Tiens, qu'est-ce que c'est ici ? Ah oui, un blog, merde. Comme souvent, je devrais commencer par m'excuser pour ma trop longue absence en ces lieux étroits, mais non, on s'en tamponne, on passe directement à l'essentiel : Le Motocultor qui s'est tenu il y a une semaine non loin de Vannes (pas les blagues, la ville, quoi que vu certains groupes de la prog, on pourrait se demander, nous y reviendront.)
Jour 1 : "Ils sont très noirs les nuages là-bas, non ?"
Le festival s'ouvre, merveille des merveilles, par Mars Red Sky, qu'on ne se lasse pas de voir et de revoir, encore et encore, surtout qu'aujourd'hui, le groupe a quelques nouveautés dans son sac à potions, profitons-en ! Rien à redire, les bordelais transpirent toujours autant la classe et se planquent, chose de plus en plus rare, derrière leurs compos. Tout pour la musique, comme disait l'autre. Donc, non, on ne va pas voir un concert de Mars Red Sky pour le show, mais bien pour ce son si particulier qu'ils cultivent depuis maintenant douze ans, psychédélique et lourd, aussi gras qu'il est aérien. Une bonne ouverture de la boutique.
Je ne vous direz pas qu'Au-dessus était en-dessous de tout, mais bon, je m'y suis ennuyé comme jamais, c'était plat et long, mais alors long. Question de goût, certainement, mais tout de même.
Not Scientists, au contraire, était frais et rigolo, rien d'étonnant avec deux anciens Uncommonmenfrommars à bord. Un concert bien fun, mais qu'on aurait préféré voir ailleurs que sur la grande scène. Leur cocktail punk mélo/emo avait le bon goût de la fin du millénaire dernier, quand l'emo se réinventait pour la dernière fois et que The Get Up Kids en étaient les rois. Un chouette moment !
Juste après, la Supositor Stage (quel nom) accueille les rois du Trashcore épicé keupon : Iron Reagan. Un petit moment qu'ils n'étaient venu par chez nous, justifiant le monde plutôt conséquent devant la scène. L'autre raison étant que la musique des cinq foufous se révèlent bien mieux en live que sur disques, où elle souffre parfois d'un côté un poil linéaire. Ici, que nini, ça va vite, ça joue carré, c'est rigolo, les titres s'enchaînent à une vitesse folle, le chanteur s'amusant à tenir les comptes assez régulièrement. Pas le temps de s'ennuyer, quelques tubes, tel le très efficace "Fuck The Neighbours" et le groupe s'en va sans qu'on ait eu le temps de dire "ouf". Un des pics de coolitude du fest, assurément.
Plus tard, Ange s'installe gentiment sur la Massey Ferguscène (quel nom bis) et c'est parti pour un voyage assez loin des terres métalliques, vers un passé foisonnant où le groupe mené par Christian Décamps était très haut placé sur le trône du prog à la française. Le groupe n'ayant jamais arrêté de tourner et sortir des disques, nous découvrons beaucoup de choses que nous ne connaissions pas et le chanteur impressionne la foule par sa voix toujours magique et sa présence ultra charismatique. Quelques moments de grâce plus tard, on sort de sous la tante sonnés et émus. Un concert vraiment spécial, au milieu du bruit et (bientôt) de la boue ! Toutes les générations s'étaient données rendez-vous sous la tante, pour voir si la bête bouge encore, et la réponse est plus que oui. Rappelons qu'Ange a sorti son premier disque en 1972, il y a 47 ans !! Une vie de musique et un concert d'une générosité rare. J'ai versé ma petite larme (pas la dernière du weekend), c'est dire.
Puis, tout à coup, Magma. Je n'avais jamais eu la chance de les voir, alors que le groupe fait partie de ceux que j'écoute depuis que gamin j'ai mis le doigt dans l'engrenage de la grande machine de la musique qui fait du bruit. Imaginez donc mon émotion, de voir, pas très loin de moi, Christian Vander finir de s'installer. Et pensez au fait que l'an prochain, le groupe fêtera ses 50 ans. Sinon, que voulez-vous que je vous dise ? Le concert était parfait. Magma était révolutionnaire en 1970, il l'est toujours aujourd'hui, après 50 piges passées sur un trône que nul n'a jamais pu lui prendre. La raison ? Personne n'a jamais boxé dans sa catégorie. Magma est plus fou, plus unique, plus technique, plus musical, plus rythmique, plus dense, plus magique, plus tripant que tout ce qui a été produit en France en cinq décennies. Et ils ont ouvert la voie à tout le monde. Tout simplement. Et donner des concerts comme celui-ci, après tout ce temps, n'est rien d'autre que la preuve du génie, et d'un type particulier, celui qui ne se dément jamais. LE concert du festival.
Le dernier concert du vendredi sera pour nous NOFX. Un groupe que j'adore (si, si) et que j'ai toujours envie de revoir, encore et encore, bien qu'ils soient de plus en plus rares en France. Sauf que. Mais. Alors bon. Oui... Non ! Je savais que Fat Mike aimait faire le con, qu'en festival, le groupe s'amusait surtout à tout faire sauf de la musique, mais là... Non. Alors oui, dès qu'ils jouent, c'est toujours aussi bon, oui, le groupe est encore une machine à tube punk mélo. Oui, c'est rigolo les blagues et les cascades. Oui, mais non. L'équilibre habituel conneries/musique n'était pas de la partie, tout était brouillon, bordélique. Trop bordélique, sentant le foutage de gueule.
Jour 2 : Et de la boue, sortit un Golem.
Plutôt que de passer notre vie dans la boue, mes camarades de chantier et moi-même avons préféré dormir et profiter d'un peu de confort. C'est ainsi que nous ne sommes arrivés que vers 19H20 sur le site pour profiter, frais et dispo, d'un concert de Sólstafir plutôt pas mal du tout, plein de tubes et d'émotions, même s'il est flagrant que les morceaux les plus récents sont bien faibles comparés à l'époque bénie des trois précédents albums. L'absence du batteur originel se faisant cruellement sentir. Un bon concert tout de même.
Dopethrone est tout ce dont vous avez besoin si vous aimez le gras, le sale, le sludge. Par contre, si vous aimez avoir avec ça, un minimum de finesse, un soupçon de quelque chose qui fasse la différence, il faudra repasser. Beaucoup trop de sauce, beaucoup trop d'épices, la recette est extrême, mais, au milieu d'un champ de boue, elle passe assez agréablement.
On ne vous parlera pas ici de Trust, parce qu'on a eu d'autres choses à faire que d'aller les voir. Étonnant, tout de même, qu'un groupe comme celui-ci existe toujours, capitalisant éternellement sur les trois mêmes tubes, n'ayant rien produit de décent depuis des décennies.
Puis vint EyeHateGod et le Golem se mit à marcher. Le groupe de la Nouvelle-Orléans fait partie de ceux qui ont défini un genre, l'ont fait évoluer, perdurer et profitent de chaque concert pour remettre leur titre en jeu, tout déballer et exhiber fièrement leurs entrailles. Dans chaque genre, sous chaque étiquette qu'on utilise pour cataloguer la musique, se cache trois ou quatre groupes maximum qui sont au-delà de la comparaison. Il suffit de les voir sur scène, n'importe quand, cela se vérifie à chaque fois, pour se rendre compte qu'ils sont hors des modes, qu'ils portent une musique qui dépasse toutes les autres. Ils ne sont pas simplement talentueux, il s'exhale de leurs concerts quelque chose de plus, de différent, de magique et d'inquantifiable qui les rend uniques. EyeHateGod est clairement de ceux-là. Et ce concert nous l'a encore une fois rappelé. Un must de cool, de haine et de catharsis.
Jour 3 : Vieux trash über alles.
Après deux jours passés dans la boue, un peu de soleil se mit à faire sécher les cœurs et les esprits, le festival pouvait se terminer tranquillement avec, semble-t-il, beaucoup moins de monde (certains ont dû difficilement survivre au camping).
Je rêvais de voir Voivod depuis longtemps, depuis Jason Newsted (oui, j'ai grandi avec Metallica, c'est ainsi, on n'y peut rien), depuis que la passion de la SF m'a fait découvrir ce groupe par le biais de leurs pochettes d'albums absolument folles. Je n'ai pas été déçu, et cela m'a donné envie de me plonger plus avant dans leur discographie si originale. Voivod s'est inventé son propre genre, sa propre façon de faire, et le concert de ce dimanche après-midi nous a rappelé que l'humilité et la classe sont des critères grâce auxquels on reconnait les plus grands. Un des grands concert de cette édition.
Sacred Reich, cinq jours avant la sortie de son premier disque en vingt-trois ans, est venu nous rappeler pourquoi il était toujours debout après tout ce temps. Du trash efficace, brute, mélodique, et un sens du cool, des interventions entre les morceaux à l'opposée de ceux qui essaient de jouer les gros méchants. Un concert aussi joyeux que la musique était écrasante de rigueur. Des tubes, partout, et des nouvelles compos qui tiennent plus que la route. Une raison de plus de se jeter sur le nouveau bébé, Awakening, album d'un retour discographique qu'on n'osait plus espérer.
Napalm Death, oui, alors, bon, comme ça, après trois jours, de loin. Oui, oui, c'est toujours Napalm Death, ils ont tout inventé, ils ont tout traversé, tout essayé, ils sont toujours là. Barney tient toujours la boutique en donnant l'impression que sa vie en dépend. Il faut les avoir vu une fois dans sa vie ? Sûrement. C'est un classique, une référence, une borne. Mais, avec la fatigue, vue de loin, pas grand chose.
Cet article était garanti sans Gronibard et sans Henri Dès ajoutés.
Si toi aussi tu voudrais que l'été perdure inlassablement, sois cannibale !
un blog pour partager ma passion pour les musiques actuelles. rock indé, punk, electro, metal, expérimental, hard-core, etc.
24 août 2019
Report Motocultor 2019
31 janvier 2019
Interview Endless Floods
Endless
Floods sortira le 15 février, Circle The Gold, son nouvel album.
Petite discussion par mails.
Pour commencer, vous sortez bientôt votre troisième album,
pouvez-vous m'en dire plus sur sa création, sa production, sa sortie ?
Circle The Gold a été composé sur environ 2 ans. Direct après II, on a posé les bases de Circle... L'idée, c'était de pousser les idées abordées dans II plus loin. A savoir, essayer de
remettre au cœur d'un album "heavy" le sentiment de temps long,
d'espace, de montées et descentes, mais à une échelle longue. Une première version de Circle... a été enregistré en mars 2017 mais on était moyennement
satisfaits de l'équilibre de l'ensemble. Après quelques mois de pause on a
repris le travail de zéro et en mars 2018 on a réenregistré l'ensemble de Circle… sous la forme qui sort là. Comme
on envisage Endless Floods comme un groupe qui produit pour avancer, apprendre
en plus d'exorciser des envies variées, on a décidé aussi de pousser la production
plus loin sur Circle..., notamment le
chant et les couches sonores additionnelles. Repartir de zéro nous a poussés à
passer quelques caps importants, notamment le fait d’enregistrer quelque chose
qui aille au-delà de ce que la formule "power trio" pouvait nous
permettre de faire techniquement. On est très content d'avoir fait ça. Le chant
aussi a été envisagé différemment, ça nous trottait dans la tête depuis
quelques temps et on a initié le travail sur Circle…
Tu parles de changements de productions sur le chant, peux-tu
m'en dire plus ? J'aimais beaucoup le chant sur "II" qui me semblait
très original dans le contexte de votre musique car il me rappelait certains
groupes de screamo avec un chant très tourné vers l'émotion. Faut-il s'attendre
à quelque chose de différent sur "Circle The Gold" ?
Disons
que ça faisait 15 ans que je chantais (hurlais) de cette manière. Ça a des
avantages, comme la spontanéité, le "à vif" mais ça a aussi ces
défauts me concernant. Le principal étant que je me défonçais la voix en
10 minutes... J'ai aussi senti que j'allais être limité en termes de proposition.
J'ai donc juste travaillé un peu de mon côté et intégré de nouvelles choses.
Pour autant j'aurais tendance à dire que l'émotion reste là. Après c'est sûr
que c'est moins "Screamo", mais perso je me suis jamais méga retrouvé
dans cette comparaison. Je conçois que mon chant ait pu être associé à ça, mais
ça n’était pas volontaire de mon côté.
Est-ce que c'était une volonté dès le début de la composition
de ce nouvel album de rester sur un format de disque assez court ?
Non, on a juste joué
les morceaux dans les longueurs qui nous semblaient adéquates. Je vois que
l'album fait un peu moins de 40 minutes, mais ce qui nous importait le plus
c'était le ressenti du temps plus que la longueur formelle. Parfois, 10 minutes
semblent très courtes et parfois elles sont ressenties comme une heure... On s'est
juste soucié de trouver un équilibre général. L'idée c'est d'encourager à se laisser aller mais aussi d'entretenir
l'attention par le détail et la dynamique, aussi subtile qu'ils puissent être. Aussi, en rapport avec ces "objectifs", on
en revient souvent à élaguer pour se concentrer sur l'essentiel. C'est un
apprentissage de tailler dans la matière mais ça oblige à pas se reposer sur
"la longueur" et chercher l'essentiel et le ressenti plutôt. On aurait pu s'embarquer dans un troisième morceau pour
l'album, mais on avait déjà balayé pas mal d'ambiances sur les 2 et on a
préféré en rester là et creuser ce qu'on avait. En plus, comme on est assez
productifs, ça nous permet d'avoir du nouveau matos à bosser pour de futures
sorties tout le temps.
Ce travail sur la dynamique et le ressenti du temps me semble
très abouti sur "Seeds". J'aime particulièrement ce morceau et sa
dernière partie où ton chant est très mélodique. De quoi parle ce morceau ?
Merci ! "Seeds" parle
justement de ce besoin de temps plus long en général. De recul et de distance
par rapport à des événements ou des problèmes. Je ne
généralise pas ça à tout, il faut garder de l'instinctif et du spontané mais
savoir accepter que tout ne se règle pas du jour au lendemain permet, il me
semble, de mieux gérer sa frustration par exemple. Ce qui est intéressant c'est
que c'est à l'image du morceau. Après la première version on a dû accepter que
quelque chose ne marchait pas. Ensuite, ça nous a pris du temps pour identifier
les problèmes, les évaluer et envisager des solutions. Même là, il a fallu du
temps pour comprendre et intégrer où on pouvait aller avec ce morceau. Du coup, les paroles résonnent entre autre avec la
genèse du morceau et avec sa forme actuelle, tout en évolution. Se remettre en
question, envisager le changement et accepter le temps long.
Je crois savoir que vous avez accueilli un nouveau guitariste
pendant la création de Circle The Gold
? Est-ce que ça a eu une influence sur votre façon de composer et d'appréhender
le groupe ?
Alors oui, on travaille à quatre en ce moment après
l'intégration de Jérôme en deuxième guitare/machines. Cependant Jérôme est arrivé
après le processus d'écriture de Circle... On a commencé à discuter de son
intégration avec lui vers la fin de la production de l'album. À ce moment-là,
on avait déjà poussé nos ambitions un peu plus loin, au-delà de ce que le
format à trois nous permettait. On sentait que pour assumer pleinement ce cap,
notamment en live, c'était important d'avoir quelqu'un avec nous en plus.
Jérôme, c'est le méga boss quand il s'agit de production, d'habillages et de
textures. C'est un pote depuis longtemps, on a déjà tourné ensemble (il joue
dans Year of no Light avec qui Monarch a tourné plusieurs fois) et on avait
envie de faire de la musique ensemble aussi. C'est tombé à point nommé pour la
suite du groupe.
Du coup, est-ce qu'en live, vous réarrangerez certains
anciens morceaux pour deux guitares ?
Oui, on
est en train de travailler tout ça en ce moment.
Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de monter
Endless Floods ?
Ce qui
a lancé l'envie ce sont des références relativement classiques : Corrupted,
Harvey Milk, Boris, Neurosis, Asunder, Earth, Melvins...
Merci à Stéphane Miollan pour ses réponses.
1 janvier 2019
Un top et tout va mieux
Une année réduite à dix films, dix séries, quatre livres,
huit concerts et vingt-cinq disques comme autant de balises de tout ce qui s’est
passé entre, d’une vie qui va, toujours et malgré tout. Excellente année 2019 à
toutes et tous les cannibales !
Disques :
-Hot Snakes : Jericho
Sirens
-Superchunk : What A Time To Be Alive
-Messa : Feast For Water
-Youth Avoiders : Relentless
-Thalia Zedek Band : Fighting Season
-E : Negative Work
-Veuve SS : Traître à tout
-The Messthetics
-Bison : ST
-Setsuko : The Shackles Of Birth
-Grand Final : La Mort
-Mara Jade : Na Zlomeny srdce vedes
-Ken Mode : Loved
-Thou : Magus
-Bellini : Before The Day Has Gone
-Buñuel : The Easy Way Out
-Super Unison : Stella
-Birds In Row : We Already Lost The World
-David Byrne, American Utopia
-Harms Way : Posthuman
-Pig Destroyer : Headcage
-Portrayal Of Guilt : Let Pain Be Your Guide
-Autechre : NTS Sessions
-Akitsa : Credo
-Big’N : Knife of Sin
-Superchunk : What A Time To Be Alive
-Messa : Feast For Water
-Youth Avoiders : Relentless
-Thalia Zedek Band : Fighting Season
-E : Negative Work
-Veuve SS : Traître à tout
-The Messthetics
-Bison : ST
-Setsuko : The Shackles Of Birth
-Grand Final : La Mort
-Mara Jade : Na Zlomeny srdce vedes
-Ken Mode : Loved
-Thou : Magus
-Bellini : Before The Day Has Gone
-Buñuel : The Easy Way Out
-Super Unison : Stella
-Birds In Row : We Already Lost The World
-David Byrne, American Utopia
-Harms Way : Posthuman
-Pig Destroyer : Headcage
-Portrayal Of Guilt : Let Pain Be Your Guide
-Autechre : NTS Sessions
-Akitsa : Credo
-Big’N : Knife of Sin
Mention Spéciale : David Byrne et son meilleur disque
depuis très longtemps. Le retour de Hot Snakes avec un disque touchant de très
près la perfection. Thalia Zedek et sa magie, deux fois dans le top disques,
deux fois dans le top concerts. Encore !
Concerts :
-Blockheads, Motocultor, Saint Nolff
-The Young Gods, Motocultor, Saint Nolff
-Celeste, Motocultor, Saint Nolff
-E, Espace B, Paris
-Thalia Zedek, Olympic, Paris
-Iron Maiden, Bercy, Paris
-Coil Guns, Ken Mode et Birds In Row, Petit Bain, Paris
-Rance, Ulsect et Zhrine, Olympic, Paris
-The Young Gods, Motocultor, Saint Nolff
-Celeste, Motocultor, Saint Nolff
-E, Espace B, Paris
-Thalia Zedek, Olympic, Paris
-Iron Maiden, Bercy, Paris
-Coil Guns, Ken Mode et Birds In Row, Petit Bain, Paris
-Rance, Ulsect et Zhrine, Olympic, Paris
Mention spéciale : Des larmes devant les Young Gods au
Motocultor, un concert magique, un voyage, une grande leçon. Le nouvel album
sort en févier. Vite, vite, vite !!!
Livres :
Livres :
-My Absolute Darling,
Gabriel Tallent, Gallmeister.
-Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, Minuit.
-Un feu dans la plaine, Thomas Sand, Les Arènes.
-L’espace du rêve, David Lynch, JC Lattès.
-Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard, Minuit.
-Un feu dans la plaine, Thomas Sand, Les Arènes.
-L’espace du rêve, David Lynch, JC Lattès.
Mention spéciale : My Absolute Darling, un premier
roman aussi brutal qu’émouvant.
Films :
Films :
-La Douleur
-Phantom Thread
-Katie Says Goodbye
-L’île aux chiens
-Plaire, aimer et courir vite
-Au Poste !
-BlacKKKlansman
-Les frères sisters
-Nos Batailles
-En liberté !
-Phantom Thread
-Katie Says Goodbye
-L’île aux chiens
-Plaire, aimer et courir vite
-Au Poste !
-BlacKKKlansman
-Les frères sisters
-Nos Batailles
-En liberté !
Un souvenir au fond d’une salle de cinéma (le spoil est un
mythe) :
La scène finale de Katie Says Goodbye, tout est perdu pour l’héroïne,
elle n’a plus rien, elle peut donc tout recommencer et tout redevient alors
possible.
Séries :
Séries :
-Bojack Horseman, saison 5
-Le bureau des légendes, saison 4
-Kidding, saison 1
-Forever, saison 1
-Coin-coin et les z’inhumains
-Sharp Objects, mini-série
-The Deuce, saison 2
-The Haunting of Hill House, saison 1
-Lodge 49, saison 1
-Killing Eve, saison 1
-Le bureau des légendes, saison 4
-Kidding, saison 1
-Forever, saison 1
-Coin-coin et les z’inhumains
-Sharp Objects, mini-série
-The Deuce, saison 2
-The Haunting of Hill House, saison 1
-Lodge 49, saison 1
-Killing Eve, saison 1
Mention spéciale : The Deuce, pour ses acteurs, sa
narration et sa BO, quasiment un personnage à part entière de ce portrait du
New York nocturne de la fin des 70’s.
Soigne ton foie et sois cannibale !!!
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9 novembre 2018
Love and Mercy
Quoi de mieux que l’arrivée de l’automne pour un nouveau
disque du Thalia Zedek Band ? FightingSeason est sorti en plein milieu du
mois de septembre et, autant le dire tout de suite, toutes nos attentes sont
comblées par cette collection de chansons aussi lyriques que sensibles à leur
époque.
Eve, le précèdent
disque du groupe semblait avoir atteint une quasi perfection formelle, le nouveau
reprend le même schéma mais en y ajoutant de la rage. Attention, Fighting Season n’est pas un disque
engagé, fort heureusement d’ailleurs, mais plutôt de ceux qui font le constat de
la nécessité de se tenir debout face au monde qui nous entoure. Il commence
très haut dans les sphères mélodiques avec « Bend Again » et son solo signé
J Mascis. Un titre qui nous rappelle simplement pourquoi nous aimons tant
madame Zedek et nous replonge dans ces sons de guitares si particuliers,
chargés d’une émotion jamais feinte. « What I Wanted » nous marque
par son refrain tout en répétitions et cette guitare traînante, si facilement
reconnaissable.
« Fighting Season » est un des titres phares du
disque éponyme, tout y paraît simple, presque facile, avec ce texte réduit à l’essentiel,
mais si fort. Et puis, la chanson s’emballe, un tourbillon de roulements de
caisse claire et du violon nous transportent vers les sommets d’un disque déjà
marquant au bout de trois morceaux. « Of
The Unknown » et « Ladder » creusent le même sillon :
mélodies, chant sur le fil.
« War Not Won » est certainement l’autre sommet du
disque. Rien d’autre que la voix de Thalia, une guitare, quelques notes de
piano et de violon et la magie opère. Une très grande chanson d’où s’élève une
lumière qu’on ne trouve nulle part ailleurs que dans les mots et la voix de
Thalia Zedek. « The Lines » est plus tendue, rappelant presque E, l’autre
formation actuelle de la chanteuse, tout aussi indispensable. Le disque s’achève
par « Tower », qui, commençant par quelques notes de guitares
accompagnant la voix, s’envole sur les refrains vers plus d’électricité.
Ce nouveau disque du Thalia Zedek Band n’est pas une
confirmation mais simplement une nouvelle preuve car cela fait longtemps (et beaucoup de disques) que nous connaissons
l’immense talent de la dame. Il suffit de la voir sur scène, comme plus tôt
cette année lors d’une tournée européenne solo, pour être touché par la grâce d’un
songwriting en communication directe avec les anges. Plutôt rare, non ?
Ramasse des châtaignes et sois cannibale !
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15 septembre 2018
Motocultor 2018
Comment parler de trois jours dans la poussière et le bruit,
la bière et les saucisses, le temps qui se distord et le ciel toujours bleu ?
Comment dire la joie de l’enfant qui sommeille en moi et qui rêvait de voir
certains groupes depuis l’adolescence ? Tentative incertaine pour un
rapport forcément subjectif d’un festival de Metal.
Il y avait cette année pas vraiment de têtes d’affiche qui
me parlaient. L’alternance des scènes a fait que la plupart du temps, nous ne
passions par la Dave Mustage que par curiosité, pour dire « Tiens Cannibal Corpse » (fatiguant), « Tiens,
Nasheville Pussy » (oui, oui,
pourquoi pas), « allons jeter un œil à Ultra Vomit » (à la limite du gênant). Nous avions ensuite du
temps pour boire un verre ou d’aller devant les autres scènes y attendre des
choses plus consistantes.
Le vendredi, le soleil tape sur la Supositor’s, quand nous arrivons,
c’est Nesseria qu’une petite foule
attend. Le groupe ne m’a jamais véritablement parlé sur disque, mais là, c’est
autre chose, son très bon (dans l’ensemble ce sera le cas tout le weekend),
sourires constant, bonne humeur, violence. Ce qui n’est pour nous qu’une mise
en jambe annonce du très bon. Ça y est, on y est. Le reste de la journée n’est qu’une promenade, faite de bières et de
discussions sur le site du festival, vraiment chouette, petit, bien pensé.
Quand le soir arrive, on se retrouve devant Myrkur, que j’étais très curieux de voir enfin sur scène, son
dernier LP tournant chez moi régulièrement. La dame ne déçoit pas, impressionne
plutôt par son chant d’une richesse folle, sachant monter très haut sous le
chapiteau de la Massey Ferguscène. Un concert perturbé par de léger soucis
techniques qui n’entament en rien le charme de ce Black Metal pas tout à fait comme les autres. Encore un
petit peu d’attente et nous sommes devant l’équipe technique des Young Gods. Un groupe assez rare depuis
quelques temps, que j’adore et que je n’ai eu l’occasion de voir que deux fois
auparavant. L’excitation est donc à son comble quand les trois suisses arrivent
sur scène. Incroyable concert, comme toujours, les Young Gods dégageant une
chaleur sur scène qui touche au sublime. Une setlist parfaite mais un concert
qui me semble, forcément, trop court. Un des sommets du festival, assurément. La
fatigue du voyage se fait sentir, direction dodo.
Le samedi a été pour moi le jour le plus intense, beaucoup
de groupes que j’attendais, aucune déception, un temps idéal, pas trop chaud.
Le pied. On arrive, malheureusement, à la fin de Hangman’s Chair, mais le peu que l’on en a vu a fini de nous
convaincre de l’incroyable talent de ce groupe parisien aussi original que
puissant. Un chanteur impressionnant, une rythmique d’éléphant sur le retour
mais à qui on ne peut plus la faire à l’envers, une présence sur scène qui en
impose de façon assez bluffante parce que semblant couler de source. Très frustré
d’avoir raté le début mais, que voulez-vous, il faut bien dormir. Direction
ensuite la Supositor’s, pour le groupe que j’attendais avec le plus d’envie :
Blockheads. Pour moi, un des tout
meilleurs groupes de Grindcore toutes époques confondues. Et dire qu’ils ne m’ont
pas déçu serait une litote. Banane totale, chaleur, poussière, générosité de
chaque instant, un esprit punk de vrais passionnés, un son parfait, et cette
musique qui fait partie de celles qui constituent les bases de mes goûts
musicaux. J’ai même eu la possibilité de faire un câlin au chanteur. Parfait. La
surprise du jour, c’est Pelican, un
groupe qui sur disque me laisse totalement froid et que j’ai trouvé ici des
plus convaincants, malgré quelques soucis de sons (pas leur faute, peut-être).
Tenir une scène de festival Metal avec un groupe totalement instrumental me
semble être un exploit difficile à réaliser, le groupe le fait avec aisance.
Simple et efficace. Puis, la joie de voir Nostromo sur scène, la satisfaction de les savoir revenus pour de bon. Cette brutalité
absolument jouissive qui traverse toute l’enceinte entre les arbres de la
Supositor’s, cette technicité bluffante, ce Grindcore pas tout à fait comme les
autres, technique, chirurgicale. Un des pics de kiff du festival. Plus tard
dans la journée, Celeste se fait
désirer sur la Massey Ferguscène et a bien raison, le groupe ayant enfin par
chez nous la reconnaissance qu’il mérite. Etant maintenant habitué à les voir
jouer, la surprise est de taille : de petits changements de mise en scène
bienvenus, un son meilleur que jamais et une façon de dérouler tout ça qui en
impose comme jamais auparavant. Celeste est au maximum de ses capacités, tient
son bidule comme jamais et nous assomme littéralement. Le concert du jour, c’est
celui-ci. Et c’est maintenant certain, Infidèle(s) est le meilleur album d’un
groupe en permanente progression. Merde, tant de bons groupes français !!
Inutile après cela de parler du reste de la soirée, la messe est dite.
Le dimanche ne restera pas comme mon jour favori mais m’a
réservé quelques bonnes surprises. J’attendais de voir Cult Of Occult pour me convaincre, leurs albums n’ayant jamais
réussi à me faire plus que tendre l’oreille. Eh bien, leur concert était du
même bois, violent, plombant, certes, mais linéaire, assez éloigné de ce qui
dans le genre sait tout détruire. Tant pis. La surprise de taille du jour fut Stoned Jesus, un groupe qui lui aussi
ne m’a jamais vraiment fait sauter au plafond sur disque. Et là, je ne sais
pas, cette musique simple et directe, le kiff du stoner en trio, ces trois
jeunes types qui tiennent la scène avec sourire et humour, tout était là. Le
concert feel good du festival, mais pas non plus un renversement des planètes
Stoner non plus, simplement un moment très cool. Ce qui est déjà beaucoup. En prime,
un nouveau morceau joué pour la première fois, merci. Sur la même scène, Misery Index m’a étonné par son côté
cool et tranquille, ambiance que je n’attendais pas d’un groupe de Death. Rien
à en dire de plus, si ce n’est que je suis toujours content de voir un groupe
de chez Relapse sur scène, puisque c’est tout simplement le meilleur label
américain qui soit. D’ailleurs, Relapse, encore, la dernière claque du festival
sera Dying Fœtus qui, là où Cannibal
Corpse est chiant comme la lune, se révèle passionnant d’un bout à l’autre d’un
set qui, bizarrement, avait lieu sur la Supositor’s. Etrange choix d’organisation,
tant le groupe ricain a déplacé les foules. Un batteur totalement inhumain qui
joue tout le temps plus vite que tout le monde et qui parfois se met à jouer
plus vite que lui-même, un son clean comme un scalpel, une ambiance finalement
fun (cet appel au don pour que le groupe puisse fumer sur la route), des
musiques d’intro et de conclusion choisies avec soin (Ahahah). Que demander de
plus ? Dying Fœtus a inventé le Deathcore (le vrai, celui qui fait se
télescoper le Death le plus brutal et le Hardcore le plus violent, pas cette
musique pour connards qui est le nouveau nom du Metalcore). Voilà, c’est fini,
c’était cool.
Dédicace à Anatole, qui se reconnaitra et qui a été un
compagnon parfait.
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18 juillet 2018
La Chute de l'empire romain
Aujourd’hui, on cause classique et culte. Botch était pendant
quelques années le présent et le futur du Hardcore dans ce qu’il a de plus
moderne et inspiré par d’autres genres. Ils étaient de Tacoma et faisaient indiscutablement
partie des fleurons du label Hydrahead. On y va ?
Les petits bouts d’chou (j’assume complètement) de Botch
jouaient un Hardcore tendance mathématiques appliquées. Ils sonnaient malgré
cela bien plus rock’n’roll que, par exemple, Dillinger Escape Plan, surtout en
comparaison avec la fin de carrière de ces derniers. En deux albums, quatre
splits (dont un avec les Suisses de Knut) et quelques EP, ils ont
tranquillement additionné 5 et 7 pour donner vie à une musique chaotique,
technique et toujours brûlante. Je me concentrerai ici sur le LP We Are The
Romans, sorti en 1999, pic incontestable d’une discographie pourtant
foisonnante. Neuf morceaux avec des titres énigmatiques et drôles forment le gros monstre qu'est We Are The Romans, un disque aussi parfait que son artwork est laid.
Quand débute "To Our Friends In The Great White North", on se souvient que la vie n'est pas un long fleuve tranquille et que, si le chaos qui nous entoure a un terrible avantage, c'est bien celui de pouvoir faire naître des albums comme celui-ci. Ça va vite, c'est un poil technique mais on s'en fout, ce qui compte c'est que nous sommes face à un titre passionnant de bout en bout. Il s'y passe beaucoup de choses et, à l'image de l'album entier, Botch nous balade d'un univers à l'autre. Le seul problème (il faut bien qu'il y en ait un), c'est cette production typée de l'époque, qui parfois date le disque dans une époque avec laquelle on peut avoir des soucis. Enfin, question de pinaille.
"Mondrian Was A Liar", quel titre ! Quel brutalité ! Une batterie qui nettoie partout, même dans les coins. "Transitions From Persona To Object" (toujours cet art du titre parfait), plus mathématique que l'Identité d'Euler avec son riff vrille et sa structure en aller-retour. "C. Thomas Howell As The "Soul Man" gagne tous les points, simplement par la grâce d'un passage tout con à la basse à mi-parcours. Et comme si ça ne vous suffisait pas, le morceau prend après une direction mélodique et d'une tenue de route parfaite. Quel talent, mes enfants !! On passe la moitié du temps réglementaire sans s'être rendu compte qu'on avait enfilé son maillot, c'est tout bêtement qu'on est content d'être là et de se faire balader sans savoir trop où.
"Saint Matthew Returns To The Womb" est aussi court qu'il est magique, sans doute le titre instantané de We Are The Romans, un tube. Et ce break de batterie vers une minute et trente secondes, il vaut mieux pour vous que je n'en dise rien, la bonne nouvelle étant que je n'ai plus mal au dos. "Frequency Ass Bandit" est sans doute un poil plus autoroutier, pas ma favorite. Même si à la fin, bon, quand même, oui... "I Wanna Be A Sex Symbol On My Own Terms" vous fera zouker toute une semaine, votre colonne vertébrale à la main tel un lasso, quel groove ! C'est déjà fini avec "Man The Ramparts", les jeux sont faits, la fin sera lente et douloureuse, tout bonnement pour vous montrer que Botch savait tout faire. Effet secondaire : vous habitiez au premier étage et vous voilà partageant un loft de cinq mètres sous plafond avec votre voisine du dessous. Après cela, Botch allait se révolutionner tout seul comme un grand sur le EP An Anthology Of Dead Ends, mais ça, c'est une autre histoire.
Ne parlez plus à votre ostéopathe, soyez Cannibales !
Quand débute "To Our Friends In The Great White North", on se souvient que la vie n'est pas un long fleuve tranquille et que, si le chaos qui nous entoure a un terrible avantage, c'est bien celui de pouvoir faire naître des albums comme celui-ci. Ça va vite, c'est un poil technique mais on s'en fout, ce qui compte c'est que nous sommes face à un titre passionnant de bout en bout. Il s'y passe beaucoup de choses et, à l'image de l'album entier, Botch nous balade d'un univers à l'autre. Le seul problème (il faut bien qu'il y en ait un), c'est cette production typée de l'époque, qui parfois date le disque dans une époque avec laquelle on peut avoir des soucis. Enfin, question de pinaille.
"Mondrian Was A Liar", quel titre ! Quel brutalité ! Une batterie qui nettoie partout, même dans les coins. "Transitions From Persona To Object" (toujours cet art du titre parfait), plus mathématique que l'Identité d'Euler avec son riff vrille et sa structure en aller-retour. "C. Thomas Howell As The "Soul Man" gagne tous les points, simplement par la grâce d'un passage tout con à la basse à mi-parcours. Et comme si ça ne vous suffisait pas, le morceau prend après une direction mélodique et d'une tenue de route parfaite. Quel talent, mes enfants !! On passe la moitié du temps réglementaire sans s'être rendu compte qu'on avait enfilé son maillot, c'est tout bêtement qu'on est content d'être là et de se faire balader sans savoir trop où.
"Saint Matthew Returns To The Womb" est aussi court qu'il est magique, sans doute le titre instantané de We Are The Romans, un tube. Et ce break de batterie vers une minute et trente secondes, il vaut mieux pour vous que je n'en dise rien, la bonne nouvelle étant que je n'ai plus mal au dos. "Frequency Ass Bandit" est sans doute un poil plus autoroutier, pas ma favorite. Même si à la fin, bon, quand même, oui... "I Wanna Be A Sex Symbol On My Own Terms" vous fera zouker toute une semaine, votre colonne vertébrale à la main tel un lasso, quel groove ! C'est déjà fini avec "Man The Ramparts", les jeux sont faits, la fin sera lente et douloureuse, tout bonnement pour vous montrer que Botch savait tout faire. Effet secondaire : vous habitiez au premier étage et vous voilà partageant un loft de cinq mètres sous plafond avec votre voisine du dessous. Après cela, Botch allait se révolutionner tout seul comme un grand sur le EP An Anthology Of Dead Ends, mais ça, c'est une autre histoire.
Ne parlez plus à votre ostéopathe, soyez Cannibales !
5 juillet 2018
Trois Huit
Boom ! Aujourd’hui, on parle du meilleur super-groupe
de la planète. On parle de E, on parle de Negative
Work. E, Thalia Zedek (Come, Live Skulls, etc), Gavin McCarthy (ex Karate) et Jason Sanford guitariste de Neptune. Je ne sais
pas vous, mais moi, ça me fait rêver. Le premier Lp était déjà excellent,
alors, quid, quid, oui quid de celui-ci ?
Le disque s’ouvre avec « Pennies », titre chanté
par madame Zedek, mélodique, entêtant et complètement addictif. La guitare de Sanford tournoie, sirène hurlante. Je peux vous le dire tout de suite, ça sera
comme ça jusqu’à la fin. « The Projectionist » garde le cap, se fait
mathématique, avance avec aisance vers quelque chose de plus hypnotique. Thalia
Zedek et Sanford s’y partagent le chant. Il est à noter que jamais E ne sonne
comme la réunion de trois entités, Negative Work fait montre d’une réelle cohésion, on écoute ici la musique d’un
véritable groupe. Un groupe où une alchimie est clairement présente.
« Poison Letter », je n’ai rien à en dire, il
suffit de l’écouter. Ma petite préférée. Si cela ne vous fait aucun effet, je
ne peux rien pour vous, peut-être n’aimez-vous tout simplement pas la musique,
ce qui n’est pas si grave. Mais cette voix, encore et toujours, ces guitares
qui savent aller et venir, feu et glace. Et ce jeu de batterie si particulier,
tout en roulements. Enfin, je vous ai dit, je n’ai rien à en dire. « A
house Inside » est chantée par Jason Sanford. Il nous susurre à l’oreille, puis
sa voix s’emporte et rend ce morceau passionnant.
« Down she goes » arrive avec ses guitares
entremêlées et sa rythmique lancinante. Un titre peut-être plus abrasif mais
qui, avec le temps, se révèle et emporte tout. On est déjà à la moitié du
disque, tout est parfaitement à sa place et un constat s’impose : Negative Work est plus varié, plus
abouti que le premier disque de E. Je ne pourrais pas vous quitter sans vous
parler de « One In Two », ses guitares mélancoliques qui se mélangent
jusqu’à exploser quand la batterie arrive, ce martèlement. Et la voix de Thalia
Zedek. Pourquoi ne saoule-t-on pas les masses avec cette voix ? Pourquoi n’est-elle
pas partout ? « Hole In Nature » se fait velours (enfin, un peu râpeux
tout de même), la voix de Sanford nous grise, encore un morceau parfait, encore
un. « Hollow » vient conclure le disque comme il avait commencé, avec
cet alliage précis (et précieux) de mélodies et de coups de boutoirs. Et ce
refrain, mes petits, ce refrain. Voilà, la leçon est terminée. Negative Work
est un grand, très grand disque.
Vous l’aurez compris, ce disque fait l’unanimité entre moi,
moi-même et je, j’ai même quelques amis qui n’en reviennent pas, c’est vous
dire. E est également une vraie expérience à vivre en concert, un truc sans
fioritures aucune, mais qui vous traverse et vous avale. Une musique sincère et
passionnée, passionnante.
On a chaud, on est bien, on est Cannibales !
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3 juin 2018
Dark Water
"C'est gras. Et fin, en même temps. Comme des rillettes."C'est par ces quelques mots aussi fleuris qu'impeccablement justes et flatteurs (si, si) qu'un homme de mes amis, au goût toujours certain et à la verve tripière, a réagi à la première écoute de Endless Floods et de son deuxième long format, terriblement sobrement intitulé II. Doom.
Un peu de math pour commencer, ça fait toujours du bien. Le disque est composé de deux titres longs et d'un court intermède. Quasi vingt-cinq minutes pour le premier et presque vingt pour le second. Et s'il est vrai que, dans le genre qui nous intéresse, la longueur extrême n'est plus une surprise pour personne, rare sont ceux qui réussissent à imposer quelque chose d'original sur un format somme toute assez casse-gueule. Et mieux, si je vous disais que II est captivant de bout en bout dès la première écoute ? Incroyable, non ?
"Impasse" ouvre le pot (oui, oui, de rillettes, c'est bien) en se développant d'abord de façon assez classique : lenteur, crasse, toutes cymbales dehors et une mélodie qui rampe au milieu de tout ça. On pense alors un peu aux voisins de Monarch! sur leurs travaux les plus abouties (il faut que je vous parle de Never Forever (je sais ça commence à dater)). Et puis le chant arrive, et là mes frères (et mes sœurs), le miracle se produit. Parce que si à l'instant où l'on se trouve, seulement quelques minutes se sont passées, on entre dans quelque chose de plus inédit et qui participe à l'intérêt magnétique que Endless Floods aura très vite pour ceux qui y poseront une oreille attentive. Car si la musique fait songer à du Sludge/Doom certes de très bonne facture, le chant ferait facilement penser aux grandes heures de la French Way of Emo (je mets tous les noms de genres en majuscules, je suis d'humeur classificatrice respectueuse). Et pour qui suit ce blog depuis quelques temps (j'en vois quelques-uns au fond), il saura que ça ne peut pas me laisser insensible. Figurez-vous qu'à ce train-là, le morceau est tellement palpitant que quand, d'un coup, le calme s'installe, le quart d'heure est largement passé. Le morceau bifurque alors vers quelque chose de moins âpre, la guitare se fait clair et on glisse tranquillement vers la contemplation jusqu'à ce que le tout grimpe encore vers des cimes de distorsions, mais dosées, par touche savante. Parce que l'autre grand atout de Endless Floods, c'est cette gestion parcimonieuse du bruit, de ces ambiances Noise qui font clairement son identité. Et boom, un p'tit tour de force, comme ça, modeste et appliqué, réussissant à captiver pendant la durée moyenne d'un long disque de Grind.
"Passage" se la joue interlude acoustique, en faisant bien plus penser à Steve Von Till qu'à un truc de hippies et c'est très bien, on sait qu'on a changé de face et qu'on peut se rasseoir pendant une vingtaine de minutes (-reprendrez-vous un peu de rillettes ? -Oh moi, vous savez, en apprenant la mort du maire du Mans pendant la rédaction de cette chronique, je ne sais plus comment je m'appelle. Une grande perte pour le monde du théâtre, c'est tout ce que je peux vous dire...).
"Procession" commence comme une romance à deux de nuit sur un alligator dans un marécage en regardant les obsèques du maire du Mans en Replay sur l'application smartphone de France 3 Pays de la Loire. Mais heureusement, il n'y a plus de réseau, la retransmission s'arrête et la voix déboule, encore plus papier de verre en lambeaux que jamais, Sludge pour tous et chacun sa merde. Quand soudain, les lumières commencent à se faire plus lointaines, la musique n'est plus qu'un souffle... Et repart, encore et encore, chaque fois plus goudronnée, toujours plus noise, avec une guitare qui se dresse et serpente en suintant jusqu'à s'épuiser, au faîte d'un disque qui, disons-le, nous subjugue. Et les dernières lumières s'éteignent avant que le disque ne se termine dans un déluge complet. Et Endless Floods a bon sur toute la ligne. Épatant, hein ?
"Une rue, c'est ce qui va quelque part. Ça marche de chaque côté de nous comme une procession." Paul Claudel
Plus que jamais, sois cannibale.
Un peu de math pour commencer, ça fait toujours du bien. Le disque est composé de deux titres longs et d'un court intermède. Quasi vingt-cinq minutes pour le premier et presque vingt pour le second. Et s'il est vrai que, dans le genre qui nous intéresse, la longueur extrême n'est plus une surprise pour personne, rare sont ceux qui réussissent à imposer quelque chose d'original sur un format somme toute assez casse-gueule. Et mieux, si je vous disais que II est captivant de bout en bout dès la première écoute ? Incroyable, non ?
"Impasse" ouvre le pot (oui, oui, de rillettes, c'est bien) en se développant d'abord de façon assez classique : lenteur, crasse, toutes cymbales dehors et une mélodie qui rampe au milieu de tout ça. On pense alors un peu aux voisins de Monarch! sur leurs travaux les plus abouties (il faut que je vous parle de Never Forever (je sais ça commence à dater)). Et puis le chant arrive, et là mes frères (et mes sœurs), le miracle se produit. Parce que si à l'instant où l'on se trouve, seulement quelques minutes se sont passées, on entre dans quelque chose de plus inédit et qui participe à l'intérêt magnétique que Endless Floods aura très vite pour ceux qui y poseront une oreille attentive. Car si la musique fait songer à du Sludge/Doom certes de très bonne facture, le chant ferait facilement penser aux grandes heures de la French Way of Emo (je mets tous les noms de genres en majuscules, je suis d'humeur classificatrice respectueuse). Et pour qui suit ce blog depuis quelques temps (j'en vois quelques-uns au fond), il saura que ça ne peut pas me laisser insensible. Figurez-vous qu'à ce train-là, le morceau est tellement palpitant que quand, d'un coup, le calme s'installe, le quart d'heure est largement passé. Le morceau bifurque alors vers quelque chose de moins âpre, la guitare se fait clair et on glisse tranquillement vers la contemplation jusqu'à ce que le tout grimpe encore vers des cimes de distorsions, mais dosées, par touche savante. Parce que l'autre grand atout de Endless Floods, c'est cette gestion parcimonieuse du bruit, de ces ambiances Noise qui font clairement son identité. Et boom, un p'tit tour de force, comme ça, modeste et appliqué, réussissant à captiver pendant la durée moyenne d'un long disque de Grind.
"Passage" se la joue interlude acoustique, en faisant bien plus penser à Steve Von Till qu'à un truc de hippies et c'est très bien, on sait qu'on a changé de face et qu'on peut se rasseoir pendant une vingtaine de minutes (-reprendrez-vous un peu de rillettes ? -Oh moi, vous savez, en apprenant la mort du maire du Mans pendant la rédaction de cette chronique, je ne sais plus comment je m'appelle. Une grande perte pour le monde du théâtre, c'est tout ce que je peux vous dire...).
"Procession" commence comme une romance à deux de nuit sur un alligator dans un marécage en regardant les obsèques du maire du Mans en Replay sur l'application smartphone de France 3 Pays de la Loire. Mais heureusement, il n'y a plus de réseau, la retransmission s'arrête et la voix déboule, encore plus papier de verre en lambeaux que jamais, Sludge pour tous et chacun sa merde. Quand soudain, les lumières commencent à se faire plus lointaines, la musique n'est plus qu'un souffle... Et repart, encore et encore, chaque fois plus goudronnée, toujours plus noise, avec une guitare qui se dresse et serpente en suintant jusqu'à s'épuiser, au faîte d'un disque qui, disons-le, nous subjugue. Et les dernières lumières s'éteignent avant que le disque ne se termine dans un déluge complet. Et Endless Floods a bon sur toute la ligne. Épatant, hein ?
"Une rue, c'est ce qui va quelque part. Ça marche de chaque côté de nous comme une procession." Paul Claudel
Plus que jamais, sois cannibale.
12 janvier 2018
Top Gun
2017 est morte, vive 2017. Dans le désordre le plus complet.
Skeuds :
-Big Brave : Ardor
-Unsane : Sterilize
-Monarch : Never Forever
-torino : De L’autre côté de la ville
-Wolves In The Throne Room : Thrice Woven
-Bell Witch : Mirror Reaper
-Friendship : Hatred
-Oxbow : Thin Black Duke
-Prurient : Rainbow Mirror
-Iron Reagan : Crossover Ministry
-Black Mecha : I.M. Mentalizing
-Brutus : Burst
-Crystal Fairy : St
-Horisont : About Time
-PallBearer : Heartless
-Endon : Through The Mirror
-Contractions : Demo
-Woe : Hope Attrition
-Mondkopf : They Fall But You Don’t
-Unsane : Sterilize
-Monarch : Never Forever
-torino : De L’autre côté de la ville
-Wolves In The Throne Room : Thrice Woven
-Bell Witch : Mirror Reaper
-Friendship : Hatred
-Oxbow : Thin Black Duke
-Prurient : Rainbow Mirror
-Iron Reagan : Crossover Ministry
-Black Mecha : I.M. Mentalizing
-Brutus : Burst
-Crystal Fairy : St
-Horisont : About Time
-PallBearer : Heartless
-Endon : Through The Mirror
-Contractions : Demo
-Woe : Hope Attrition
-Mondkopf : They Fall But You Don’t
Concerts :
-The Saddest Landscape et Svalbarduk à l’Espace B
-Oxbow, Celeste, Inter Arma et Sumac au Gibus
-The Conformists et Porch à l’Espace B
-Windhand, Monolord, Conan et Satan’s Satyrs au Glazart
-Emma Ruth Rundle à l’Espace B
-Wolves In The Throne Room et Aluk Todolo au Glazart
-Celeste, Comity et Revok au Point Ephémère
-Grails et Majeure au Glazart
-Oxbow, Celeste, Inter Arma et Sumac au Gibus
-The Conformists et Porch à l’Espace B
-Windhand, Monolord, Conan et Satan’s Satyrs au Glazart
-Emma Ruth Rundle à l’Espace B
-Wolves In The Throne Room et Aluk Todolo au Glazart
-Celeste, Comity et Revok au Point Ephémère
-Grails et Majeure au Glazart
Films :
-Grave de Julia
Ducournau
-The Lost City of Z de James Gray
-Get Out de Jordan Peele
-Emily Dickinson, a quiet passion de Terence Davies
-Rodin de Jacques Doillon
-Loving de Jeff Nichols
-Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin
-Laissez Bronzer les cadavres D’Hélène Cattet et Bruno Forzani
-The Lost City of Z de James Gray
-Get Out de Jordan Peele
-Emily Dickinson, a quiet passion de Terence Davies
-Rodin de Jacques Doillon
-Loving de Jeff Nichols
-Les Fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin
-Laissez Bronzer les cadavres D’Hélène Cattet et Bruno Forzani
Série :
-Bojack Horseman
-Flowers
-Godless
-Nola Darling
-The Deuce
-Flowers
-Godless
-Nola Darling
-The Deuce
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24 octobre 2017
Coup de torchon
Ceci est une nouvelle rubrique. Il paraît que dans la vie,
il faut être capable de mettre aussi des mots sur ce qu’on n’aime pas et, dans
le meilleur des cas, de le faire intelligemment, de savoir expliquer. Il ne
suffit pas de dire « j’aime pas la soupe » pour s’en priver, mais
d’au moins rajouter qu’elle est tiède, ce qui a le mérite de certifier qu’on
l’a goûtée. Donc, régulièrement (chaque mois si le réveil sonne), un disque, ou
deux, ou cinquante, seront listés ici-même avec un petit commentaire.
Pour essuyer les plâtres, on commencera avec le dernier
Mogwai, Every Country Sun.
Mogwai, c’est un peu comme les pâtes, on peut en manger tous
les jours pendant des années mais un jour, c’est fatal, aucune sauce, aucune
épice n’y peut rien, on en a un peu ras-le-bol. On arrête alors pendant un
certain temps et puis, un jour, on se dit que, tiens, ça ne serait pas si mal
d’écouter Mogwai. Et c’est toujours aussi bon. Parce qu’il faut bien l’avouer,
Mogwai a tout inventé d’une certaine sorte de post-rock, instrumental,
doux-amer, violent-calme. Oui, mais voilà, le nouvel album, pas forcément
mauvais, n’apporte que peu de pierres à un édifice déjà terriblement solide et
haut de neuf long formats (sans compter la quantité de B.O, de live et de EP).
Et si Mogwai sait toujours mieux que personne soulever des masses d’émotions et
faire naître des images mentales, on pourrait souhaiter que de nouvelles choses
se produisent, que Mogwai évolue plus vite qu’à très petites touches, qu’il
recommence à jouer avec des guitares, beaucoup de guitares, ces dernières étant
de moins en moins présentes depuis Hardcore
Will Never Die, But You Will. Le dernier tiers du disque dément un peu cela
mais un peu tard et de façon relativement académique.
En 2013, sur la Bande-originale des Revenants, tout semblait nouveau alors qu’on reconnaissait toujours
la pattes de Mogwai. Tout semblait aussi possible pour la suite. Aujourd’hui, ce
côté électro post-rock un peu anonyme, même s’il est souvent de très bonne
facture, ne semble pas aussi marquant que Mogwai a pu l’être bien des fois et,
finalement, de bien des façons.
La gêne de Calimity n’est cette fois-ci pas trop forte mais il faudra bien finir par faire quelque chose, au risque de la lasser totalement.
La gêne de Calimity n’est cette fois-ci pas trop forte mais il faudra bien finir par faire quelque chose, au risque de la lasser totalement.
« Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans
une constance apparente ». Rousseau
Sois Cannibale !
7 septembre 2017
Fire Walk With Me
J'ai fini Twin Peaks hier. J'étais un peu triste mais surtout soufflé. C'est de loin, de très loin, l'objet télévisuel le plus jusqu'au-boutiste et extrême que j'ai vu de toute ma vie. C'est au-delà de tout, angoissant, violent, drôle, certes, mais très expérimental, porté par des effets spéciaux moins réalistes qu'oniriques et esthétiques, avec un côté rétro nous rappelant les premiers effets numériques.
Et puis l'histoire, dix-huit heures d'errance à travers les Etats-Unis partant dans des dizaines de directions mais réussissant à nous porter parce que Lynch sait faire naître la certitude qu'il sait ce qu'il fait et où il va même si, peut-être, ce n'est finalement pas le cas. Réussir à faire regarder à la télévision une série avec des épisodes entiers sans dialogues et sans histoire, savoir se baser tour à tour sur l'image et son pouvoir ou et sur une chronologie inédite puisque ayant commencé il y a plus de vingt-cinq ans, quel exploit !! Pourtant, rien n'est jamais acquis, on se demande souvent ce qu'on est en train de regarder et si la série répond à de très anciennes questions aujourd'hui ancrées dans la culture populaire, elle en pose des dizaines d'autres. La fin n'est pas une fin alors qu'on sait qu'il n'y aura plus de suite.
Malgré cela, malgré la frustration d'une attente non comblée, on sort de ces dix-huit heures comme d'un songe fascinant qu'on peine à s'expliquer. Le mystère Twin Peaks n'a jamais été aussi dense, les réponses apportées aussi satisfaisantes soient-elles ne sont que des images de surface derrière lesquelles de nouveaux labyrinthes de questions se creusent. David Lynch et Mark Frost ont réussi à rendre hommage à leur bête polymorphe tout en concassant leur jouet et les attentes des fans. Là où, il y a vingt-cinq ans, l'oeuvre jouait avec les codes des séries en changeant définitivement la face de la fiction télévisuelle, cette dernière saison change ce qu'est Twin Peaks et tout ce qu'on pouvait en attendre est révolutionné. Quand on se souvient que la presse craignait le fan service et le ramollissement, Lynch n'a ni fait cela ni tenté de révolutionner le monde des séries mais a utilisé son bébé comme une balle rebondissante (spolier), s'amusant de l'infinité des possibles que la bête Twin Peaks portait en embryon. Avec moins de 300 000 téléspectateurs devant leur poste pour chaque épisode, la série est à la fois un échec et le plus inestimable cadeau que le réalisateur pouvait nous faire : n'écouter que son envie et donner libre cours à son exploration d'un univers multiple qui restera le plus infini cauchemar que la télévision nous ait offert.
Pour la rentrée, sois cannibale !
Et puis l'histoire, dix-huit heures d'errance à travers les Etats-Unis partant dans des dizaines de directions mais réussissant à nous porter parce que Lynch sait faire naître la certitude qu'il sait ce qu'il fait et où il va même si, peut-être, ce n'est finalement pas le cas. Réussir à faire regarder à la télévision une série avec des épisodes entiers sans dialogues et sans histoire, savoir se baser tour à tour sur l'image et son pouvoir ou et sur une chronologie inédite puisque ayant commencé il y a plus de vingt-cinq ans, quel exploit !! Pourtant, rien n'est jamais acquis, on se demande souvent ce qu'on est en train de regarder et si la série répond à de très anciennes questions aujourd'hui ancrées dans la culture populaire, elle en pose des dizaines d'autres. La fin n'est pas une fin alors qu'on sait qu'il n'y aura plus de suite.
Malgré cela, malgré la frustration d'une attente non comblée, on sort de ces dix-huit heures comme d'un songe fascinant qu'on peine à s'expliquer. Le mystère Twin Peaks n'a jamais été aussi dense, les réponses apportées aussi satisfaisantes soient-elles ne sont que des images de surface derrière lesquelles de nouveaux labyrinthes de questions se creusent. David Lynch et Mark Frost ont réussi à rendre hommage à leur bête polymorphe tout en concassant leur jouet et les attentes des fans. Là où, il y a vingt-cinq ans, l'oeuvre jouait avec les codes des séries en changeant définitivement la face de la fiction télévisuelle, cette dernière saison change ce qu'est Twin Peaks et tout ce qu'on pouvait en attendre est révolutionné. Quand on se souvient que la presse craignait le fan service et le ramollissement, Lynch n'a ni fait cela ni tenté de révolutionner le monde des séries mais a utilisé son bébé comme une balle rebondissante (spolier), s'amusant de l'infinité des possibles que la bête Twin Peaks portait en embryon. Avec moins de 300 000 téléspectateurs devant leur poste pour chaque épisode, la série est à la fois un échec et le plus inestimable cadeau que le réalisateur pouvait nous faire : n'écouter que son envie et donner libre cours à son exploration d'un univers multiple qui restera le plus infini cauchemar que la télévision nous ait offert.
Pour la rentrée, sois cannibale !
20 juillet 2017
Épuration esthétique
Aujourd’hui, à la demande générale des chats du quartier et surtout
de ma voisine qui adore que j’écoute Karate en boucle, le post d'aujourd’hui
inaugure une nouvelle rubrique (qui en fait existe déjà mais qui n’avait pas de
nom (tu suis ? (triple parenthèse par amour des bonnes choses))) :
Désordre esthétique. Je vous vois déjà, vous tortillant d’extase à cette
nouvelle « oh oui, tonton cannibale, une nouvelle rubrique ». Point
de musique ici mais du goût pour le beau, de la passion pour l’image, du
fétichisme pour l’emballage, de l’amour pour la photo, bref, du style, des
couleurs, des typos, de la classe et des pochettes d’albums qu’on pourrait
regarder pendant des heures. Pour baptiser cette nouvelle vieille rubrique,
nous allons parler minimalisme, épuration, beauté par le peu.
Certains esprits extrémistes ne sont pas loin de penser que
pour faire une pochette de disque parfaite, il suffit de deux couleurs et d’une
typo choisies avec une science de l’agencement touchant au miracle. Ces gens de
goûts sont à l’origine d’une des vérités qui fait que le monde peut parfois
échapper à la laideur. Il suffit de se souvenir de 13 Songs de Fugazi pour se dire qu’il n’y a pas besoin de faire
beaucoup pour obtenir la perfection. Et comme le monde est bien fait et que la
logique réussi parfois l’étrange parie de s’inviter à la table du chaos, le hardcore
étant lui-même l’art de faire beaucoup avec peu, on comprend pourquoi le
premier exemple qui nous vient est le chantre du HxC made in Washington DC.
Bien des gens (pour le meilleur et le pire) derrière les visuels de groupes se
réclamant être les héritiers d’un certain esprit DIY punk et hardcore se sont
de tous temps essayés à la beauté qui tient à peu, à l’unique couleur qui fait
tout, à la ligne qui étant seule est une ligne que l’on remarque et qui nous
raconte des choses.*
Une bonne pochette d’album n’a, du moins à l’origine, pas
vocation à devenir un poster, une image qui se suffit à elle-même, elle ne doit
être que comme l’étiquette sur une bouteille ou plutôt, elle est le couvercle d’une
boite de pandore et n’est qu’une illustration d’un contenu. En cela, elle est
un format idéal pour l’abstraction, l’apparition d’aucune information n’étant
finalement nécessaire en son sein puisqu’elles peuvent être présentent
ailleurs, sur la tranche du boitier du disque ou sur un sticker. Les exemples
sont nombreux de disques à la pochette immaculée ou même sans pochette du tout.
Mais comme dit plus haut, les plus belles sont composées de deux ou trois
éléments : texte, couleur, photographie.
Je ne peux m’empêcher de citer une nouvelle fois Karate dont
les pochettes de Some Boots et Pockets sont des chefs-d’œuvre du genre.
La première et ses deux couleurs qui englobent une photographie, les verticales
qui se répondent et les jeux de couleurs sur la typo sont un miracle de
création visuel qui illustre à merveille le contenu du disque. La deuxième a l’idée
géniale d’utiliser un schéma pour toute illustration et de le présenter sur un
fond gris. La sobriété étant dans ces exemples un outil esthétique entièrement
au service d’une façon de faire, elle est une philosophie du carcan comme base
de création. Le minimalisme d’une pochette d’album devient alors un reflet de
ce que peut être la musique quand elle est limitée par une contrainte. Il est
un miroir à la question de tous temps : que peut-on faire de nouveau quand
ne dispose que d’une batterie, d’une guitare, d’une basse et d’un micro ?
Il est plaisant de se balader dans sa discothèque et d’y
chercher ces pochettes qui font tout avec peu et qui par leur simplicité apparente
sont le reflet parfait des disques qui finissent par devenir une partie
intégrante de nous-mêmes. Ils sont comme une photo ou un tableau qu’on garde
accrochés longtemps sur un mur, chaque fois que l’on pose un disque sur une
platine, le premier élément qui compose cette action est un fait visuel qui
nous guide. Et il est amusant de se rendre compte que souvent lorsque l’on
oublie le nom d’un groupe, il suffit de se représenter sa pochette dans notre
tête pour se le rappeler. Bien sûr, plus la pochette est épurée, plus cette
gymnastique est aisée.
*Certains esprits chagrins me diront qu’ailleurs ou même
avant, sous d’autres latitudes musicales, on faisait déjà dans l’épuration. Ils
me citeront les Beatles, Metallica et d’autres. Je leur répondrai méchamment
que l’album blanc est blanc pour faire couler de l’encre et n’est que le fruit
d’une démarche marketing, ils me répondront que je suis de mauvaise foi, ils
auront peut-être raison sur ce point mais pas sur la question qui nous
intéresse aujourd’hui.
1 juin 2017
Le Lit est dans l'océan
Et puis un jour, Karate.
Il y a des groupes très rares, de ceux qui portent en eux
une certaine magie. Chez certains, cette magie se mérite et se révèle au bout
d’un quasi parcours du combattant avec, à l’arrivée, la satisfaction de
comprendre et d’apprécier quelque chose de supérieur, à la beauté complexe. Et
puis il y a ceux, peut-être plus rares encore, dont la magie apparaît
instantanément, comme une évidence, sans jamais faiblir, constante dans chaque
note, à chaque écoute. On les découvre et ce qu’on entend apparaît tel que chez
ceux qu’on aime et qu’on écoute depuis toujours. Ils font tout de suite partie
de nous. Karate est de ceux-là. Il y a quelques semaines, j’ai écouté un disque
d’eux presque par hasard. Beaucoup de disques tournaient chez moi et d’un coup,
il n’y eu plus rien à faire, il n’y eu plus que Karate.
On pourrait dire d’eux que c’est un peu Pinback en plus
lo-fi ou 31 Knots en moins mathématique, mais on aurait finalement rien dit.
Sur leurs trois premiers disques, une certaine orfèvrerie pop vous fait de
l’œil pendant que la complexité rythmique s’occupe de rendre chaque morceau
assez dense pour être toujours passionnant. Le tout a souvent des tournures
rappelant la sécheresse d’un Fugazi tout en étant capable de vous balader sur
les terres du jazz le plus aventureux. On pense aux vieux Tortoise au détour
d’une intro et on finit par comprendre que Karate est beaucoup plus que la
somme de ces petites choses qui nous en rappellent d’autres.
Sur In Place of Real
Insight et The Bed is in the Ocean, deux
pics de leur discographie, chaque riff, break ou mélodie de chant semble
parfaitement à sa juste place, tout semble couler de source et il n’y a jamais
rien de trop, aucun remplissage. Les deux disques apparaissent alors comme
touchés par la grâce, celle d’un rock indé à la modestie artisanale, ouvragée. De
la magie. Puis, on réécoute, on s’habitue, on attend telle cassure, telle
phrase chantée en début de morceau (« On Cutting », sublime), on
prend ses aises et cette collection de morceaux devient un labyrinthe duquel on
a appris à toujours savoir sortir mais dans lequel on aime à courir, jouer à se
perdre. On se demande alors : comment c’était la vie sans Karate ?
On se met tous au Karaté, on est tous cannibales.
5 avril 2017
Demande à la poussière
Ils sont quatre, ils sont beaux, ils sont de Pennsylvanie,
aujourd’hui on déblatère noise avec Pissed Jeans et le petit nouveau Why Love Now.
La question qui est sur toutes les lèvres, de ceux qui
savent que le seul groupe noise encore vivant à être signé sur Sub Pop et
valant qu’on s’y intéresse (Metz peut aller se rhabiller) est Pissed Jeans, est la suivante : comment fait-on pour pondre un album qui sorte du lot quand
on arrive, déjà, à son 5e disque ? C’est tout simple, il suffit
de sortir son meilleur disque. Facile, non ?
D’abord, Pissed Jeans réussi à se dépasser lui-même en osant
aller un peu ailleurs, comme sur « I’m A Man » et son spoken Word sur
fond de martellement martial, très réussi pour un truc chez eux pas du tout
habituel. Il y a aussi, au rayon des grandes réussites, l’introductif
« Waiting On My Horrible Warning » donc le cri introductif
terriblement jouissif, la lourdeur marécageuse et l’emphase impressionnent dès
les premières écoutes.
Ensuite, ça tombe sous le sens, il faut du tube, des trucs
qu’on a envie de retrouver. Pour cela, « The Bar Is Low » fait plutôt
bien le taf, ça va vite et directement où là où ça fait boom, du tout bon. Mais
le grand gagnant rayon morceau parfait c’est « Love Wthout Emotion »,
dès le break de batterie qui entame le morceau, on sait que ça va être comme on
aime et puis tout se déroule ensuite de façon miraculeuse, du grand art, et puis
ce refrain, cette mélodie (oui, oui, de la mélodie).
Il y a encore beaucoup d’autres choses sur ce lp, le riff
qui tronçonne de « (Won’t Teel You) My Sign », le slow
« Activia » (non je déconne) qui conclut l’album comme il a commencé,
dans une lenteur poisseuse. Jamais un disque de Pissed Jeans ne m’avait semblé
aussi bavard, varié mais toujours juste, at surtout addictif comme ne peuvent
l’être que les meilleurs. Ajouter à ça une production signée Lydia Lunch et
Arthur Rizk (des noms qu’il est assez étonnants de retrouver ici (le second
officiant généralement dans le metal)) qui sert totalement l’âpreté de la
musique de Pissed Jeans et vous obtenez ce qui n’est pas loin d’apparaitre
comme leur meilleur disque. Et ça, avouez que c’est fou, non ?
(MAJ : "Activia" n'est pas le dernier titre de l'album mais bien le pénultième mais on s'en fout, ça change rien.)
(MAJ : "Activia" n'est pas le dernier titre de l'album mais bien le pénultième mais on s'en fout, ça change rien.)
15 mars 2017
Near Death Experience
Il était une fois un type que je pensais être un musicien parmi d'autres, pas forcément sans talent mais noyé dans la masse et puis un jour j'ai écouté sa musique (on est con des fois...). Ce type c'est Emil Amos et aujourd'hui je gratte sur Holy Sons, son bébé solo.
Si vous avez déjà eu l'impression, en écoutant un disque seul le soir, que quelqu'un s'adressait à ce que vous avez de plus intime en vous, l'enveloppait de sons pour le protéger et le tenir bien au chaud, vous avez de la chance. Quand j'ai écouté un disque de Holy Sons pour la première fois, je me suis tout de suite senti non pas chez moi, mais en moi-même, jusqu'à parfois sentir cette musique, cette voix, atteindre des régions insoupçonnées de mon espace mental, allant chatouiller mes synapses et les réveiller en leur chuchotant des choses qui font du bien. Je n'arrête pas de le dire ici mais c'est un des miracles de la musique que cette capacité, sans cesse renouvelée, à nous émouvoir. Et l'oeuvre de Holy Sons est assez vaste et possède assez de recoins pour nous tenir par la main pendant de longs mois.
Jetez-vous sur I Want To Live A Peaceful Life, la porte d'entrée idéale vers ce folk un peu Lo-Fi (Emil Amos y joue la totalité des instruments), un peu psyché mais jamais trop. Il y déroule des mélodies qui font fondre notre environnement direct pour nous faire entrer dans une musique qui paraît toujours simple mais est touchée par une grâce venue de derrière les choses. C'est la grande qualité des compositions du sieur Amos, ce côté psychédélique un peu lointain, toujours au service d'une narration folk parfois très sombre mais toujours habitée. Ecoutez "Family Man", prenez le temps de vous y arrêter et vous verrez qu'on touche ici à un pouvoir rare, à une dimension spirituelle de la musique telle qu'on la trouve dans le meilleur du grand (du très grand) Neil Young.
Il me faut aussi parler de Decline Of The West, le disque suivant, fait de morceaux sonnants peut-être un peu moins folk du fait d'une boite à rythmes omniprésente, mais certainement pas moins habités. Les mélodies de chant se font ici plus travaillées, l'orchestration plus pop et le disque dans son ensemble est plus varié. Avec ces deux disques, on possède déjà le Graal mais on ne doit pas pour autant se priver de Survivalist Tales, The Fact Facer ou du dernier né In The Garden. Ils ont tous quelques petites choses précieuses à offrir. Amen.
"Sur le plan spirituel, toute douleur est une chance; sur le plan spirituel seulement." Emil Michel Cioran
Y a-t-il autre chose à faire qu'être cannibale ?
29 décembre 2016
Slacker, A top model for 2016
Avec amour mais dans le désordre :
-Aluk Todolo : Voix
-Swans : The Glowing Man
-Tortoise : The Catastrophist
-Cult of Luna/Julie Christmas : Mariner
-Rêche : Rêche
-Vektor : Terminal Redux
-Subrosa : For This We Fought The Battle of Ages
-Horseback : Dead Ringers
-Brain Tentacles : Brain Tentacles
-DIllinger Escape Plan : Dissociation
-Candiria : While They Were Sleeping
-Super Unison : Auto
-Venomous Concept : Kick Me Silly VCIII
-Gorguts : Pleiades Dust
-Mike and the Melvins : Three Men and a Baby
-Zhrine : Unortheta
-NOFX : First Ditch Effort
-Thalia Zedek Band : Eve
-Michel Cloup Duo : Ici et Là-bas
-Papier Tigre : The Screw
-Deathspell Omega : The Synarchy of Molten Bones
-Blut Aus Nord/Aevangelist : Codex Obscura Nomina
-Antaeus : Condemnation
-Bölzer : Hero
-Khemmis : Hunted
-Violent Magic Orchestra :Catastrophic Anonymous
-Swans : The Glowing Man
-Tortoise : The Catastrophist
-Cult of Luna/Julie Christmas : Mariner
-Rêche : Rêche
-Vektor : Terminal Redux
-Subrosa : For This We Fought The Battle of Ages
-Horseback : Dead Ringers
-Brain Tentacles : Brain Tentacles
-DIllinger Escape Plan : Dissociation
-Candiria : While They Were Sleeping
-Super Unison : Auto
-Venomous Concept : Kick Me Silly VCIII
-Gorguts : Pleiades Dust
-Mike and the Melvins : Three Men and a Baby
-Zhrine : Unortheta
-NOFX : First Ditch Effort
-Thalia Zedek Band : Eve
-Michel Cloup Duo : Ici et Là-bas
-Papier Tigre : The Screw
-Deathspell Omega : The Synarchy of Molten Bones
-Blut Aus Nord/Aevangelist : Codex Obscura Nomina
-Antaeus : Condemnation
-Bölzer : Hero
-Khemmis : Hunted
-Violent Magic Orchestra :Catastrophic Anonymous
Rééditions :
-White Zombie : It Came from NYC
-Blonde Redhead : Masculin-Féminin
Concerts :
-Aluk Todolo à l'église Saint Merry
-Clutch au Trianon
-David Gilmour au château de Chantilly
-Shellac à la Gaité Lyrique
-David Gilmour au château de Chantilly
-Shellac à la Gaité Lyrique
-Tortoise à Villette Sonique
-Unsane à Main d'Oeuvre
-Unsane à Main d'Oeuvre
-Subrosa à l'Espace B
Films :
-La Fille Inconnue
-Midnight Special
-Premier Contact
-Premier Contact
-Café Society
-Elle
-Elle
-L'Avenir
3 décembre 2016
Il était une fois en Amérique
A-t-on besoin d'autre chose, à l'approche des fêtes de Noël, que de dope, de flingues et de faire des câlins dans la rue ? Aujourd'hui, nous parlons de Dope Guns 'N' Fucking In The Streets, la mythique série de 7 pouces d'Amphetamine Reptile Records, récemment rééditée sur un double CD rempli raz la gueule.
Pas moins de 47 groupes et autant de titres pour ce jalons des 90's, des noms aujourd'hui incontournables tels que Mudhoney, Melvins, Jesus Lizard, Today Is The Day, Helmet, Jawbox, Unsane et Chokebore. Des choses un peu moins connues mais tout aussi folles : Tar, Calvin Krime, Steelpolebathtub, etc. Ainsi compacté sur deux disques, on s'en rend compte que tout cela forme la crème du rock indé ricains (mais pas que) de la décennie fluo (oui, c'est un terme sociologique).
Tout à fait objectivement, "Basement Life" de Superchunk, "Lotion Pocket" de GodHeadSilo et "Fight Song" de Calvin Krime justifient à eux seuls l'intérêt de l'ensemble. Mais la totalité des groupes présents sont une photographie d'une certaine idée du rock indé, un peu noise et un peu fou fou. On passera sur le packaging de pingre, avec rien d'autre que la liste des morceaux (truffée d'erreurs) dans un boitier bien cheap car le plaisir d'avoir tous les volumes de la série dans un seul et même disque est une bonne alternative pour les collectionneurs fainéants.
Mets des disques sous le sapin et sois cannibale !
Pas moins de 47 groupes et autant de titres pour ce jalons des 90's, des noms aujourd'hui incontournables tels que Mudhoney, Melvins, Jesus Lizard, Today Is The Day, Helmet, Jawbox, Unsane et Chokebore. Des choses un peu moins connues mais tout aussi folles : Tar, Calvin Krime, Steelpolebathtub, etc. Ainsi compacté sur deux disques, on s'en rend compte que tout cela forme la crème du rock indé ricains (mais pas que) de la décennie fluo (oui, c'est un terme sociologique).
Tout à fait objectivement, "Basement Life" de Superchunk, "Lotion Pocket" de GodHeadSilo et "Fight Song" de Calvin Krime justifient à eux seuls l'intérêt de l'ensemble. Mais la totalité des groupes présents sont une photographie d'une certaine idée du rock indé, un peu noise et un peu fou fou. On passera sur le packaging de pingre, avec rien d'autre que la liste des morceaux (truffée d'erreurs) dans un boitier bien cheap car le plaisir d'avoir tous les volumes de la série dans un seul et même disque est une bonne alternative pour les collectionneurs fainéants.
Mets des disques sous le sapin et sois cannibale !
19 octobre 2016
Octupus Has no friends
Relapse semble à nouveau dans une période faste puisque les sorties de qualité se bousculent chez le label de Philadelphie. Pour preuve, le premier album de Brain Tentacles dont le nom est tellement classe que le disque s'appelle comme le groupe (ou bien est-ce l'inverse ? Mystère). Formé par David Witte le batteur (entre autres) de Municipal Waste, Bruce Lamont (le saxophoniste de tous vos groupes préférés) et Aaron Dallison de Keelhaul (et de plein d'autres trucs que je ne connais pas), Brain Tentacles creuse un tunnel sombre et obscur entre King Crimson et Zeus, en n'oubliant pas de faire un détour vers le jazz le plus free, le rock le plus noise avec, dans l'autoradio de la pelleteuse, le Zappa le plus écoutable et des musiques du monde. Ça fait beaucoup et pourtant.
Brain Tentacles c'est un peu comme si Zeus avait soigné son épilepsie en écoutant du jazz New Orleans ou, plus simplement, comme si par enchantement, Zu devenait d'un coup bien plus accessible. Car si on ne peut pas encore parler ici de musique formatée, Brain Tentacles ne demande pas trop de se creuser la cervelle pour rentrer dans son univers, le disque, plutôt court, ne demande pas un effort surhumain pour apprécier ces folles complaintes en forme de montagnes russes. Pourtant, cette musique est cinglée, c'est un fait. Mais ce qui semble ici prévaloir c'est le fun, le plaisir de faire du bruit et il est étonnamment communicatif, surtout pour un disque de ce genre.
De "Kingda Ka" et "Fruitcake" qui sonnent comme une rencontre d'une nuit entre du noise rock et le Klezmer vu par John Zorn à des choses plus posées comme "Fata Morgana" (pensez Bloodiest, toujours Bruce Lamont), la galette se permet de se balader sur un spectre bien plus large qu'on ne s'y attend au premier abord et tape souvent juste. "Cosmic Warriors Girth Curse" est un des sommets de l'album, tour à tour lourd et planant, comme un voyage spatial mais en rouleau compresseur. Une fois le disque passé, on n'aura finalement vécu autant de choses que chez Zeus et Zu mais en ayant tout de même moins la sensation d'avoir été ballotté n'importe comment de façon gratuite. Pour terminer, quelques mots sur la pochette, franchement classe, qui a la présence d'esprit de réunir tout ce que j'aime voir sur un disque, des navires, des monstres marins et des cerveaux. Pourquoi se compliquer la vie.
"Et sous la peur, la superstition, obsédante et troublante, étendait ses tentacules." Enrique Serpa, Contrebande.
Malaxe tes méninges et sois cannibales.
Brain Tentacles c'est un peu comme si Zeus avait soigné son épilepsie en écoutant du jazz New Orleans ou, plus simplement, comme si par enchantement, Zu devenait d'un coup bien plus accessible. Car si on ne peut pas encore parler ici de musique formatée, Brain Tentacles ne demande pas trop de se creuser la cervelle pour rentrer dans son univers, le disque, plutôt court, ne demande pas un effort surhumain pour apprécier ces folles complaintes en forme de montagnes russes. Pourtant, cette musique est cinglée, c'est un fait. Mais ce qui semble ici prévaloir c'est le fun, le plaisir de faire du bruit et il est étonnamment communicatif, surtout pour un disque de ce genre.
De "Kingda Ka" et "Fruitcake" qui sonnent comme une rencontre d'une nuit entre du noise rock et le Klezmer vu par John Zorn à des choses plus posées comme "Fata Morgana" (pensez Bloodiest, toujours Bruce Lamont), la galette se permet de se balader sur un spectre bien plus large qu'on ne s'y attend au premier abord et tape souvent juste. "Cosmic Warriors Girth Curse" est un des sommets de l'album, tour à tour lourd et planant, comme un voyage spatial mais en rouleau compresseur. Une fois le disque passé, on n'aura finalement vécu autant de choses que chez Zeus et Zu mais en ayant tout de même moins la sensation d'avoir été ballotté n'importe comment de façon gratuite. Pour terminer, quelques mots sur la pochette, franchement classe, qui a la présence d'esprit de réunir tout ce que j'aime voir sur un disque, des navires, des monstres marins et des cerveaux. Pourquoi se compliquer la vie.
"Et sous la peur, la superstition, obsédante et troublante, étendait ses tentacules." Enrique Serpa, Contrebande.
Malaxe tes méninges et sois cannibales.
8 octobre 2016
Légendes d'automne
Au moment étrange et douloureux de dire adieu à l’été, au
soleil et aux heures passées en terrasse ou dans des jardins chauds, quand
sonne la rentrée et l’arrivée inexorable du froid et de l’automne, quoi de
mieux qu’écouter du bruit, de la musique sérielle, concrète ou
acousmatique ? Plongeons nous alors dans la phénoménale et incroyablement
riche compilation An Anthology of Noise
& Electronic Music, offerte à nos oreilles par le généreux label belge
Sub Rosa entre 2002 et 2013.
Pas moins de sept volumes répartis chacun sur deux disques
(trois pour le septième) et un classement complètement foutraque puisque
revendiqué comme étant a-chronologique. 176 morceaux pour autant d’artistes,
chercheurs, groupes et exploreurs des limites du son les plus brutes et expérimentales
pour une période explorée allant de 1920 à 2012. Ajoutons à cela des livrets
épais, remplis de notes et d’extraits d’interviews et nous voilà en présence
d’une des compilations les plus riches et variées sur ce vaste sujet qu’est la
musique quand elle se débarrasse totalement de ses oripeaux commerciaux et
populaires.
Effectivement, il ne pourra pas être question ici de danses
ou de ritournelles, à tout le moins la recherche sonore ici fêtée pourra être
pour vous l’illustration parfaite à la rêverie, au sommeil agité ou à peupler
vos longues nuits d’automne de bruits supraterrestres et de complaintes toutes
droit sorties des arcanes de machines folles. Tous les noms connus sont
présents : Pierre Schaeffer, Einsturzende Neubaten, John cage, Sonic
Youth, Cabaret Voltaire, Henry Cow, Daniel Menche, Steve Reich, Olivier
Messiaen, etc. ainsi que beaucoup d’autres. La plupart des pièces présentées
ici sont rares, introuvables ou inédites et le voyage, d’un saut dans le temps
à un autre, est riche en découvertes, entre sonates atonales, bruits blancs,
techno désossée et trips cosmiques. Paroles est ici donnée, toujours dans le
désordre, à toutes les écoles et tous les genres que la musique expérimentale
compte en son sein. On ne peut que s’y perdre pour y revenir et lentement, s’y
faire une petite place, fort des connaissances ici archivées, aussi bordéliques
soient-elles. Il est tout de même recommandé de se laisser porter et d’être
prêts à la surprise, car elle est ici la seule norme.
« Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le. » John Cage.
Et s'il était agréable le bruit de l'automne ? Sois Cannibale.
3 octobre 2016
Le Monde aveugle
Cela fait bien trop longtemps que je n’aie pas parlé de screamo. On répare ça tout de suite avec la démo de Rêche, un groupe allemand qu’il est bon.
Du haut de ces six titres, Rêche nous contemple et nous assène un screamo teinté d’emoviolence d’une trempe telle que je ne me souviens plus de la dernière fois qu’un groupe du genre m’a fait à ce point tourner la tête. La démo se déroule sans temps mort, simplement entrecoupée d’extraits de films forts à propos et dans la grande tradition. Les six compos filent sans qu’on ne s’ennuie un seul instant et ont la grâce des morceaux qui marquent.
On connait le piège de l’emoviolence qui peut facilement tomber dans le vide du mur sonore sans attrait, de la platitude creusant l’ennui. Rêche évite cet écueil en beauté et nous livre une démo transpirant le travail bien fait, la passion suintant par tous les bords de la bande enregistrée. Encore, vite !
« Est-elle mieux la vie sans yeux ? » La Vie sans yeux, Rêche.
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