'écoute encore régulièrement le précédent LP, le nouveau je ne sais pas encore trop quoi en penser, alors je l'écoute et j'essaye de me faire un avis... Qui vivra, verra.

Question facilité, claque directe et avis tranché, je peux par contre vous dire que le 10 pouces Gaffe de Pigs, sorti tout récemment par le label français Solar Flare, a tout bon du début à la fin. Trois titres pour trois réussites, un sans faute et un disque si addictif que j'attends déjà fébrilement la suite. Les quelques concerts donnés dans notre petit pays avec Sofy Major ont fait le reste. Suffocant.

Touche Amore nous offre un Lp toujours aussi concentré. En une petite demi heure, le groupe de Californie nous présente ce qu'il sait faire de mieux dans un disque au moins aussi bon que son prédécesseur. Intensité, émotion pour un disque simple, Hardcore et moderne. Que demander de plus ?

Comme les reformations pullulent, que de vieilles gloires sortent des nouveaux disques, Sebadoh ne manque, heureusement, pas à l'appel.  Disons-le tout de suite (et tout le monde le sait déjà) : Defend Yourself est incroyablement bon. Un disque terriblement riche, absolument pas enfermé dans la nostalgie 90's, des chansons tout bonnement géniales, qu'on aime réécouter, encore et encore. Du plaisir!

Quand Sonic Youth a splitté, le rock indé tirait la tronche. Et finalement, comme quand des parents divorcent leurs enfants ont deux fois plus de cadeaux, pour nous aussi c'est régulièrement deux fois noël. Il y a d'abord Body/Head, le duo formé par Bill Nace et Kim Gordon, dont le premier album Coming Appart n'en finit pas de tourner pour diffuser en continu ses atouts noise si attractifs. Et il y a le, déjà deuxième, LP post-Sonic Youth de Lee Ranaldo. Last night on earth est un disque magique, une collection de chansons classieuses qui donnent tout simplement envie d'écouter de la musique. Et ça, c'est franchement bien, non ?
  
"Tout l'automne à la fin n'est plus qu'une tisane froide." Francis Ponge. 

Fais bouillir de l'eau et sois cannibale

21 octobre 2013

French Connection

Au beau milieu des 90's, la France allait enfanter d'un truc merveilleux, sur tout le territoire un vent semait quelque-chose d'aussi imparable qu'agréablement nauséabond : Une scène Noise ! Une poignée de groupes indispensables allaient alors répandre la bonne parole au travers de quelques disques aussi géniaux qu'aujourd'hui, pour la plupart, introuvables. Be kind rewind !

Rien à foutre ici de l'objectivité et encore moins de l’exhaustivité, je ne parlerai ici que de ce qui me plait... Commençons donc par un groupe qui squatte toujours aussi souvent ma platine, Bästard. Ces cinq de Lyon avaient tout compris, tout digéré et il venaient convertir l'hexagone à la rugosité bienvenue de leur musique hors-normes. Un son abrasif, touffu, recouvert de samples glaciaux, des morceaux expérimentaux et fous mais, tour de force, jamais chiant et toujours efficaces.

Continuons avec Sloy, la réponse française parfaite à Jesus Lizard. En trois albums gorgés de tubes furieusement addictifs, les trois sudistes (exilés plus tard à Rennes) écrivent une des meilleures pages du rock indé de chez nous. Une pléthore de claques, beaucoup de fun et, si longtemps après, toujours cette envie de réécouter, encore et encore.

Dans le sud, on avait aussi Tantrum. Dans une veine plus Hardcore, des morceaux sinueux rappelant parfois le meilleur d'Unsane. Une discographie dense, une musique frontale qui ne prend pas une ride. Satisfait ?

Attention, mon préféré pour la fin : Portobello Bones. Ce groupe de Tours ayant splitté en 2002 nous laisse de quoi se gaver de son pour un moment, six albums et autant de EPs. Des paroles politisées et une musique frontale, là aussi influencée par le Hardcore, le tout loin des clichés. Une ribambelle de morceaux géniaux et une richesse musicale indéniable font de ce groupe une référence. Passionnant !

Ceci n'est bien sûr qu'un minuscule aperçu, jetez aussi une oreille à Condense, Heliogabale ou Ulan Bator. Vous aurez là une idée de la richesse incroyable de ces années qui nourrissent une scène indé française qui est aujourd'hui géniale et variée. Une scène également marquée par un esprit d'indépendance et une liberté de création sans compromis, d'autant plus remarquable dans un pays comme le notre qui n'est franchement pas la terre promise en matière de Rock.

"La musique c'est du bruit qui pense." Victor Hugo.

Creuse une citrouille et sois cannibale !

11 août 2013

Incendie

Il n'était pas une fois le rap français... Il sera cinq fois le rap en français. En effet le post d'aujourd'hui parlera de cinq groupes de rap qui n'ont pour seul point commun que de chanter dans la langue de l'hexagone. Celui des banlieues, du racisme, des voitures qui brûlent mais aussi là où il est peut-être possible de jeter des ponts entre les gens, les cultures et les peuples.

Commençons par le plus ancien, Assassin. Un OVNI culturel dans le monde du Hip-hop, Rockin Squat, son leader, étant le fils de l'acteur Jean-Pierre Cassel, pas exactement un prolo de la banlieue nord. Et pourtant, Assassin a été le premier groupe en France à militer pour un rap conscient, évoluant loin des sphères des majors et des grosses radios. En deux LP et une ribambelle de maxis, le groupe a su écrire une des principales pages du rap en français. Il a su imposer, sur des instrumentaux généralement assez classiques, des textes riches, très référencés, évitant de tomber dans les clichés du sexisme et l'imagerie de la violence gratuite. Aujourd'hui, Rockin Squat continue en solo, sans réel changement. Albums clés : Le futur, que nous réserve-t-il ? , Touche d'espoir. 

La Rumeur est un des acteurs les plus extrêmes du rap de France. Cultivée, sans concession, intellectualisant de manière viscérale la violence latente de la vie de banlieue, La Rumeur est le parangon du rap conscient. Elle est l'expression des tensions et du mal de vivre poussée à son paroxysme. Album clé : Du Cœur à l'outrage.


En un seul album, Des Maux s'insèrent, La Calcine a réussi à marquer grâce à des instrumentaux riches, variés et métissés mais aussi et surtout par l'alternance de plusieurs voix fortes et originales. La grande musicalité de l'ensemble étonne pour un premier album, on ne s'ennuie jamais à l'écoute de ces treize morceaux toujours très bien écrits, parfois drôles et souvent poignants.

Le petit jeune de la sélection : La Canaille. En deux albums, le MC s'impose par des textes forts, tranchants et terriblement bien écrits. Comme si cela ne suffisait pas, ceux que le côté synthétique des instrumentaux rebute seront forcément contents d'entendre qu'il y a des instruments derrière. N'hésitant pas à faire appel à des riffs de guitare ultra saturés, à une batterie au son très acoustique ou à des samples de musique nord africaine, La Canaille passionne. Par son discours ouvert et intelligent, la variété des sujets abordés et la sobriété de son flow, La Canaille convainc facilement pour ne plus vous lâcher. Album clé : Par Temps de rage.

Mon préféré pour la fin. Kabal mériterait un article pour lui tout seul, ou même un blog entier, pour faire l’exégèse de la richesse extrême de ses textes, pour donner l'occasion de voir et de comprendre l'impact que peut avoir cette musique,. L'incroyable originalité de ses instrumentaux couplée à des textes impossibles à comparer avec la majorité du rap de France, la puissance de frappe des voix de Djamal et D', leur flow acide et sombre sont autant d'éléments qui en font un groupe à part. Kabal marque au fer rouge celui qui se penche avec attention sur sa poignée de disques. Un groupe clé. Si vous n'aimez pas le rap, mettez de côté vos a priori et écoutez Kabal, une réelle porte d'entrée vers un Hip-hop autre. Sans Kabal, jamais je n'aurai pu écrire un post sur le rap français. Albums Clés : La Conscience s'élève, États d'âmes, Split avec Lofofora.


"Du recul sur l'histoire, sur l'ébène sur l'ivoire, du crépuscule naît l'aube d'un espoir, alors change ton regard." "La conscience s'élève" Kabal.

Élève ta conscience et sois cannibale !

12 avril 2013

Possession

Ah, voir et revoir Adjani se trancher la gorge et coucher avec un monstre à tentacules... Ce n'est pas dans la grisaille actuelle des salles obscures qu'on verrait cela. Heureusement, la musique est là pour nous nourrir de son actu.

Ventura est revenu en début de mois pour nous refaire le coup du disque parfait avec Ultima Necat, trois ans après We Recruit. Une nouvelle preuve, si besoin était, de la richesse musicale helvète. Des compos plus riches en ambiances que sur le précédent, une atmosphère plus bizarre tout en gardant un son reconnaissable dès le début du disque. Du tout cuit!

2013 sonne le retour à l'excellence pour Clutch qui avec Earth Rocker vient remettre les pendules à l'heure. Le Stoner rock c'est eux. Un disque fun et sans fioriture, visant à l'essentiel : donner le sourire et faire bouger la tête sur du son gras et groove. C'est à servir chaud et très épicé en attendant le retour de l'été.

Papaye nous revient à la fin du mois avec un nouveau pain dans la face, ça s'appelle Tennis et l'artwork est ce que vous verrez de plus chatoyant cette année. Ce super-groupe composé de membres de Pneu, Komandant Cobra et Room 204, soit ce qui se fait de mieux en France en matière de trigonométrie musicale, est encore une fois là pour vous faire rire et danser entre gens de bons goûts. A voir sur Paris avec Fordamage courant mai.

Les infatigables Melvins reviennent pour la trois millième fois dans nos oreilles, encore une fois pour notre plus grand plaisir même si on a souvent frôlé l'overdose. (Certains dans le fond me disent qu'ils l'ont plus que frôlé depuis longtemps). La livraison de cette année est un album de reprises, ça s'appelle Everybody loves sausages (ben tiens) et la tracklist est aussi variée que ses géniteurs sont cramés du bulbe, on y retrouve Queen, Venom, Throbbing Gristle, David Bowie ou encore The Scientists. Rien que ça.

The Dillinger Escape Plan seront de retour mi-mai pour achever les quelques survivants à leur Mathcore technique et fou. Ça s'appelle One of us is the killer et le premier extrait fait dans le classique de chez classique. En espérant que le reste de l'album sera moins bas du front que ce premier titre sans surprise, le groupe nous ayant habitué à plus de folie et de prise de risques. Verdict le 13 mai.

"On n'attache pas son chien avec des saucisses." Proverbe

Si ta mère est possédée par le démon mais ne ressemble pas Adjani, vient te plaindre ici

2 février 2013

La forteresse Noire

Le début du deuxième mois de l'année sonne, on a maintenant tous oublié la gueule de bois mémorable du passage à 20463, nous pouvons donc faire un point sur l'actu.

Déjà, tout bientôt, il y aura Dinosaur jr de passage en France et ça c'est un grande nouvelle. Un peu plus tard dans l'année, en mai pour être exacte, se déroulera comme toujours le génialement parfait Villette Sonique, avec cette année, je retiens mon émotion, Neurosis et les Swans. Enfin surtout Neurosis mais quand même.

Pour parler skeuds, plastique noir, galettes qui brillent, sillons et lasers miroirs, enfin vous aurez compris, vient de paraitre chez tous les bons dealers :

-le nouveau Tomahawk, Oddfellows. oh putain oh putain oh putain, on en parle très vite. Après la semi déception d'Anonymous, le gourdin revient plus bandant que jamais et après les claques que furent le dernier Battles et la tournée de reformation de Jesus Lizard, c'est du tout cuit!

-Le nouveau Casket Lottery avec Real Fear. Les maitres de l'emo harcore américains, classes en diable, sont de retour après une longue période pour rappeler qui sont les maitres. Une leçon.

-Un petit nouveau LP par les parisiens de Frustration, les fans de coldwave, postpunk et assimilés s'en frottent les mains d'avance... La fierté du label Born Bad.

-La fin de l'année dernière aura vu la sortie du nouveau The Evens, The Odds, soit le chanteur mythique de Fugazi en duo avec sa compagne. Un retour qui fleur bon le Washington de la fin des 80's.

-Enfin, le meilleur pour la fin, le 5 février sort le quatrième éponyme de The Bronx. Je n'ai pas encore pu écouter plus d'un titre, mais je sais déjà que le disque sera une tuerie définitive, comme les trois précédents. Dont acte.

Soyez beaux, soyez fous, soyez cannibales.

28 septembre 2012

The Faculty

C'est la rentrée et vous êtes sûr que la plupart de vos profs sont des extraterrestres assoiffés de sang. Ne vous inquiétez pas, il suffit d'avoir un bon accompagnement musicale pour vous donner du courage et réussir à les exterminer. Qu'est-ce que nous apporte la prof principale pour cette rentrée ?

Tout d'abord le nouveau Dinosaur jr, I bet on sky est une petite perle qu'on aime enfiler inlassablement autour de ses oreilles (?). Comme les deux précédents albums post-reformation, on a affaire ici à du grand Dino. C'est mélodique, la guitare de J est toujours aussi volubile même si il y a moins de solos qu'à l’accoutumé. Le plaisir est toujours là et il est plus immédiat que jamais!


Qu'est-ce qu'il y a d'autre au rayon nouveautés ? Ah, le nouveau Bob Mould, Silver age, coupé sur mesure, direct et frontal. Ça faisait longtemps, depuis Sugar en fait, que le monsieur n'avais pas été simplement à l'essentiel, c'est-à-dire des chansons power pop simples et efficaces. Il nous balance tout ça de façon décontracte et on en redemande!

La rentrée nous apporte aussi une nouvelle fournée de NOFX, Self-entitled,pas grand-chose à en dire, la bande de Fat Mike fait ce qu'elle a toujours fait et le fait bien. On aimerai peut-être qu'ils sortent un peu des clous de leur Hardcore mélo super routinier ou qu'ils nous pondent à nouveau des tubes comme "Linoleum" ou plus récemment "Seeing double at the triple rock".

Il y a d'autres choses que je n'ai pas encore pu écouter mais qui s'annoncent très prometteuses. Comme le dernier volet de la trilogie 777 de Blut Aus Nord, Cosmosophy, par exemple. Dernier chapitre d'une œuvre colossale entamée il y a un peu plus d'un an, Blut Aus nord continue de transcender le black metal pour en faire un monstre polycéphales des plus passionnants.

Soyez curieux!!!

9 août 2012

Le bruit et la fureur


  Salut! Je deviens de plus en plus régulier sur ce blog et j'ai surtout de plus en plus d'idées d'articles. Une fois n'est pas coutume, le titre de ce post m'est venu avant de savoir de quoi j'allai parler. Enfin, comme souvent, j'avais quand même envie de vous parler de bruit et puis, si je le pouvais, je ne donnerai que des titres de bouquins de Faulkner à chacun de mes posts. Mais bon faut pas rêver non plus, ça ne marcherai pas. Le but de cet article est de parler de plusieurs groupes Noise qui font l'actu en générale ou simplement celle de ma platine en particulier. Et à part une petite exception américaines, tous les groupes cités sont français. C'est cool de savoir qu'il se passe de si bonnes choses sur la scène indé de notre petit pays pas super rock 'n' roll.

On commence donc par Hawks, super groupe d'Atlanta, donc le dernier disque, pushover, est distribué en Europe par Rejuvenation. Une sorte de condensé du meilleur de la Noise ricaine des 90's mais en plus fou, en plus gras, en plus malade. Ils seront en tournée en France début septembre en compagnie de Café Flesh.

Sans transition... Café Flesh. Lions will no longer be kings, le dernier disque de ce groupe de Jarnac sorti sur Head records est une petite tuerie insidueuse, à base de saxo pour charmer les cochons que nous sommes tous. La tournée commune avec Hawks est également l'occasion de la sortie d'une split sous la forme d'un double 7".

Quelques mots sur Choochooshoeshoot. Leur petit dernier, Playland, est sorti grâce aux efforts conjoints de Rejuvenation et de Kythibong, le label nantais vraiment super cool et à qui l'ont doit beaucoup des meilleurs disques français sortis ces 3 dernières années. Chez Choochooshoeshoot, le propos est punk et rêche, cela est notamment dû à la voix de la chanteuse, habitée, remuante et toujours captivante. J'ai dû prendre le temps de plusieurs écoutes avant de pouvoir me laisser séduire par le côté insidieux des morceaux. Maintenant je suis en passe de devenir dépendant et j'ai peur (héhé).

Encore sur Kythibong, le dernier Fordamage, Volta Desviada, est un de mes préférés de cette petite liste et ce alors même que je ne commence qu'à découvrir ce disque. Je ne connais pas du tout les albums précédents et lorsque j'ai entendu celui-ci pour la première fois, c'est simple, tout m'a séduit, le son de grattes, les alternances entre les voix (les quatre membres chantent), le côté mathy, etc. Je ne peux pas vraiment en dire plus après quelques petites écoutes, mais ce groupe va devenir un de mes préférés. Ce n'est pas tous les jours que ça arrive. Enjoy!

Une nouvelle fois sur Kythibong (eh oui!) et même si ce disque est sorti il y a près de deux ans, Room 204 (avec des mecs de Papaye et Papier tigre) est un groupe qui squatte encore régulièrement ma platine et qui m'étonne toujours. Pourtant ce n'est qu'un duo Guitare-batterie comme il y en a tant. Mais il y a ici des choses en plus, une science du morceau parfait, attractif et déroutant. Il y a certains breaks que j'aimerai pouvoir écouter en boucle pour ne plus jamais les oublier. Ce n'est encore une fois pas tous les jours que l'on tombe sur un groupe aussi riche.

La liste ici présentée est loin d'être un tour d'horizon exhaustif de tous les bons groupes Noise et assimilés en France. Penchez une oreille attentive sur Marvin, Pneu, Komandant cobra, Passe-montagne. Restez curieux, supportez la scène locale et bouffez de la musique, un bon remède contre la monotonie. Cannibalism is the way!





24 juillet 2012

Le Cri

  Youpi me revoilou!!
Il n'y a pas si longtemps, je vous avais parlé de Daïtro, groupe emblématique du Screamo à la française. En me replongeant dans d'autres disques proches de ce style, je me suis dit que ça pourrait être bien de faire une sorte de panorama de cette scène, sans être exhaustif (par obligation) ou objectif (par mauvaise fois). Il y a donc des groupes emblématiques dont je ne parlerai pas et d'autres bien moins connus mais dont je vous dirai qu'ils ont sauvé le monde. Oui, oui, et je pèse mes mots.

Déjà, rassurez-vous je ne parle pas ici de musique à mèche pour ados attardés qui s'éclairent à la bougie mais bien d'une musique découlant du HardCore et véhiculant ses idéaux et ses valeurs. Lesquels sont bien éloignés de l'auto-apitoiement  pleurnichard et de la prostitution de masse auprès des grosses maisons de disques.

Commençons d'ailleurs par Orchid, ce groupe du Massachusetts sans concession n'a pas plus à voir des mécheux qu'avec Dick Rivers. Leur discours et leur musique sont un affront, un cri de résistance. Ils n'ont sorti que trois albums mais ils sont tous devenus des références, tous publiés par l'excellent Ebullition records. Leur guitariste a par la suite rejoint Ampere, groupe toujours en activité et dont la grosse discographie comporte, outre un seul LP, une quantité de splits avec la fine fleur mondiale de la scène Emo/Screamo (on y retrouve Daïtro). Cela va en énerver certains, mais ce sera tout pour les USA même si j'aimerai dire tout le bien que je pense de Jerome's Dream dont on n'entend jamais parlé et qui pourtant est une comète (1997-2001) dont le passage aura laissé beaucoup de traces. Il existe une disco complète sur deux CD vendue pour rien chez le très bon MusicFearSatan.

Partons maintenant pour l'Europe et plus précisément l'Italie pour parler du grand Raein. Il faut, quand on s'intéresse de près ou de loin à cette scène, écouter avec attention leur excellentissimo Il n'y a pas d'orchestre. Je le dis souvent dans ces pages mais il n'y a pas de mot pour décrire la large palette d'émotions abordées dans ce disque. Il est arrivé à surprendre en étant super bien construit et riche et, dans le même temps, il est empli d'une énergie juvénile simple et direct. Un classique! Un mot rapide sur La Quiete que j’apprécie un peu moins mais qui est un des principaux groupes italiens. On fini avec The Death of Anna Karina, dont la particularité est d'intégrer des sons de claviers et de synthés. Je vous recommande leur premier LP éponyme.

Transition toute trouvée vers la France et The Flying Worker puisqu'ils ont partagé un split 7'' avec The Death of Anna Karina. Le témoignage du groupe rennais est bref, 10 titres en tout, mais au combien intense. Je suis de parti pris mais il me semble bien que c'est un des groupes les plus originaux, avec un son bien à eux et beaucoup de travail sur les ambiances. On ne peut pas omettre de parler d'Amanda Woodward, avec là aussi une originalité dans les sons développés, emprunts de dub et de post-rock. Les textes du groupe de Caen sont aussi très très bien foutus, réfléchis et facilement reconnaissables. Un groupe pas super connu, qui n'a sorti qu'une démo et un 9'', Kiss the Bottle. Il est d'ailleurs, entre autre, constitué d'anciens Flying Worker et Amanda Woodward. C'est un de mes préférés avec des sons bruts de décoffrage et des plans super bien foutus à la batterie.

On part vers le Japon et là ceux qui connaissent au moins un groupe de Screamo connaissent forcément... Envy! Même si depuis quelques années leur son se diversifie vers quelque chose de beaucoup plus post-rock, le chant hurlé est toujours là et toujours aussi reconnaissable. Le groupe est réputé pour ses magnifiques ambiances, pour les cassures superbement amenées entre passages violents et accalmies et les passages de spoken word en japonais. Un groupe qu'il faut voir sur scène, tant ceci est une véritable expérience introspective, quelque chose qui transcende et ce malgré la barrière de la langue. Le groupe existe depuis vingt ans et a déjà sorti cinq LP et une dizaine d'EP et de split, dont un avec les franco-suisses d'Iscariote.

C'est fini pour aujourd'hui. N'hésitez pas à venir m'engueuler en commentaire si votre groupe fétiche manque à l'appel! Stay cannibal and positive...

24 mai 2012

Progression du domaine de la lutte 1


Ah il est tiré par les cheveux ce titre, j'aime bien. Par contre j'aime moins l'auteur auquel il fait référence, enfin ceci est une autre histoire. Donc, comme vous l'avez, je l'espère, deviné cet article parle de prog, ce sous-genre du rock tant décrié, encensé, qui fait couler tant d'encre depuis maintenant une quarantaine d'année. Comme il y a beaucoup à dire, et même si cela ne sera pas un panorama exhaustif, cet article sera en deux voire même en trois parties. J'espère seulement que je ne vais pas être trop long à écrire la suite puisque toi lecteur avide tu trouve que franchement un dernier article qui date de fin mars c'est franchement du foutage de gueule et je ne peux que te donner raison, mais bon j'avais piscine, alors.

Rentrons dans le vif du sujet, je ne vous parlerai pas ici de Soft Machine pour la simple et bonne raison que je n'arrive pas encore à apprécier ce groupe, ça viendra peut-être je m'acharne, pour l'instant sans succès. J'ai du mal avec les groupes presque intégralement instrumentaux et aussi avec le côté très Jazz de ce groupe. Alors fan de l'école de Canterbury, reviens plus tard. Je vais pour commencer ce panorama vous parler des principaux groupes dont le pic de la carrière se situent dans les 70's.

Pour commencer, penchons nous sur le cas Yes. Oubliez tout de suite la très grande majorité de tout ce qu'ils ont sorti depuis 1978, le groupe perdant de l'intérêt à partir de l'album Tormato sorti cette année là. Pour moi la grande période commence avec Fragile en 72 et finit en 1977 avec Going for the one dont la pochette est soit dit en passant vraiment moche, surtout après celles réalisées par Roger Dean. Sur cette période de six ans, Yes sort cinq albums et un live qui tous marquent l'histoire du prog de façon profonde. Mais au milieu de toutes ces perles, il y en a deux qui brillent plus forts que les autres ((!) Oh oui, prends moi Marc Levy!) : Close to the edge et Tales from topographic oceans. Sur ces deux albums, et pour des résultats dans les deux cas différents, Yes fait tout mieux que tout le monde, ils sont plus techniques, leurs mélodies sont plus belles, les textes sont grandioses et les titres s'étendent en longueur. Sur Close to the edge, c'est encore raisonnable, l'album contient trois morceaux, un de 18 minutes et deux de 10 minutes mais sur Tales from... on dépassent toute idée de mesure, l'album ne contient que quatre titres, c'est un double et il dure la bagatelle de 80 minutes. Je me demande d'ailleurs, surtout en sachant qu'ils ont également sorti l'excellent Relayer la même année, comment ils faisaient pour être si productifs alors qu'à la même époque ils enchainent les tournées marathon. Ces deux albums représentent la quintessence de la musique de Yes, ils osent tout, expérimentent beaucoup, cela d'ailleurs a pour conséquence de beaucoup diviser les fans à l'époque de Tales from..., beaucoup trouvant que le groupe va trop loin. Il est certain qu'il est beaucoup plus aisé de se pencher sur un album comme Close to the edge, plus court mais pas moins intense et avec des idées dans tous les coins.

Ensuite, et là je vous parle certainement de mon groupe prog préféré, un petit détour vers King Crimson. Je vais faire exprès de ne pas évoquer le premier album In the court of the crimson king parce que je ne le connais pas bien et aussi parce qu'il est facile de trouver des milliers de chroniques fouillées de cet album sur la toile certainement plus abouties que ce que je pourrai vous en dire. Les trois chef-d’œuvres des 70's sont Larks' tongues in aspic, Starless and bible black et Red sortis respectivement en 1973 et 74 pour les deux derniers. Sur ces trois albums sont présents les titres parmi les plus emblématiques du roi : "Starless", "Fracture", "The great deceiver" et "Larks tongues in aspic". Ce qui frappe sur ces albums c'est d'abord l'extrême modernité des sons de guitares de Robert Fripp, je pense que jamais auparavant une guitare n'avais eu de sonorités si glaçantes tout en gardant un groove massif. Car chez King Crimson l'alliage batterie-guitare-basse forme, dans les passages les plus brutaux, un bloc compact, rythmique et à la force de frappe quasi tellurique. Important également, ce groupe est certainement le plus expérimental de tous ceux évoqués dans cette première partie d'article mais ceci jamais au détriment de la mélodie ou de l'accessibilité de la musique.

Pour finir, je souhaite évoquer Van Der Graaf Generator dont je ne connais pour l'instant qu'un seul album, Godbluff de 75 mais qui m'apparait déjà comme un des groupes les plus originaux de par la présence de cuivres et d'une énergie quasi punk. Les parties de claviers sont pleines de groove et portent la plupart des morceaux conjointement avec un chanteur pour le moins impressionnant de talent.

C'est fini pour aujourd'hui mais je vous promet sur ma collection de vinyles*que je vais revenir vite, en tous cas plus vite que d'habitude...

Sinon comme toujours restez cannibales!!!
*Moi à 60 ans...

29 mars 2012

La révolte des morts-vivants

Bon je me rend compte que trop souvent je parle de vieux albums ou alors de vieux groupes qui sortent encore des choses nouvelles, mais pas assez régulièrement (enfin si on peut parler de régularité dans la gestion de ce blog... Héhé) de nouveaux groupes ou de trucs vraiment récents.

D'abord, par chauvinisme primaire, parlons d'un groupe français : 7 weeks. Leur nouvel album, qui semble être leur deuxième long format, est en fait une bande original hommage à un film sur la guerre avec des zombies (si j'ai bien tout suivi) et se nomme 7 weeks plays Dead of nightJe ne connais pas du tout ce que le groupe a fait avant mais là chapeau, dans un registre stoner intelligent et qui se permet quelques expérimentations, ils ont tout bon.

On continu avec les américains de Disappears , ils existent depuis 2008 donc ce n'est pas vraiment nouveau, mais je viens juste de les découvrir et je suis en train de petit à petit tomber amoureux. Pour faire vite ils mélangent des influences Krautrock et Psyché, le tout dans un registre assez typé rock 90's (une décennie millésimée). Leur dernier LP en date s'appelle Pre language et est sorti sur Kranky.

Enfin, il faudrait que je vous parle de Pop. 1280. Mais je ne sais pas si je dois, parce que je n'ai pas encore d'avis sur la question. J'écoute, ça me trouble mais de là à savoir si j'aime vraiment, je ne suis pas encore convaincu. En tout cas, leur premier album a pour gentil nom The Horror et est sorti sur le super label Sacred Bones, donc je vous recommande de visiter la page et de découvrir les groupes (dont Zola Jesus dont j'ai déjà parlé ici).

Sinon, comme je ne peux pas m'empêcher de parler de vieux groupes tout le temps, sachez qu'en ce moment il y a plein de nouveaux disques qui sortent. Il faut jeter une oreille attentive aux nouveaux :
Mars Volta
Unsane
Meshuggah
Killing Joke (sortie le 2 avril)
Lee Ranaldo
Corrosion of Conformity

Aucun plantage à l'horizon, tous les nouveaux albums de ces groupes sont de grandes réussites. Je pense que dans la liste il y en a pour tous les goûts. Si vous avez des suggestions, vous pouvez m'en faire part sur la page Facebook du mange disque.