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1 janvier 2019

Un top et tout va mieux


    Une année réduite à dix films, dix séries, quatre livres, huit concerts et vingt-cinq disques comme autant de balises de tout ce qui s’est passé entre, d’une vie qui va, toujours et malgré tout. Excellente année 2019 à toutes et tous les cannibales !

Disques :
-Hot Snakes : Jericho Sirens
-Superchunk : What A Time To Be Alive
-Messa : Feast For Water
-Youth Avoiders : Relentless
-Thalia Zedek Band : Fighting Season
-E : Negative Work
-Veuve SS : Traître à tout
-The Messthetics
-Bison : ST
-Setsuko : The Shackles Of Birth
-Grand Final : La Mort
-Mara Jade : Na Zlomeny srdce vedes
-Ken Mode : Loved
-Thou : Magus
-Bellini : Before The Day Has Gone
-Buñuel : The Easy Way Out
-Super Unison : Stella
-Birds In Row : We Already Lost The World
-David Byrne, American Utopia
-Harms Way : Posthuman
-Pig Destroyer : Headcage
-Portrayal Of Guilt : Let Pain Be Your Guide
-Autechre : NTS Sessions
-Akitsa : Credo
-Big’N : Knife of Sin

Mention Spéciale : David Byrne et son meilleur disque depuis très longtemps. Le retour de Hot Snakes avec un disque touchant de très près la perfection. Thalia Zedek et sa magie, deux fois dans le top disques, deux fois dans le top concerts. Encore !

Concerts :
-Blockheads, Motocultor, Saint Nolff
-The Young Gods, Motocultor, Saint Nolff
-Celeste, Motocultor, Saint Nolff
-E, Espace B, Paris
-Thalia Zedek, Olympic, Paris
-Iron Maiden, Bercy, Paris
-Coil Guns, Ken Mode et Birds In Row, Petit Bain, Paris
-Rance, Ulsect et Zhrine, Olympic, Paris

Mention spéciale : Des larmes devant les Young Gods au Motocultor, un concert magique, un voyage, une grande leçon. Le nouvel album sort en févier. Vite, vite, vite !!!

Livres :
-My Absolute Darling, Gabriel Tallent, Gallmeister.
-Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, Minuit.
-Un feu dans la plaine, Thomas Sand, Les Arènes.
-L’espace du rêve, David Lynch, JC Lattès.

Mention spéciale : My Absolute Darling, un premier roman aussi brutal qu’émouvant.

Films :
-La Douleur
-Phantom Thread
-Katie Says Goodbye
-L’île aux chiens
-Plaire, aimer et courir vite
-Au Poste !
-BlacKKKlansman
-Les frères sisters
-Nos Batailles
-En liberté !

Un souvenir au fond d’une salle de cinéma (le spoil est un mythe) :
La scène finale de Katie Says Goodbye, tout est perdu pour l’héroïne, elle n’a plus rien, elle peut donc tout recommencer et tout redevient alors possible.

Séries :
-Bojack Horseman, saison 5
-Le bureau des légendes, saison 4
-Kidding, saison 1
-Forever, saison 1
-Coin-coin et les z’inhumains
-Sharp Objects, mini-série
-The Deuce, saison 2
-The Haunting of Hill House, saison 1
-Lodge 49, saison 1
-Killing Eve, saison 1

Mention spéciale : The Deuce, pour ses acteurs, sa narration et sa BO, quasiment un personnage à part entière de ce portrait du New York nocturne de la fin des 70’s.

Soigne ton foie et sois cannibale !!!

29 décembre 2016

Slacker, A top model for 2016

Avec amour mais dans le désordre :

-Aluk Todolo : Voix
-Swans : The Glowing Man
-Tortoise : The Catastrophist
-Cult of Luna/Julie Christmas : Mariner
-Rêche : Rêche
-Vektor : Terminal Redux
-Subrosa : For This We Fought The Battle of Ages
-Horseback : Dead Ringers
-Brain Tentacles : Brain Tentacles
-DIllinger Escape Plan : Dissociation
-Candiria : While They Were Sleeping
-Super Unison : Auto
-Venomous Concept : Kick Me Silly VCIII
-Gorguts : Pleiades Dust
-Mike and the Melvins : Three Men and a Baby
-Zhrine : Unortheta
-NOFX : First Ditch Effort
-Thalia Zedek Band : Eve
-Michel Cloup Duo : Ici et Là-bas
-Papier Tigre : The Screw
-Deathspell Omega : The Synarchy of Molten Bones
-Blut Aus Nord/Aevangelist : Codex Obscura Nomina
-Antaeus : Condemnation
-Bölzer : Hero
-Khemmis : Hunted
-Violent Magic Orchestra :Catastrophic Anonymous

Rééditions :

-White Zombie : It Came from NYC
-Blonde Redhead : Masculin-Féminin

Concerts :

-Aluk Todolo à l'église Saint Merry
-Clutch au Trianon
-David Gilmour au château de Chantilly
-Shellac à la Gaité Lyrique
-Tortoise à Villette Sonique
-Unsane à Main d'Oeuvre
-Subrosa à l'Espace B

Films :

-La Fille Inconnue
-Midnight Special
-Premier Contact
-Café Society
-Elle
-L'Avenir

3 octobre 2016

Le Monde aveugle

Cela fait bien trop longtemps que je n’aie pas parlé de screamo. On répare ça tout de suite avec la démo de Rêche, un groupe allemand qu’il est bon.
Du haut de ces six titres, Rêche nous contemple et nous assène un screamo teinté d’emoviolence d’une trempe telle que je ne me souviens plus de la dernière fois qu’un groupe du genre m’a fait à ce point tourner la tête. La démo se déroule sans temps mort, simplement entrecoupée d’extraits de films forts à propos et dans la grande tradition. Les six compos filent sans qu’on ne s’ennuie un seul instant et ont la grâce des morceaux qui marquent.
On connait le piège de l’emoviolence qui peut facilement tomber dans le vide du mur sonore sans attrait, de la platitude creusant l’ennui. Rêche évite cet écueil en beauté et nous livre une démo transpirant le travail bien fait, la passion suintant par tous les bords de la bande enregistrée. Encore, vite !
« Est-elle mieux la vie sans yeux ? » La Vie sans yeux, Rêche.

La Foire des ténèbres

Mieux vaut tard que jamais, un top 2015 pour dire au revoir à une année qu'on a été plutôt content de quitter. Des disques définitifs (Goatsnake), des bons qualitatifs qui frisent la perfection (Sofy Major) et des découvertes qui ne cessent pas de revenir nous hanter (Big Brave).
-Goatsnake : Black Age Blues.
-Steve Von Till : A Life Unto Itself.
-Battles : La Di Da DI.
-Clutch : Psychic Warfare.
-Zombi : Shape Shift.
-Faith No More : Sol Invictus.
-Lou Barlow : Brace The Wave. 
-Built To Spill : Untethered Moon.
-Glaciation : Sur Les Falaises de marbre.
-Oneohtrix Point Never : Garden Of Delete.
-The Saddest Landscape : Darkness Forgives.
-Sofy Major : Waste.
-Big Brave : Au De La.
-All Them Witches : Dying Surfer Meets His Maker.
-Sed Non Satiata/Carrion Spring : Split.

13 novembre 2014

De Beaux lendemains

Salut vieille carne, ça fait longtemps, c’est vrai qu’on n’a plus le temps de prendre des nouvelles et qu’on est un peu happé par le vide qui nous entoure et finira certainement par nous dévorer. Charmant programme, n’est-il pas ? Il était donc grand temps de revenir papoter musique et récemment la bonne nouvelle, c’était le retour du chanteur d’AmandaWoodward avec un tout nouveau groupe basé en Espagne : RouilleOn tue ici est un bout de vinyle oxydé qui s’écoute très fort.

Un vieux chanteur bien de chez nous voyait la rouille « comme une déchirure, une blessure qui ne guérira pas » (tralala), ici la rouille c’est cette couche sale qui finit par s’agglomérer sur les armes qu’on a depuis trop longtemps déposées. Chez Rouille, il n’est jamais question d’un quelconque espoir ou d’une envie d’aller de l’avant, d’essayer d’y croire, mais plutôt de faire le froid constat qu’à force de tenter et de faire, il ne reste que de l’usure et du cynisme.

Les textes sont tous emplis d’une résignation glaciale qui dépeint ceux qui n’ont pas réussi à aller au bout de leur idéalisme. « On avait failli être bien, pas longtemps on en était pas loin. » Ainsi, tous les combats menés semblent lointains et le présent d’autant plus douloureux que le but a été parfois palpable : « voler, s’envoler mais jamais décoller ». Si aujourd’hui est bien sombre, le disque se termine par une évocation du futur encore plus noire : « on aura une autre gueule, on sera sales et seuls ».

La musique est ici l’illustration tangible de cette désillusion, Rouille pratique un screamo lent, comme dépossédé de tout entrain, les émotions dont le genre est le vecteur sont ici réduites à leur part la plus négative. Certains passages instrumentaux post-rock assurent le même résultat fait de lenteur et d’obscurité, apportant cette sensation que la musique de Rouille ne peut pas décoller ou aller vers la lumière. De tous ces éléments naissent l’impression que le tout est écrasé par un poids, comme la rouille qui recouvre la pièce qui illustre la magnifique pochette du LP.

On tue ici 
est un disque court, fruit d’une passion palpable pour la musique bien ouvragée. Comme si au moment où on avait perdu toute envie pour le reste, il restait ce besoin de faire cela de la plus belle façon qu’il soit, avec honnêteté et sans aucun autre but que de le faire. Un disque qu’on n’attendait pas et qui se révèle tout simplement nécessaire.


« Ivre de périr au feu, libre de mourir au fond, ivre de subir le jeu, libre de souffrir le peu, de ce qu’il nous reste au fond, bien pire que des enfants. » « Même au vent je mens », Rouille.



Laisse-toi lentement oxyder et sois 
cannibale !

27 mars 2014

La Nuit

L'année passé, The Saddest Landscape a sorti deux EP, l'un est un split avec My Fictions et l'autre un 5 titres qui condense ce que le groupe sait faire de mieux : nous émouvoir et nous bluffer. L'hiver était gris mais si on les aime bien comme ça c'est parce que la musique du groupe sied merveilleusement à la nuit, à la pluie et au froid. Mais une éclaircie n'est jamais loin. Retour sur émotions.

Tout d'abord ce split. Je ne connaissais pas My Fictions et le court titre présenté ici ne m'a pas spécialement secoué les glandes lacrymales pour en faire des bâtons de pluies. Rien de très originale à l'horizon mais un screamo pêchu de bonne facture. Puis vient le gros morceau, "When You Are Close I'm Gone", collaboration de 13 minutes entre ceux-ci et The Saddest Landscape et alors là mes enfants tenez vous bien. Rarement un titre de screamo n'a su résumer en presque un quart d'heure un genre à lui tout seul, synthétisant tous les courants, toutes les émotions que ce style contient. Tour à tour violent, beau et sensible, ce morceau est une montagne russe émotionnel, un voyage cristallin riche de magie. La superbe progression qui s'installe tout au long de ces miraculeuses minutes permet au propos de réellement gagner en profondeur et en intensité. Magnifique exercice, leçon de style."Loss Will Find Us" est un tourbillon rythmique terriblement dense pour un titre typique de TSL, avec un peu surprenant mais magnifique passage parlé. Chez eux, ça marche à tous les coups les coups alors pourquoi se priver ?

Exit Wounded  est le disque que je n'aurai jamais osé espérer de la part des américains. Jamais un de leurs disques ne m'a tenu captivé sur la longueur avec autant d'aisance. Chaque titres, chaque changements de structures rythmiques sont une totale réussite de composition, de capacité à émouvoir et d'aménagement de l'espace sonore. Pour ce dernier point, et à mon modeste point de vue, jamais le groupe n'avait réussi sur un disque entier à occuper l'espace sonore de façon aussi riche et complète. Chaque instrument est à sa place, aucun passage d'ennui ou de redite. Le choix du format du disque semble alors parfait car il forme un bloc idéal, l'excellence de chacun des morceaux créant une sorte de cohésion. Je m'étonne qu'on n'est pas plus entendu parler de ce disque qui, si il ne bouscule pas les cadres bien établis de sa musique, montre le groupe au meilleur de sa forme. Un classique quasi instantané fait d'une poignée de titres dont on n'arrive pas à se lasser. Vivement la suite !

"La musique est la langue des émotions." Kant

Écoute trop de musique et sois cannibale !

9 décembre 2013

L'Empire des sens

Sed Non Satiata est un des meilleurs représentants du Screamo à la française, actif depuis 2005. Après une pause de trois ans jusqu'en 2011 et la sortie d'un superbe EP éponyme, ils reviennent aujourd'hui avec un nouveau LP enregistré dans le mythique studio Electrical Audio de Chicago.

Mappō en japonais c'est la dernière des trois ères qui composent un cycle dans la cosmologie du bouddhisme. Autant vous dire que ce n'est pas ça qui m'a aidé à entrer dans le nouvel album des toulousains. Car oui, j'ai véritablement eu du mal, depuis les premiers titres postés sur leur Bandcamp jusqu'au moment où j'ai pu entendre le disque en entier, je suis resté sur le bord du quai. Et c'était frustrant car je pressentais que si j'arrivais à sauter dans un wagon, j'aurai envie de me balader dans tout le train, de m'y perdre encore et encore. Je ne sais pas ce qui me donnait cette certitude mais il fallait que je m'acharne.

Alors je l'ai bouffé cet album, par petits bouts et en entier, en travaillant ou en lisant, dans le train ou mon salon, avec des amis et seul. Et petit à petit, j'ai réussi à me sentir à l'aise.
« Extrospection »et son riff de guitare, des fragments de textes qui me parlaient et même si l'ensemble me semblait toujours opaque, à cause de ce chant que je n'arrivais pas à m'approprier, une sensation faisait son chemin en moi, lentement. Et après un grand nombre d'écoutes, tout à fini par s'éclaircir.

Depuis je fais les cent pas à l'intérieur de ce disque, je m'y perds encore souvent, mais dans chacun de ses morceaux je sais retrouvé tout ce qui me plaît chez Sed Non Satiata. Une capacité à créer des ambiances qui collent si parfaitement à nos émotions et un sens de l'architecture musicale proprement renversant. Il n'y a qu'à écouter les huit minutes de « Soma » pour se rendre compte de cela, alors pourquoi aie-je mis si longtemps avant de l'entendre ? Certainement parce que le Screamo est musicalement tellement codifié qu'il est rare d'entendre un groupe sachant sublimer ces codes pour faire entendre sa singularité. Sed Non Satiata est clairement de ceux-là et vient de nous offrir un disque dont on se souviendra longtemps. Dans ce style musical où les surprises sont rares on n'avait pas vu ça depuis Y de Daïtro et c'était il y a quatre ans déjà.

« La singularité est subversive. » Edmond Jabès.

Sois Cannibale !

10 mars 2013

Eternal Sunshine of the spotless mind

Cela fait un peu trop longtemps que je n'ai pas posté. Ce n'est pas sérieux, je le sais bien. J'ai, malgré tout, écouté énormément de musique pendant ces quelques semaines et pris aussi quelques vacances imméritées, comme toujours. Parlons peu, parlons bien, discutons de The Saddest Landscape et de leur petit nouveau : After the light.

The Saddest Landscape n'est pas un groupe de screamo, il est le screamo. Rarement le genre n'aura été porté non comme un étendard mais comme une seconde peau, forcément couverte de plaies. A vif. La musique du groupe transpire l'honnêteté, la vie qui blesse et qui élève, celle qui nous condamne et nous sublime. Le chant de Maddox est encore une fois empli de grâce et de douleur, qu'il crie, hurle ou parle simplement, portant dans sa voix les émotions de chaque mot prononcé.

Il est des disques qui vous accompagnent dans les moments forts du quotidien, qui vous transportent vers ce que vous cherchez et vous aide à déplacer des montagnes. De ceux qui construisent autant votre identité que l’œuvre d'un groupe. After the light est clairement un digne concurrent de cette catégorie, de celle qui vise à la pureté. Il suffit ici de sept petits titres pour que la magie opère.

Quand les quelques minutes que compte le disque s'achèvent pour la première fois, la force et l'intensité qui se dégagent de cette musique vous marquent au fer rouge, pour ne plus jamais vous lâcher. Il est parfois émotionnellement éprouvant d'écouter cet LP, d'autres fois, la lumière qui s'en échappe vous éblouit et vous captive comme celle filtrant au travers d'un vitrail.

Le meilleur terme pour décrire ce déferlement sonore serait, me semble-t-il, celui de "passion". Passion pour une scène, un héritage musical sans concession, mais également passion pour la vie, pour le combat qu'elle représente. Un combat se menant avec fierté, la gorge déployée et les poings serrés. Ici, la musique transpire la rage et la conviction, la nécessité d'avancer, coûte que coûte.

Prend le soleil et sois cannibale.

24 juillet 2012

Le Cri

  Youpi me revoilou!!
Il n'y a pas si longtemps, je vous avais parlé de Daïtro, groupe emblématique du Screamo à la française. En me replongeant dans d'autres disques proches de ce style, je me suis dit que ça pourrait être bien de faire une sorte de panorama de cette scène, sans être exhaustif (par obligation) ou objectif (par mauvaise fois). Il y a donc des groupes emblématiques dont je ne parlerai pas et d'autres bien moins connus mais dont je vous dirai qu'ils ont sauvé le monde. Oui, oui, et je pèse mes mots.

Déjà, rassurez-vous je ne parle pas ici de musique à mèche pour ados attardés qui s'éclairent à la bougie mais bien d'une musique découlant du HardCore et véhiculant ses idéaux et ses valeurs. Lesquels sont bien éloignés de l'auto-apitoiement  pleurnichard et de la prostitution de masse auprès des grosses maisons de disques.

Commençons d'ailleurs par Orchid, ce groupe du Massachusetts sans concession n'a pas plus à voir des mécheux qu'avec Dick Rivers. Leur discours et leur musique sont un affront, un cri de résistance. Ils n'ont sorti que trois albums mais ils sont tous devenus des références, tous publiés par l'excellent Ebullition records. Leur guitariste a par la suite rejoint Ampere, groupe toujours en activité et dont la grosse discographie comporte, outre un seul LP, une quantité de splits avec la fine fleur mondiale de la scène Emo/Screamo (on y retrouve Daïtro). Cela va en énerver certains, mais ce sera tout pour les USA même si j'aimerai dire tout le bien que je pense de Jerome's Dream dont on n'entend jamais parlé et qui pourtant est une comète (1997-2001) dont le passage aura laissé beaucoup de traces. Il existe une disco complète sur deux CD vendue pour rien chez le très bon MusicFearSatan.

Partons maintenant pour l'Europe et plus précisément l'Italie pour parler du grand Raein. Il faut, quand on s'intéresse de près ou de loin à cette scène, écouter avec attention leur excellentissimo Il n'y a pas d'orchestre. Je le dis souvent dans ces pages mais il n'y a pas de mot pour décrire la large palette d'émotions abordées dans ce disque. Il est arrivé à surprendre en étant super bien construit et riche et, dans le même temps, il est empli d'une énergie juvénile simple et direct. Un classique! Un mot rapide sur La Quiete que j’apprécie un peu moins mais qui est un des principaux groupes italiens. On fini avec The Death of Anna Karina, dont la particularité est d'intégrer des sons de claviers et de synthés. Je vous recommande leur premier LP éponyme.

Transition toute trouvée vers la France et The Flying Worker puisqu'ils ont partagé un split 7'' avec The Death of Anna Karina. Le témoignage du groupe rennais est bref, 10 titres en tout, mais au combien intense. Je suis de parti pris mais il me semble bien que c'est un des groupes les plus originaux, avec un son bien à eux et beaucoup de travail sur les ambiances. On ne peut pas omettre de parler d'Amanda Woodward, avec là aussi une originalité dans les sons développés, emprunts de dub et de post-rock. Les textes du groupe de Caen sont aussi très très bien foutus, réfléchis et facilement reconnaissables. Un groupe pas super connu, qui n'a sorti qu'une démo et un 9'', Kiss the Bottle. Il est d'ailleurs, entre autre, constitué d'anciens Flying Worker et Amanda Woodward. C'est un de mes préférés avec des sons bruts de décoffrage et des plans super bien foutus à la batterie.

On part vers le Japon et là ceux qui connaissent au moins un groupe de Screamo connaissent forcément... Envy! Même si depuis quelques années leur son se diversifie vers quelque chose de beaucoup plus post-rock, le chant hurlé est toujours là et toujours aussi reconnaissable. Le groupe est réputé pour ses magnifiques ambiances, pour les cassures superbement amenées entre passages violents et accalmies et les passages de spoken word en japonais. Un groupe qu'il faut voir sur scène, tant ceci est une véritable expérience introspective, quelque chose qui transcende et ce malgré la barrière de la langue. Le groupe existe depuis vingt ans et a déjà sorti cinq LP et une dizaine d'EP et de split, dont un avec les franco-suisses d'Iscariote.

C'est fini pour aujourd'hui. N'hésitez pas à venir m'engueuler en commentaire si votre groupe fétiche manque à l'appel! Stay cannibal and positive...

30 mai 2012

echoes from the sonic youth

Je n'avais pas spécialement prévu cela mais je tiens aujourd'hui à vous parler d'un groupe que j'apprécie particulièrement pour différentes raisons, parfois extra musicales : Daïtro. Le groupe se forme à Lyon autour de 1999 et se sépare en 2009, bien qu'il donne encore quelques concerts de façon ponctuelle comme cela est le cas cette année. Sur cette période de 10 ans, Daïtro sort deux 7'', un EP, quatre splits et deux albums, vous pouvez en trouver le détail sur Discogs.

Je vais me concentrer ici sur les deux LP, en commençant par Laissez vivre les squelettes. Cet album, sorti en 2005 est aujourd'hui un classique du screamo puisque c'est bien de ce style musical qu'il s'agit ici. Mais Daïtro sait y mettre ce qu'il faut de personnalité et d'émotion pour échapper aux clichés, nombreux, relatifs au genre. La musique et les thématiques du disque sont assez sombres, en témoigne le titre "Trois murs pour la salle de torture " qui est une mise en musique d'un poème d'un prisonnier palestinien. Mais malgré certains thèmes difficiles abordés de manière frontale, il se dégage de la musique du groupe une sorte d'espoir, comme la conscience d'une lumière au bout du tunnel. Le fait que chaque émotion soit retranscrite de manière extrême, à fleur de peau, fait ressortir de l'écoute de ce disque avec la sensation d'être vivant, d'avoir goûter à quelque-chose d'humainement puissant. Car ici la violence n'est jamais gratuite ou démonstrative mais bien au service de sensations, d'impressions et de messages même si ces derniers restent assez opaques. Un album au premier abord pas simple à apprécier mais qui, au fil des écoutes, se révèle riche en ambiances, en mélodies et déclencheur de réflexions sur des sujets susceptibles de tous nous toucher à divers degrés. 

Passons maintenant au dernier LP, Y. Ce disque a une place importante pour moi car c'est avec cet album que j'ai découvert Daïtro et que j'ai commencé à m'intéresser plus profondément à la scène screamo et emo-hardcore. Il est aussi intimement lié à une période importante de ma vie mais cela tout le monde s'en fout et heureusement (Le Mange-disque cannibale n'ayant pas vocation à être un blog narcissique pour raconter ma vie mais juste à parler de musique). Je pense que ceci est malgré tout important à dire car cet album a une dimension émotionnelle, autant dans les textes que dans la musique, qui frappe l'auditeur et le marque durablement. Les textes sont tout à la fois brutes et porteurs d'une sorte de poésie de l'instant, ils arrivent à être engagés tout en étant intimes et beaucoup plus lumineux que sur les précédentes productions du groupe. Musicalement, la richesse mélodique et rythmique au service des ambiances et du propos de l'album crée un ensemble de morceaux peu vu dans ce style musicale. D'ailleurs, peut-on encore ici parler de screamo ou d'emo sans être terriblement réducteur voire même passer à côté du contenu? Chaque titre développe tour à tour des ambiance math-rock (magnifique pont sur le 7e morceau), noise ou punk sans que cela n'entame la cohésion très forte de l'album. Les références, comme celle au groupe La Rumeur, qui surgissent tout au long des textes sont aussi au service d'un propos riche et construit dans lequel Daïtro nourrit son identité propre. Je pourrai parler des heures de chaque texte, de leur échos philosophiques et de la dimension contemplative de certaines mélodies mais je vous laisse les découvrir par vous-même. En espérant vous avoir donné l'envie de vous pencher sur ce groupe vraiment passionnant.

Le groupe étant splitté, ses membres sont actifs dans plusieurs formations cools comme Bâton Rouge, 12XU ou encore Ancre. jetez une oreille curieuse à tout cela et restez cannibales!