30 août 2012

Videodrome

  Vous allez sûrement vous demander quel groupe j'ai associé à ce superbe film de David Cronenberg qu'est Videodrome ? La réponse est loin de tomber sous le sens puisque aujourd'hui je parlerai du groupe de pop indé Pinback. Pinback est beau, Pinback est sensible autant que Videodrome est dérangeant et fou.

Oui, mais voilà, pour ceux qui ne connaissent pas le film, videodrome est une tumeur qui rend les gens fous, dépendants à une série de vidéos. Dès le premier visionnage d'une vidéo du programme, des symptômes apparaissent : hallucinations, addictions. Il en va de même avec Pinback. J'ai écouté ce groupe pour la première fois il y a moins d'un mois, rien que le clip d'un titre issu de Autumn of the seraphs. Depuis j'ai acheté ce dernier, téléchargé d'autres albums parce que je ne pouvais pas attendre pour en écouter plus. Il a suffit de ce premier clip pour que je devienne fou de ce groupe, que j'en parle à mes amis, à mon chat (?).

Pinback c'est une idée toute simple mais poussée dans ses limites : de la mélodie, encore de la mélodie. C'est le groupe par excellence dont on peut aimer la musique dès les premières secondes d'écoute. Le plus terrible dans tout ça, c'est que ça marche avec tous leurs titres. Pire, à chaque écoute renouvelée, l'effet de surprise passé, chaque titre possède encore ce côté attractif. Je crois tenir le groupe dont je peux écouter chaque chanson cinquante fois d'affilées, avec un plaisir toujours renouvelé.

Le secret ? Deux voix qui se répondent, s'entremêlent, belles mais jamais sirupeuses, chaudes. Surtout, dans chaque morceau, il y a des gimmicks mélodiques dans tous les coins, chaque écoute apporte une découverte. Cette musique est directe, elle touche au but simplement mais, comme si chaque morceau était fait de plusieurs, on la découvre encore et encore, c'est chaque fois nouveau et chaque fois meilleur parce qu'on retrouve ce que l'on aime, couplé à ce que l'on découvre. Et je pense que ça n'a pas de fin. On ne finit pas de découvrir une chanson de Pinback, ce sont des magiciens, des orfèvres, que voulez-vous.

Sans aucune exagération (vous me connaissez...), ce groupe change mon quotidien. Pour commencer, ça donne de l'espoir de voir la tête du guitariste, il est gros, il est poilu et il s'habille comme moi le dimanche quand je reste devant mon ordi à comater. Lorsque je marche dans la rue, écoutant Summer in abaddon, il m'arrive de sourire bêtement, de trouver les gens beaux. Pinback déplace de telles montagnes mélodiques, le fait avec tant de grâce, de finesse, que tout parait possible.

C'est drôle car je connaissais le groupe de nom depuis dix ans, et je n'avais jamais eu la curiosité d'écouter. Je pensais que c'était un groupe de pop indé parmi d'autres. Finalement c'est LE groupe de pop intelligente. Je suis content de m'être réservé cette surprise musicale sans le savoir. Quand je pense que cela ne fait qu'un mois que j'écoute ce groupe, j'ai déjà oublié ce que c'était que d'écouter de la musique sans connaitre Pinback. Étais-je heureux avant cela? Certainement, mais je crois que j'attendais ce groupe sans en avoir conscience.

Je sais maintenant pourquoi je suis cannibale, pour ne pas passer à côté de groupe comme Pinback. C'est la rentrée alors, entre deux courses pour acheter des cahiers, un nouveau sac à main, un costard ou que sais-je encore, arrêtez vous trois petites minutes, écoutez n'importe quelle chanson de Pinback et soyez content d'être là. Le nouvel album s'appelle Information retrieved et sort le 16 octobre prochain, je vous en parlerai forcément. En attendant soyez curieux, cannibales et aimez le mange-disque sur Facebook.

22 août 2012

Les Mathématiques expliquées à mes filles

  Vous savez mes enfants que les maths ce n'est pas toujours ce que l'on croit ? Il est temps, maintenant que vous êtes grandes que je vous révèle les secrets sur la matière que vous détestez à l'école. La matière que tout le monde déteste et qui pourtant est la seule chose sur terre qui arrive à me faire danser...

Je me souviens que ça a commencé en 2011, votre père m'a fait écouter le premier disque de Battles, Mirrored, juste avant que le groupe ne sorte Gloss Drop. Quand ce dernier est enfin arrivé dans notre boite aux lettres par un matin de mai et qu'on a pu le mettre dans la platine, des équations fluo ont commencé à danser sur les murs. J'avais envie de porter des grosses lunettes et de me mettre à lire des bouquins de vulgarisations algébriques. Je voyais la liberté dans des additions de chiffres et de symboles. Ce n'était pas nouveau pourtant le Mathrock, mais pour la premier fois c'était fun, dansant, coloré. 

Rien que le line-up du groupe me faisait rêver, Ian Williams, ancien de chez Don Caballero et puis surtout John Stanier, batteur sur tous les meilleurs albums d'Helmet et dans les géniaux Tomahawk. Pour la première fois, voir des vidéos live d'un groupe était toujours excitant, alors les voir sur scène, vous imaginez! Quand Ian Williams danse sur scène entre ses synthés, ses pieds dessinent des représentations de fractales...

Le groupe réussissait l'exploit de mélanger l'héritage du rock indé ricain des 90's avec de l'afrobeat, de l'electro, une touche de musique expérimentale. Et le tout n'était jamais pompeux, au contraire, c'était une musique complexe, très travaillée mais elle était directe, rock. Quand vous écoutez le deuxième album pour la première fois, chaque morceau, dès les premières notes, vous donnent le sourire. Et ça sera toujours comme cela par la suite, à chaque écoute, même après l'avoir usé pendant un an. Parfois vous aurez envie de saisir la trame mathématique, les arythmies, de comprendre tout ce que fait chaque instrument. Vous vous perdrez, vous vous rendrez compte que cette musique est aussi dansante que progressive, aussi fun que complexe. Comme si on tenez enfin le groupe pouvant réconcilier les fans de Rush et ceux de l'IDM la plus dancefloor.

Voilà, vous connaissez maintenant le secret des mathématiques. Elles peuvent être un pont entre le geek à grosses lunettes et le fluo kid le plus remuant. Tout cela par la grâce de trois alchimistes hyper inventifs. C'est comme ça que cela s'est passé, du jour au lendemain j'ai trouvé les maths sexy. Incroyable non?

Alors soyez cannibales et, qui sait, un jour, la physique quantique fera peut-être planer des gamins dans des clubs moites...

11 août 2012

Escape from New York

  Une Question pour commencer. Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que vous aimeriez écouter comme musique si vous étiez un des personnages prisonniers de la ville-prison dans Escape from NY de Carpenter ? Ah ce que j'aimerai être une sorte de hors-la-loi demi-cyberpunk sans moyen vivant sans entrave parmi les restes de la grosse pomme... Pas vous? Et ça serait pas mal de s'écouter le dernier A Place to bury strangers au casque en marchant à travers les débris de la civilisation... Le rêve!

Déjà, j'ai découvert les albums précédents il n'y a que quelques mois, parce qu'avant j'étais perdu dans un visionnage en boucle de la filmographie de Carpenter. Et aussi parce que je partais avec un à priori qu'on a parfois, celui de penser qu'on n'a même pas besoin d'écouter un groupe pour savoir que l'on ne va pas aimer ce qu'il fait. Il suffit qu'on n'aime pas sa gueule, son nom, les gens qui en parlent ou autre et paf, on passe à côté de son groupe préféré. Parce que oui, depuis que j'ai découvert Exploding head (2009), APTBS est mon nouveau groupe fétiche, celui dont j'aime parler avec mes amis ou avec mon chat (?), celui qui me donne envie de remonter un groupe. Et ça, c'est une bonne surprise pour un groupe dont j'avais même pas envie d'écouter la musique. Con que j'étais.

Puis, en juin arriva leur dernier bébé, Worship, venant confirmer tout le bien que je commençais à penser d'eux. J'avoue ne pas m'être pris une aussi grosse claque qu'avec le précédent, la faute à l'effet de surprise passé, à un album moins frontal. Mais attention, n'allait pas croire que j'en dis du mal, worship est juste différent, autre, plus calculé, plus travaillé. C'est un album qu'on peut écouter de nombreuses fois avant de tout cerner, avant de s'y reconnaitre complètement.

Il faut dire que la première fois qu'on entend cette musique et que c'est assez loin de ce qu'on écoute habituellement, c'est déroutant. Déroutant mais terriblement attractif. Pour ma part je me souviens avoir écouté un morceau comme ça pour voir et m'être dit "ouais c'est bizarre mais intéressant". Le truc, c'est que le lendemain j'ai écouté tout Exploding head en boucle pendant toute une soirée et depuis c'est un peu comme ma maison. Ou plutôt comme mon squat quelque part dans un New York de cauchemar, dans lequel Kurt Russell viendrait vider des bouteilles d'alcools de contrebande assis sur des barriques en acier...

"Mais sinon tout ça c'est bien" me direz-vous, "mais ça sonne comment ?" Alors c'est une sorte de savant mélange de cold wave, d'indus, de shoegaze avec peut-être un peu d'EBM mais tout ça garanti sans synthé mais avec l'apport de pédales d'effets maisons (le guitariste-chanteur a une boutique de pédales que toutes les stars s'arrachent). C'est noise, le son apparait comme dilué et en même temps comme si tout était poussé au maximum, avec par dessus tout ça une voix vaporeuse, grave et profonde. Il faut vraiment écouter et prendre le temps pour vraiment pouvoir trouver ça jouissif et ne plus être capable de s'en défaire.

Je ne vous parlerai pas de chaque morceau en particulier même si "Alone", "Mind control", "Fear", "dissolved", "Revenge" et "And I'm up" sont ceux qui ressortent en premier ayant chacun un truc en plus qui saute aux oreilles. La dernière citée est d'ailleurs la plus grosse réussite de cet album, un titre vraiment parfait, direct et évident, beau.

Je ne sais pas si j'ai réussi à vous donner envie de découvrir ce groupe, mais si vous ne le connaissez pas encore, foncez! Vous ne serez pas déçu! Parole de cannibale!

9 août 2012

Le bruit et la fureur


  Salut! Je deviens de plus en plus régulier sur ce blog et j'ai surtout de plus en plus d'idées d'articles. Une fois n'est pas coutume, le titre de ce post m'est venu avant de savoir de quoi j'allai parler. Enfin, comme souvent, j'avais quand même envie de vous parler de bruit et puis, si je le pouvais, je ne donnerai que des titres de bouquins de Faulkner à chacun de mes posts. Mais bon faut pas rêver non plus, ça ne marcherai pas. Le but de cet article est de parler de plusieurs groupes Noise qui font l'actu en générale ou simplement celle de ma platine en particulier. Et à part une petite exception américaines, tous les groupes cités sont français. C'est cool de savoir qu'il se passe de si bonnes choses sur la scène indé de notre petit pays pas super rock 'n' roll.

On commence donc par Hawks, super groupe d'Atlanta, donc le dernier disque, pushover, est distribué en Europe par Rejuvenation. Une sorte de condensé du meilleur de la Noise ricaine des 90's mais en plus fou, en plus gras, en plus malade. Ils seront en tournée en France début septembre en compagnie de Café Flesh.

Sans transition... Café Flesh. Lions will no longer be kings, le dernier disque de ce groupe de Jarnac sorti sur Head records est une petite tuerie insidueuse, à base de saxo pour charmer les cochons que nous sommes tous. La tournée commune avec Hawks est également l'occasion de la sortie d'une split sous la forme d'un double 7".

Quelques mots sur Choochooshoeshoot. Leur petit dernier, Playland, est sorti grâce aux efforts conjoints de Rejuvenation et de Kythibong, le label nantais vraiment super cool et à qui l'ont doit beaucoup des meilleurs disques français sortis ces 3 dernières années. Chez Choochooshoeshoot, le propos est punk et rêche, cela est notamment dû à la voix de la chanteuse, habitée, remuante et toujours captivante. J'ai dû prendre le temps de plusieurs écoutes avant de pouvoir me laisser séduire par le côté insidieux des morceaux. Maintenant je suis en passe de devenir dépendant et j'ai peur (héhé).

Encore sur Kythibong, le dernier Fordamage, Volta Desviada, est un de mes préférés de cette petite liste et ce alors même que je ne commence qu'à découvrir ce disque. Je ne connais pas du tout les albums précédents et lorsque j'ai entendu celui-ci pour la première fois, c'est simple, tout m'a séduit, le son de grattes, les alternances entre les voix (les quatre membres chantent), le côté mathy, etc. Je ne peux pas vraiment en dire plus après quelques petites écoutes, mais ce groupe va devenir un de mes préférés. Ce n'est pas tous les jours que ça arrive. Enjoy!

Une nouvelle fois sur Kythibong (eh oui!) et même si ce disque est sorti il y a près de deux ans, Room 204 (avec des mecs de Papaye et Papier tigre) est un groupe qui squatte encore régulièrement ma platine et qui m'étonne toujours. Pourtant ce n'est qu'un duo Guitare-batterie comme il y en a tant. Mais il y a ici des choses en plus, une science du morceau parfait, attractif et déroutant. Il y a certains breaks que j'aimerai pouvoir écouter en boucle pour ne plus jamais les oublier. Ce n'est encore une fois pas tous les jours que l'on tombe sur un groupe aussi riche.

La liste ici présentée est loin d'être un tour d'horizon exhaustif de tous les bons groupes Noise et assimilés en France. Penchez une oreille attentive sur Marvin, Pneu, Komandant cobra, Passe-montagne. Restez curieux, supportez la scène locale et bouffez de la musique, un bon remède contre la monotonie. Cannibalism is the way!





24 juillet 2012

Le Cri

  Youpi me revoilou!!
Il n'y a pas si longtemps, je vous avais parlé de Daïtro, groupe emblématique du Screamo à la française. En me replongeant dans d'autres disques proches de ce style, je me suis dit que ça pourrait être bien de faire une sorte de panorama de cette scène, sans être exhaustif (par obligation) ou objectif (par mauvaise fois). Il y a donc des groupes emblématiques dont je ne parlerai pas et d'autres bien moins connus mais dont je vous dirai qu'ils ont sauvé le monde. Oui, oui, et je pèse mes mots.

Déjà, rassurez-vous je ne parle pas ici de musique à mèche pour ados attardés qui s'éclairent à la bougie mais bien d'une musique découlant du HardCore et véhiculant ses idéaux et ses valeurs. Lesquels sont bien éloignés de l'auto-apitoiement  pleurnichard et de la prostitution de masse auprès des grosses maisons de disques.

Commençons d'ailleurs par Orchid, ce groupe du Massachusetts sans concession n'a pas plus à voir des mécheux qu'avec Dick Rivers. Leur discours et leur musique sont un affront, un cri de résistance. Ils n'ont sorti que trois albums mais ils sont tous devenus des références, tous publiés par l'excellent Ebullition records. Leur guitariste a par la suite rejoint Ampere, groupe toujours en activité et dont la grosse discographie comporte, outre un seul LP, une quantité de splits avec la fine fleur mondiale de la scène Emo/Screamo (on y retrouve Daïtro). Cela va en énerver certains, mais ce sera tout pour les USA même si j'aimerai dire tout le bien que je pense de Jerome's Dream dont on n'entend jamais parlé et qui pourtant est une comète (1997-2001) dont le passage aura laissé beaucoup de traces. Il existe une disco complète sur deux CD vendue pour rien chez le très bon MusicFearSatan.

Partons maintenant pour l'Europe et plus précisément l'Italie pour parler du grand Raein. Il faut, quand on s'intéresse de près ou de loin à cette scène, écouter avec attention leur excellentissimo Il n'y a pas d'orchestre. Je le dis souvent dans ces pages mais il n'y a pas de mot pour décrire la large palette d'émotions abordées dans ce disque. Il est arrivé à surprendre en étant super bien construit et riche et, dans le même temps, il est empli d'une énergie juvénile simple et direct. Un classique! Un mot rapide sur La Quiete que j’apprécie un peu moins mais qui est un des principaux groupes italiens. On fini avec The Death of Anna Karina, dont la particularité est d'intégrer des sons de claviers et de synthés. Je vous recommande leur premier LP éponyme.

Transition toute trouvée vers la France et The Flying Worker puisqu'ils ont partagé un split 7'' avec The Death of Anna Karina. Le témoignage du groupe rennais est bref, 10 titres en tout, mais au combien intense. Je suis de parti pris mais il me semble bien que c'est un des groupes les plus originaux, avec un son bien à eux et beaucoup de travail sur les ambiances. On ne peut pas omettre de parler d'Amanda Woodward, avec là aussi une originalité dans les sons développés, emprunts de dub et de post-rock. Les textes du groupe de Caen sont aussi très très bien foutus, réfléchis et facilement reconnaissables. Un groupe pas super connu, qui n'a sorti qu'une démo et un 9'', Kiss the Bottle. Il est d'ailleurs, entre autre, constitué d'anciens Flying Worker et Amanda Woodward. C'est un de mes préférés avec des sons bruts de décoffrage et des plans super bien foutus à la batterie.

On part vers le Japon et là ceux qui connaissent au moins un groupe de Screamo connaissent forcément... Envy! Même si depuis quelques années leur son se diversifie vers quelque chose de beaucoup plus post-rock, le chant hurlé est toujours là et toujours aussi reconnaissable. Le groupe est réputé pour ses magnifiques ambiances, pour les cassures superbement amenées entre passages violents et accalmies et les passages de spoken word en japonais. Un groupe qu'il faut voir sur scène, tant ceci est une véritable expérience introspective, quelque chose qui transcende et ce malgré la barrière de la langue. Le groupe existe depuis vingt ans et a déjà sorti cinq LP et une dizaine d'EP et de split, dont un avec les franco-suisses d'Iscariote.

C'est fini pour aujourd'hui. N'hésitez pas à venir m'engueuler en commentaire si votre groupe fétiche manque à l'appel! Stay cannibal and positive...

10 juillet 2012

Les 120 journées de Sodom part 1

 Aujourd'hui, je m'attaque à un résumé, forcément incomplet, de la discographie de Mike Patton. "Mais pourquoi une référence à Sade?" me direz vous, et bien cela me semble assez expressif quand on parle de l'homme qui enfanta un nombre incalculable de groupes, de projets et de collaborations. En résumé, Mike Patton est un libertin artistique, un touche à tout. Il est partout, parfois là où on ne l'attend pas et souvent pour le meilleur. La liste des gens avec qui il a collaboré depuis 20 ou 30 ans donne le vertige, quelques noms : John Zorn, Merzbow, Dub Trio, Sepultura, The Melvins, Dan the automator, Amon Tobin, Norah Jones, Kid Koala, The Young gods, The X-Ecutioners, Trevor Dunn, Trey Spruance, Dave Lombardo, John Stanier, Dillinger Escape plan, Kaada, etc. N'en jetez plus!

Il fait ou a fait parti de : Mr. Bungle, Faith No More, Fantomas, Peeping Tom, Tomahawk. Il a participé à une vingtaine de disques avec John Zorn ( à différents niveaux, de la simple apparition vocale au réel projet de groupe). Il a également sorti trois albums solo et composé quatre B.O.F.

Dans cette première partie, je ne parlerai que de ses principaux groupes, en faisant l'impasse sur Tomahawk que je n'ai pas eu le temps d'assez écouter et sur Faith No More que je n'aime pas trop.
Nous commencerons donc par Mr. Bungle dont je ne possède que l’éponyme et California, mais je pressens que, dès que j'aurai mis la main sur Disco Volante, il faudra que je vous en parle. Entre le premier et California mon cœur balance, ces deux albums sont vraiment différents l'un de l'autre tant sur le plan des ambiances que du contenu musical. Qui est ? Un mélange détonnant de ska, de metal, de funk, de disco, de surf music et de Klezmer sur l'éponyme, mais tout ça un peu façon copier-coller. Sur California, le mélange est arrivé à maturation, tous ces genres sont noyés pour ne former qu'une musique, celle de Mr. Bungle. Cela peut être difficile de mettre des étiquettes, tant sur cet album la musique ne ressemble qu'à du Mr. Bungle. Et c'est jouissif ! Il se dégage de ce disque une ambiance de FreakShow mélancolique par un soir de pleine lune (si si). A écouter avec curiosité.

Et maintenant Fantomas!!!! Je ne possède que The Director's Cut et Suspended Animation mais j'ai jeté une oreille attentive aux deux autres albums que je n'apprécie pas plus que ça.
The Director's Cut est un ensemble de réinterprétations de B.O cultes (Le Parrain, Rosemary's Baby, etc) à la sauce Fantomas. C'est barré, complexe mais toujours très inspiré et bien foutu. Il y a quelques passages magnifiques comme sur le thème du Parrain et de Rosemary's baby. C'est l'album le plus accessible du groupe, tout simplement parce qu'on connait déjà la plupart des B.O qui servent de bases à la musique. Alors que sur les autres albums, on n'a aucun repère. Comme sur Suspended animation dont les titres sont vraiment très très complexes et touffus bien que ne dépassants que rarement les 1 minutes 30. Il faut apprécier les cassures rythmiques, les changements brusques d'ambiances et le côté bruitiste qui se dégage de la musique, mais pour ceux qui apprécient tout cela ce groupe est une véritable référence. Pour les autres, il y a le côté bourrin et métallique de la musique et, bien sûr et principalement, le fun et la drôlerie du côté cartoon de tout ça. A tout cela, il faut ajouter la performance vocale de Mike Patton. Je n'en ai pas parlé depuis le début de cet article mais c'est un chanteur hors pair, dans quelque registre où il décide de se lancer, comme ici où il utilise sa voix comme un instrument à part entière.

De l'organe du gominé Patton nous aurons grandement l'occasion de reparler dans le chapitre 2 de cet article consacré à ces différentes collaborations. D'ici là, devenez ou restez cannibales! 

24 juin 2012

Les Rois du désert

Bon, j'avais promis que je reviendrai vite, que je publierai plus souvent... Promesse d'ivrogne? En réalité pas vraiment, la nouveauté étant que j'ai beaucoup d'idées d'articles et que je passe du temps à choisir de quel groupe je souhaite parler en premier (la bonne excuse).

Cela fait un moment que j'ai envie d'écrire un truc sur les différents groupes de Josh Homme, que je n'ose pas, parce qu'il y a beaucoup de groupes, beaucoup d'albums et que je n'ai pas encore pu tout écouter. En vrac : Kyuss, Queens of The stone age, Eagles of death metal, la série des Desert Sessions, Them Crooked vultures.

Commençons par le commencement. Josh Homme n'a que 14 ans (!) quand ce qui deviendra Kyuss voit le jour en 1987. Ce premier groupe est bien plus marqué par le metal, par Black Sabbath notamment, que ne le seront les futurs projets du grand Roux. Le groupe a sorti 4 albums et quelques splits et Ep. Je ne connais que Blues For the red sun et Welcome To sky Valley. J'ai une grosse préférence pour ce dernier, concentré de groove, lourd et gras, un album où le psychédélisme sonique toujours très présent ne déborde jamais sur la cohésion des morceaux, cela grâce à des riffs magiques et à Scott Reeder, le bassiste qui faisait ici son entrée dans le groupe. Je me trouve bien embarrassé pour parler de ce groupe et encore plus de cet album tant il est important d'écouter, de se plonger dans les brumes et les vapeurs que dégagent ces morceaux, de se laisser happer par leur côté hypnotique. Une sorte de trip au soleil, avec ses potes.

Quand le groupe se sépare, Homme crée (la femme, ahahah. Pardon) Queens of The stone age. Faut-il en dire plus? C'est bien sûr son projet le plus connu, celui qui a eu le plus de succès, qui a aussi été le plus décrié. Le groupe a aujourd'hui sorti 5 albums, tous bons mais jamais pour les mêmes raisons. En effet, beaucoup de choses ont changé entre le premier album éponyme et Era Vulgaris, pour certains pas forcément en bien mais ce qui est certain, c'est que le groupe construit de façon toujours plus fine un son qui lui est propre, un peu moins stoner, un peu plus pop, plus facile. Personnellement, et même si cela n'est pas très original, mes deux favoris sont Rated R et Songs for the deaf. Le souci est que je serai incapable d'en choisir un plutôt que l'autre, le premier pour le côté sulfureux dans les ambiances et plus rentre-dedans musicalement et peut-être aussi pour la richesse des arrangements, le fait qu'il demande qu'on se plonge dedans avant de le saisir, alors que Songs for the deaf est l'archétype de l'album culte, remplit de tubes, facile d'accès, celui qu'on aime dès les premières écoutes et dont on ne peut plus se défaire. Tout le monde connait les refrains de "No one knows" et de "Go with the flow", l'album est direct, sans artifice, pop dans la noblesse du terme. Puis un jour, le roux rencontre un moustachu.

Les aigles du metal de la mort. Yeah baby! Je ne serai pas objectif, j'adore ce groupe, j'adore les voir sur scène même si Josh Homme ne joue que rarement avec eux, ils sont beaux, ils sont drôles et je veux être leur batteur quand je serai grand. Le groupe a pour le moment sorti 3 LP, je ne connais pas le premier parce que je suis faignant. Aussi, encore par fainéantise, et même si j'adore Death by sexy, je ne vous parlerez que de Heart on. Mais attention, j'ai des choses à dire! J'ai découvert le groupe par cet album parce qu'avant j'habitais sur une autre planète, du coup il a une saveur particulière pour moi, il est lié à mon arrivé dans la capitale et à une période cool de ma vie. Le plus simple pour parler de ce disque? Je l'aime tant qu'il me rend tout chose quand je l'écoute. Dès le premier morceau, je pense déjà à la fin du disque et à "Solo flights" et ses paroles explicites dont je conseille la traduction à mes lectrices. J'évite de mettre ce disque pendant des soirées trop arrosées car j'ai un souvenir brumeux d'avoir fait un strip-tease interminable sur ce morceau. Shoking! Mais essayez de l'écouter à plein volume et peut-être qu'à vous aussi il vous prendra l'envie de vous dévêtir.

Entre 97 et 2003, Josh Homme s'enferme régulièrement en studio avec ses potes (la liste vous ferez rêver) pour enregistrer des jams, des reprises et quelques versions alternatives de futurs titres utilisés dans ses autres groupes. De ces sessions seront publiés dix vinyles 10' sous le nom de Desert Sessions, plus tard réédités sur 5 CD, lesquels sont pour la plupart aujourd'hui assez durs à trouver. Je ne connais que le dernier disque, celui qui rassemble les sessions 9 et 10. Il se dégage de ces enregistrements une sensation vraiment très cool, celle de potes qui se retrouvent pour faire la fête et jouer de la musique sans prise de tête, juste pour le plaisir de faire sonner quelques accords. Du coup, le disque est empli d'un côté direct et groove et transpire le plaisir! Les fans pleurent pour qu'il y ait encore d'autres sessions de ce genre, affaire à suivre...

Pour finir, quelques mots sur Them Crooked vultures. Parlons d'abord du rêve, celui que certains ont peut-être fait : voir Josh Homme et Dave Grohl rejouer ensemble et, tiens pourquoi pas accompagner du bassiste de... Led Zeppelin! Rien que ça, LE allstar band par excellence. Une fois la joie passée de savoir qu'on écoute trois bête de l'histoire du rock qui jouent ensemble, que ce passe-t-il? Et bien, il y a cette collection de morceaux rouleaux-compresseurs, aux structures riches et variées (normal quand on a Dave Grohl à la batterie) et on s'en prend plein les oreilles. Notons la présence dans l'ombre d'un certains alain johannes, orfèvre des arrangements et présents sur presque toutes les production de Josh Homme depuis Rated R.

Ce tour d'horizon des projets de Josh Homme ne serait pas complet sans parler de ses participations aux albums de Mondo Generator, Foo Fighters, PJ Harvey, Fatso Jetson, Mark Lanegan Band, Trent Reznor, Masters of Reality, U.N.K.L.E, A Perfect Circle, Mastodon, The Strokes ou son travail de producteur pour les Arctic Monkeys. On peut dire qu'il ne chôme pas et qu'il fait (généralement) preuve de bon goût.

Comme toujours je vous promets de revenir vite! Soyez curieux, ayez envie de musique et restez cannibales!!