Il était une fois quatre garçons promis à un grand avenir, ils étaient beaux, ils étaient riches et... Non, je déconne. Aujourd'hui, nous parlerons des Descendents, le groupe sans qui tu n'aurais pas pu avoir l'air cool avec des lunettes rectangulaires et sans qui, également, le mot hardcore mélodique ne voudrait rien dire.
As-tu, petit nerd, déjà rêvé que les filles t'adoraient pour ton QI et non tes muscles ? Pour ta culture et non pour ta gueule ? As-tu déjà fantasmé, devant le miroir, être sur une scène pour parler de tes amours impossibles alors que derrière toi, trois mecs talentueux à mourir jouent une musique fun et puissante ? Sois rassuré, tes fantasmes sont réalisables, un mec les as tous déjà vécu. Il s'appelle Milo Aukerman.
Une guitare et deux ou trois accords, des mélodiques faciles à retenir mais faisant montre d'un talent de composition foufou, une section rythmique qui fait oublier le cliché qui dit que les punks ne savent pas jouer (Bill Stevenson, je t'aime). Et par dessus tout ça, la voix de Milo, le porte-parole de ceux qui se font péter la gueule à la récré, de ceux que les filles ne regardent pas, un mec simple qui écrit des textes universels et un peu idiots. Mais au-delà de ça, il y a quelques textes de chansons qui font parties du panthéon du punk ricain : "Hope", "I'm not a punk", "Statue of liberty", "Suburban home", "Marriage". Tous ceux-là sont sur le premier album, un disque en forme de tables de la lois, une des bibles du punk. Tout simplement.
En intégrant une dimension fun et sans prise de tête à l'univers du Hardcore, les Descendents ne savaient certainement pas qu'ils ouvraient une boite de pandore d'où aller sortir le meilleur comme le pire du punk des trois dernières décennies. Ils font parties des quelques noms, comme Black Flag, Minor Threat ou Bad Brains, qui ont marqué le genre en lui imposant une vision originale. Tout cela sans jamais se défaire d'une certaine éthique, d'une farouche indépendance et du côté frontal que cette musique devrait toujours avoir.
Je crois que chaque personne ayant écouté les Descendents au moins une fois dans sa vie s'en souvient. Elle se souvient d'avoir entendu une chose modestement magique, le son de quatre mecs sans style ou tatouage, réunis pour faire une musique honnête et fun, sans prétention mais toujours pertinente et forte. Ça fait trente ans que ça dure, sans jamais renier d'un iota une formule qui a depuis largement fait école. Les Descendents sont des précurseurs, des sortes de prophètes d'une certaine conception de ce qu'on pourrait appeler le "fun conscient". Non, j'déconne, c'est des losers.
"My day will come, I know someday I'll be the only one."
Tu peux continuer d'être un loser, mais alors fait ça bien !
un blog pour partager ma passion pour les musiques actuelles. rock indé, punk, electro, metal, expérimental, hard-core, etc.
12 octobre 2013
9 septembre 2013
Interview de Julien, Gérant du label Echo Canyon
-Peux-tu te présenter et expliquer ce qu'est Echo Canyon ? (création,
fonctionnement, financement, etc ?)
Salut ! je m'appelle Julien et je m'occupe d'Echo Canyon qui est un petit label lyonnais sans prétention et beaucoup de passion ! On a commencé fin 2007 avec la sortie du split entre Daïtro et Sed Non Satiata... On a fait la version CD. Je dis "on" car mon pote Gwen me filait un coup de main avant de me laisser définitivement les rênes il y a quelques temps. Des labels devaient faire ce CD, puis ça ne s'est pas fait et finalement on l'a fait nous même... ça a commencé un peu par accident. Au niveau du fonctionnement, je m'occupe du pressage, parfois des artworks, de la distribution dans les magasins en France et mailorders un peu partout. J'envoie quelques disques en promo de temps en temps aussi... Niveau du financement, je suis satisfait car le label s'autosuffit de plus en plus. Ça m'arrive de mettre une centaine d'euros de ma poche par ci par là de temps en temps mais la plupart vient des sorties elles-mêmes ou des quelques échanges que je fais et que je vends sur Discogs.
-Comment décides-tu de sortir un disque ou non ? Quels sont les critères de sélections ?
Le critère le plus important est que j'ai déjà rencontré les gens et d'avoir cette impression d'avoir des choses en commun. Je fais des disques qu'avec les gens que je connais bien... pas par méfiance, mais juste par plaisir... En plus, j'ai plein de potes qui jouent dans de supers groupes donc c'est vraiment idéal ! Parfois ils me font part de leur projet et je leur dis que je suis chaud pour le faire, ou alors je propose directement de faire un disque... ça dépend du contexte... La musique est bien sûr importante mais ce n'est pas le critère principal, c'est surtout une histoire d'affect... Idem pour les labels avec qui je co-produis les disques, c'est un peu le même processus. Je demande souvent l'avis de Gwen aussi... J'aime bien avoir son aval !
-Qu'est-ce que cela représente pour toi de sortir des disques DIY en 2013 ?
Bof franchement pas grand chose... Tout et rien à la fois... Je n'ai jamais fonctionné autrement qu'en Do It Yourself par choix certes, mais surtout par défaut car personne n'est encore venu toquer à ma porte pour faire de la grosse promo pour le label ou distribuer les disques à une plus grande échelle. Donc ce serait trop facile de faire des grandes tirades sachant que c'est le seul choix que j'ai ! Et qui me convient très bien comme ça aussi de toute façon...
-Quel est ton point de vue sur la "crise du disque" et penses-tu qu'elle puisse être un moteur créatif ?
Non, pas spécialement... La "crise du disque" n'empêche pas de produire de la musique car plein de groupes savent désormais enregistrer et faire circuler leur musique tous seuls grâce à Internet. Il y a des gros labels indés qui doivent en souffrir certes, mais bon... C'est dans un sens au moins bien fait pour les grosses majors qui s'en sont mis plein les poches pendant des années. Cette crise est de toute façon liée à des changements dans les habitudes des gens avec internet qui va au delà de la diffusion / production / écoute de la musique. Mais attends, tu sais quoi ? Je m'en fiche complètement de tout ça en fait, de cette crise du disque et tout... A mon échelle, c'est quelque chose qui ne me concerne pas vraiment à vrai dire... ni en tant que label et encore moins en tant que "consommateur" / collectionneur de disques ou amateur de concerts de petits groupes dans des petits rades !
-Quelles sont les dernières et futures sorties du label ?
Il y a eu pas mal de sorties ces derniers mois dont je suis vraiment content. Le LP d'Abject Object est une pure merveille de punk rock assez original, sans aucun cadre, libre de toute formule. J'adore ce groupe que je trouve malheureusement sous estimé... Les 2 LP de Sed Non Satiata aussi sont arrivés en juillet... le nouveau, Mappo ainsi que le repressage de vieux morceaux sur un autre LP. Les disques sont hyper beaux, en plus d'être mortels, et les retours sont bons aussi, du coup c'est parfait. Sed Non Satiata sont des amis depuis très longtemps, c'est très particulier de faire des disques avec eux. Ensuite, j'ai le 12" de Torino qui arrive dans les prochaines semaines ainsi qu'un 7" de Koenigstein Youth... Torino est le nouveau groupe de mes potes Gwen (de Baton Rouge, 12XU et Daïtro), Rog (Who Needs Maps, HK) et Felix (KenPark, TakeWarning). C'est un 12" avec 6 morceaux de punkrock mélodique un peu à la The Bomb, Pegboy ou encore Naked Raygun. Hyper prometteur pour un premier disque, ils m'ont vraiment impressionné... Koenigstein Youth est un groupe de hardcore rapide et super efficace de St Étienne... C'est une grosse coprod à plein de labels. Et aussi un 7" de VeuveSS qui est en préparation, avec des nouveaux morceaux toujours bien crados, malsains, dans la lignée du 12" sorti l'an dernier qui m'avait bien impressionné... J'ai hâte d'envoyer ça au pressage aussi car on va faire un bel objet. Enfin dans le futur, il devrait y avoir un nouveau disque de Sed Non Satiata, une cassette de Old Junior qui compile leurs demos (c'est le nouveau nom d'Old Growth) et puis d'autres projets qui ne sont pas encore assez aboutis ou suffisamment décidés pour en parler encore !
-Tes groupes coups de cœur du moment ?
En ce moment, j'ai un gros coup de cœur sur un groupe de Saint Étienne qui s'appelle Zero Gain. C'est purement excellent et le disque vient de se décider. C'est aussi un truc à la TheBomb, Pegboy hyper mélodique, ce truc me rend dingue... Il y a des gens qui ont joué dans Boxing Elena et Take Warning entre autre. Je scotche bien sur le dernier LP de Shannon Wright et de Ten Volt Shock ainsi que celui de Moms On Meth... Sinon, j'ai récemment reçu un gros paquet de disques de mon copain Will d'Ampere qui m'a envoyé les derniers trucs de Vaccine, les démos de ses autres groupes (Longings, Won't Belong, No Faith) ainsi que les derniers trucs sur son label Clean Plate. Cet été, j'ai écouté aussi des trucs comme les Dogs, un vieux groupe punk de Rouen fin 70s-début 80, ainsi que du rockabilly bien sauvage comme Charlie Feathers et Johnny Burnette... J'ai aussi chopé une excellente compile de Hank Williams, précurseur du rockabilly justement et légende de la country... Et puis aussi 13th Floor Elevator... Neil Young... Captain Beefheart... Voilà à peu près ma bande son de cet été.
-Pour finir, quels sont les projets à venir avec tes différents groupes ?
Je n'ai plus qu'un seul groupe actif qui s'appelle Baton Rouge. On a plein de morceaux en chantier qu'on est en train de finir / retoucher / modifier / adapter pour un nouvel LP qu'on enregistrera en février. Ça sortira sur Purepainsugar ici en Europe.
Un grand merci à Julien pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.
Salut ! je m'appelle Julien et je m'occupe d'Echo Canyon qui est un petit label lyonnais sans prétention et beaucoup de passion ! On a commencé fin 2007 avec la sortie du split entre Daïtro et Sed Non Satiata... On a fait la version CD. Je dis "on" car mon pote Gwen me filait un coup de main avant de me laisser définitivement les rênes il y a quelques temps. Des labels devaient faire ce CD, puis ça ne s'est pas fait et finalement on l'a fait nous même... ça a commencé un peu par accident. Au niveau du fonctionnement, je m'occupe du pressage, parfois des artworks, de la distribution dans les magasins en France et mailorders un peu partout. J'envoie quelques disques en promo de temps en temps aussi... Niveau du financement, je suis satisfait car le label s'autosuffit de plus en plus. Ça m'arrive de mettre une centaine d'euros de ma poche par ci par là de temps en temps mais la plupart vient des sorties elles-mêmes ou des quelques échanges que je fais et que je vends sur Discogs.
-Comment décides-tu de sortir un disque ou non ? Quels sont les critères de sélections ?
Le critère le plus important est que j'ai déjà rencontré les gens et d'avoir cette impression d'avoir des choses en commun. Je fais des disques qu'avec les gens que je connais bien... pas par méfiance, mais juste par plaisir... En plus, j'ai plein de potes qui jouent dans de supers groupes donc c'est vraiment idéal ! Parfois ils me font part de leur projet et je leur dis que je suis chaud pour le faire, ou alors je propose directement de faire un disque... ça dépend du contexte... La musique est bien sûr importante mais ce n'est pas le critère principal, c'est surtout une histoire d'affect... Idem pour les labels avec qui je co-produis les disques, c'est un peu le même processus. Je demande souvent l'avis de Gwen aussi... J'aime bien avoir son aval !
-Qu'est-ce que cela représente pour toi de sortir des disques DIY en 2013 ?
Bof franchement pas grand chose... Tout et rien à la fois... Je n'ai jamais fonctionné autrement qu'en Do It Yourself par choix certes, mais surtout par défaut car personne n'est encore venu toquer à ma porte pour faire de la grosse promo pour le label ou distribuer les disques à une plus grande échelle. Donc ce serait trop facile de faire des grandes tirades sachant que c'est le seul choix que j'ai ! Et qui me convient très bien comme ça aussi de toute façon...
-Quel est ton point de vue sur la "crise du disque" et penses-tu qu'elle puisse être un moteur créatif ?
Non, pas spécialement... La "crise du disque" n'empêche pas de produire de la musique car plein de groupes savent désormais enregistrer et faire circuler leur musique tous seuls grâce à Internet. Il y a des gros labels indés qui doivent en souffrir certes, mais bon... C'est dans un sens au moins bien fait pour les grosses majors qui s'en sont mis plein les poches pendant des années. Cette crise est de toute façon liée à des changements dans les habitudes des gens avec internet qui va au delà de la diffusion / production / écoute de la musique. Mais attends, tu sais quoi ? Je m'en fiche complètement de tout ça en fait, de cette crise du disque et tout... A mon échelle, c'est quelque chose qui ne me concerne pas vraiment à vrai dire... ni en tant que label et encore moins en tant que "consommateur" / collectionneur de disques ou amateur de concerts de petits groupes dans des petits rades !
-Quelles sont les dernières et futures sorties du label ?
Il y a eu pas mal de sorties ces derniers mois dont je suis vraiment content. Le LP d'Abject Object est une pure merveille de punk rock assez original, sans aucun cadre, libre de toute formule. J'adore ce groupe que je trouve malheureusement sous estimé... Les 2 LP de Sed Non Satiata aussi sont arrivés en juillet... le nouveau, Mappo ainsi que le repressage de vieux morceaux sur un autre LP. Les disques sont hyper beaux, en plus d'être mortels, et les retours sont bons aussi, du coup c'est parfait. Sed Non Satiata sont des amis depuis très longtemps, c'est très particulier de faire des disques avec eux. Ensuite, j'ai le 12" de Torino qui arrive dans les prochaines semaines ainsi qu'un 7" de Koenigstein Youth... Torino est le nouveau groupe de mes potes Gwen (de Baton Rouge, 12XU et Daïtro), Rog (Who Needs Maps, HK) et Felix (KenPark, TakeWarning). C'est un 12" avec 6 morceaux de punkrock mélodique un peu à la The Bomb, Pegboy ou encore Naked Raygun. Hyper prometteur pour un premier disque, ils m'ont vraiment impressionné... Koenigstein Youth est un groupe de hardcore rapide et super efficace de St Étienne... C'est une grosse coprod à plein de labels. Et aussi un 7" de VeuveSS qui est en préparation, avec des nouveaux morceaux toujours bien crados, malsains, dans la lignée du 12" sorti l'an dernier qui m'avait bien impressionné... J'ai hâte d'envoyer ça au pressage aussi car on va faire un bel objet. Enfin dans le futur, il devrait y avoir un nouveau disque de Sed Non Satiata, une cassette de Old Junior qui compile leurs demos (c'est le nouveau nom d'Old Growth) et puis d'autres projets qui ne sont pas encore assez aboutis ou suffisamment décidés pour en parler encore !
-Tes groupes coups de cœur du moment ?
En ce moment, j'ai un gros coup de cœur sur un groupe de Saint Étienne qui s'appelle Zero Gain. C'est purement excellent et le disque vient de se décider. C'est aussi un truc à la TheBomb, Pegboy hyper mélodique, ce truc me rend dingue... Il y a des gens qui ont joué dans Boxing Elena et Take Warning entre autre. Je scotche bien sur le dernier LP de Shannon Wright et de Ten Volt Shock ainsi que celui de Moms On Meth... Sinon, j'ai récemment reçu un gros paquet de disques de mon copain Will d'Ampere qui m'a envoyé les derniers trucs de Vaccine, les démos de ses autres groupes (Longings, Won't Belong, No Faith) ainsi que les derniers trucs sur son label Clean Plate. Cet été, j'ai écouté aussi des trucs comme les Dogs, un vieux groupe punk de Rouen fin 70s-début 80, ainsi que du rockabilly bien sauvage comme Charlie Feathers et Johnny Burnette... J'ai aussi chopé une excellente compile de Hank Williams, précurseur du rockabilly justement et légende de la country... Et puis aussi 13th Floor Elevator... Neil Young... Captain Beefheart... Voilà à peu près ma bande son de cet été.
-Pour finir, quels sont les projets à venir avec tes différents groupes ?
Je n'ai plus qu'un seul groupe actif qui s'appelle Baton Rouge. On a plein de morceaux en chantier qu'on est en train de finir / retoucher / modifier / adapter pour un nouvel LP qu'on enregistrera en février. Ça sortira sur Purepainsugar ici en Europe.
Un grand merci à Julien pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.
14 août 2013
La Maison aux esprits
Une fois n'est pas coutume, je ne parlerai pas d'un genre, d'un groupe ou d'un album. Il ne sera question aujourd'hui que d'une chanson, mais quelle chanson ! "J'ai peur de nous", extraite d'un petit bout de vinyle qui est la dernière sortie de Michel Cloup.
N'avez-vous jamais eu envie d'habiter dans un morceau que vous adorez ? L'impression que ce n'est pas suffisant de l'écouter, qu'il faudrait presque pouvoir rentrer en lui pour y passer du temps, beaucoup de temps. Cette chanson est de cette catégorie, il n'y aurait même pas besoin de refaire la peinture pour pouvoir s'y sentir chez soi. Tout est à sa place, ce n'est pas comme à la maison, c'est comme on voudrait que la maison soit.
Ce n'est pas seulement une bonne chanson, c'est la chanson qu'on attend pendant un moment et quand elle arrive, c'est inespéré. Presque 6 minutes, de la guitare, une batterie et la voix de Michel Cloup qui porte un texte rugueux qui parle d'une chose que l'on connait tous. Jusque-là, rien qui ne sorte trop de l'ordinaire, mais il suffit d'écouter pour savoir qu'il se passe quelque-chose en plus. Dès le début, ce riff pesant, qui traine sur chaque coup de caisse claire. Puis une deuxième guitare vient broder crânement là-dessus et la voix débarque enfin. Une voix chaude, fatiguée mais pourtant si captivante.
Il n'est pas nécessaire ici de faire une explication de texte, le simple fait d'écrire un article entier sur une chanson est déjà pas mal, il ne faut pas en faire trop. Disons simplement que comme sur le précédent disque, on est étonné par le côté si intime et pourtant totalement universel de ce qui nous est raconté. Et fatalement bluffé par le simple fait qu'il nous soit dit tant de choses en si peu de mots. Du talent et de l'expérience (celle-ci était facile) ? Assurément.
Il y a ensuite des petites choses qu'on ne peut pas décrire, une ambiance générale, une atmosphère ou simplement un bout de phrase, et qui font tout ce qu'il reste à faire pour qu'on veuille l'écouter encore et encore. C'est cela qu'on appelle d'un gros mot, on dit un "Single". Et alors il apparait normal que le titre paraisse sur un 7". La maison est vaste, il n'y a pas de piscine ou de fioriture tape-à-l’œil. En la voyant de loin, elle n'est pas si différente des autres et pourtant quand on y entre, on y est tout de suite chez soi. On s'y voit déjà avec ses amis, on a envie de leur parler, de les inviter à venir y boire un verre. "Tu viens écouter le dernier Michel Cloup à la maison ?".
Consulte les dernières annonces immobilières ou, simplement, sois cannibale !
N'avez-vous jamais eu envie d'habiter dans un morceau que vous adorez ? L'impression que ce n'est pas suffisant de l'écouter, qu'il faudrait presque pouvoir rentrer en lui pour y passer du temps, beaucoup de temps. Cette chanson est de cette catégorie, il n'y aurait même pas besoin de refaire la peinture pour pouvoir s'y sentir chez soi. Tout est à sa place, ce n'est pas comme à la maison, c'est comme on voudrait que la maison soit.
Ce n'est pas seulement une bonne chanson, c'est la chanson qu'on attend pendant un moment et quand elle arrive, c'est inespéré. Presque 6 minutes, de la guitare, une batterie et la voix de Michel Cloup qui porte un texte rugueux qui parle d'une chose que l'on connait tous. Jusque-là, rien qui ne sorte trop de l'ordinaire, mais il suffit d'écouter pour savoir qu'il se passe quelque-chose en plus. Dès le début, ce riff pesant, qui traine sur chaque coup de caisse claire. Puis une deuxième guitare vient broder crânement là-dessus et la voix débarque enfin. Une voix chaude, fatiguée mais pourtant si captivante.
Il n'est pas nécessaire ici de faire une explication de texte, le simple fait d'écrire un article entier sur une chanson est déjà pas mal, il ne faut pas en faire trop. Disons simplement que comme sur le précédent disque, on est étonné par le côté si intime et pourtant totalement universel de ce qui nous est raconté. Et fatalement bluffé par le simple fait qu'il nous soit dit tant de choses en si peu de mots. Du talent et de l'expérience (celle-ci était facile) ? Assurément.
Il y a ensuite des petites choses qu'on ne peut pas décrire, une ambiance générale, une atmosphère ou simplement un bout de phrase, et qui font tout ce qu'il reste à faire pour qu'on veuille l'écouter encore et encore. C'est cela qu'on appelle d'un gros mot, on dit un "Single". Et alors il apparait normal que le titre paraisse sur un 7". La maison est vaste, il n'y a pas de piscine ou de fioriture tape-à-l’œil. En la voyant de loin, elle n'est pas si différente des autres et pourtant quand on y entre, on y est tout de suite chez soi. On s'y voit déjà avec ses amis, on a envie de leur parler, de les inviter à venir y boire un verre. "Tu viens écouter le dernier Michel Cloup à la maison ?".
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11 août 2013
Incendie
Il n'était pas une fois le rap français... Il sera cinq fois le rap en français. En effet le post d'aujourd'hui parlera de cinq groupes de rap qui n'ont pour seul point commun que de chanter dans la langue de l'hexagone. Celui des banlieues, du racisme, des voitures qui brûlent mais aussi là où il est peut-être possible de jeter des ponts entre les gens, les cultures et les peuples.
Commençons par le plus ancien, Assassin. Un OVNI culturel dans le monde du Hip-hop, Rockin Squat, son leader, étant le fils de l'acteur Jean-Pierre Cassel, pas exactement un prolo de la banlieue nord. Et pourtant, Assassin a été le premier groupe en France à militer pour un rap conscient, évoluant loin des sphères des majors et des grosses radios. En deux LP et une ribambelle de maxis, le groupe a su écrire une des principales pages du rap en français. Il a su imposer, sur des instrumentaux généralement assez classiques, des textes riches, très référencés, évitant de tomber dans les clichés du sexisme et l'imagerie de la violence gratuite. Aujourd'hui, Rockin Squat continue en solo, sans réel changement. Albums clés : Le futur, que nous réserve-t-il ? , Touche d'espoir.
La Rumeur est un des acteurs les plus extrêmes du rap de France. Cultivée, sans concession, intellectualisant de manière viscérale la violence latente de la vie de banlieue, La Rumeur est le parangon du rap conscient. Elle est l'expression des tensions et du mal de vivre poussée à son paroxysme. Album clé : Du Cœur à l'outrage.
En un seul album, Des Maux s'insèrent, La Calcine a réussi à marquer grâce à des instrumentaux riches, variés et métissés mais aussi et surtout par l'alternance de plusieurs voix fortes et originales. La grande musicalité de l'ensemble étonne pour un premier album, on ne s'ennuie jamais à l'écoute de ces treize morceaux toujours très bien écrits, parfois drôles et souvent poignants.
Le petit jeune de la sélection : La Canaille. En deux albums, le MC s'impose par des textes forts, tranchants et terriblement bien écrits. Comme si cela ne suffisait pas, ceux que le côté synthétique des instrumentaux rebute seront forcément contents d'entendre qu'il y a des instruments derrière. N'hésitant pas à faire appel à des riffs de guitare ultra saturés, à une batterie au son très acoustique ou à des samples de musique nord africaine, La Canaille passionne. Par son discours ouvert et intelligent, la variété des sujets abordés et la sobriété de son flow, La Canaille convainc facilement pour ne plus vous lâcher. Album clé : Par Temps de rage.
Mon préféré pour la fin. Kabal mériterait un article pour lui tout seul, ou même un blog entier, pour faire l’exégèse de la richesse extrême de ses textes, pour donner l'occasion de voir et de comprendre l'impact que peut avoir cette musique,. L'incroyable originalité de ses instrumentaux couplée à des textes impossibles à comparer avec la majorité du rap de France, la puissance de frappe des voix de Djamal et D', leur flow acide et sombre sont autant d'éléments qui en font un groupe à part. Kabal marque au fer rouge celui qui se penche avec attention sur sa poignée de disques. Un groupe clé. Si vous n'aimez pas le rap, mettez de côté vos a priori et écoutez Kabal, une réelle porte d'entrée vers un Hip-hop autre. Sans Kabal, jamais je n'aurai pu écrire un post sur le rap français. Albums Clés : La Conscience s'élève, États d'âmes, Split avec Lofofora.
"Du recul sur l'histoire, sur l'ébène sur l'ivoire, du crépuscule naît l'aube d'un espoir, alors change ton regard." "La conscience s'élève" Kabal.
Élève ta conscience et sois cannibale !
Commençons par le plus ancien, Assassin. Un OVNI culturel dans le monde du Hip-hop, Rockin Squat, son leader, étant le fils de l'acteur Jean-Pierre Cassel, pas exactement un prolo de la banlieue nord. Et pourtant, Assassin a été le premier groupe en France à militer pour un rap conscient, évoluant loin des sphères des majors et des grosses radios. En deux LP et une ribambelle de maxis, le groupe a su écrire une des principales pages du rap en français. Il a su imposer, sur des instrumentaux généralement assez classiques, des textes riches, très référencés, évitant de tomber dans les clichés du sexisme et l'imagerie de la violence gratuite. Aujourd'hui, Rockin Squat continue en solo, sans réel changement. Albums clés : Le futur, que nous réserve-t-il ? , Touche d'espoir.
La Rumeur est un des acteurs les plus extrêmes du rap de France. Cultivée, sans concession, intellectualisant de manière viscérale la violence latente de la vie de banlieue, La Rumeur est le parangon du rap conscient. Elle est l'expression des tensions et du mal de vivre poussée à son paroxysme. Album clé : Du Cœur à l'outrage.
En un seul album, Des Maux s'insèrent, La Calcine a réussi à marquer grâce à des instrumentaux riches, variés et métissés mais aussi et surtout par l'alternance de plusieurs voix fortes et originales. La grande musicalité de l'ensemble étonne pour un premier album, on ne s'ennuie jamais à l'écoute de ces treize morceaux toujours très bien écrits, parfois drôles et souvent poignants.
Le petit jeune de la sélection : La Canaille. En deux albums, le MC s'impose par des textes forts, tranchants et terriblement bien écrits. Comme si cela ne suffisait pas, ceux que le côté synthétique des instrumentaux rebute seront forcément contents d'entendre qu'il y a des instruments derrière. N'hésitant pas à faire appel à des riffs de guitare ultra saturés, à une batterie au son très acoustique ou à des samples de musique nord africaine, La Canaille passionne. Par son discours ouvert et intelligent, la variété des sujets abordés et la sobriété de son flow, La Canaille convainc facilement pour ne plus vous lâcher. Album clé : Par Temps de rage.
Mon préféré pour la fin. Kabal mériterait un article pour lui tout seul, ou même un blog entier, pour faire l’exégèse de la richesse extrême de ses textes, pour donner l'occasion de voir et de comprendre l'impact que peut avoir cette musique,. L'incroyable originalité de ses instrumentaux couplée à des textes impossibles à comparer avec la majorité du rap de France, la puissance de frappe des voix de Djamal et D', leur flow acide et sombre sont autant d'éléments qui en font un groupe à part. Kabal marque au fer rouge celui qui se penche avec attention sur sa poignée de disques. Un groupe clé. Si vous n'aimez pas le rap, mettez de côté vos a priori et écoutez Kabal, une réelle porte d'entrée vers un Hip-hop autre. Sans Kabal, jamais je n'aurai pu écrire un post sur le rap français. Albums Clés : La Conscience s'élève, États d'âmes, Split avec Lofofora.
"Du recul sur l'histoire, sur l'ébène sur l'ivoire, du crépuscule naît l'aube d'un espoir, alors change ton regard." "La conscience s'élève" Kabal.
Élève ta conscience et sois cannibale !
27 juillet 2013
L'Humanité
Après la fin de Diabologum, Arnaud Michniak parti tenter l'expérimentation sous l'avatar Programme. Lorsque sort Mon Cerveau dans la bouche en 2000, rien ne ressemble plus à Diabologum, il ne reste que cette voix hautaine et ce débit entre Spoken Word et flow Hip-hop. L'accompagnement musical n'a plus rien de rock même si des guitares stridentes et répétitives jalonnent la plupart des titres.
Il sont rares les musiciens français à chanter dans la langue d'ici, à s'accompagner d'une musique hybride entre rap, indus et rock ultra bruitiste et à oser aller si loin dans la direction qu'ils s'imposent. Il n'y a en réalité que Programme. Sur chacun des trois albums, tout va plus loin que partout ailleurs mais ce qui perturbe le plus dès les premières écoutes, ce n'est pas tant l'absence quasi totale de mélodie que le cynisme et le nihilisme des textes de Michniak. Ici, il y a de la douleur, du dégout et de la colère mais rarement du renoncement, le but finalement toujours présent étant de pouvoir rester en vie, coute que coute.
Malgré cela et sur chaque album, il est difficile de tenir du début à la fin tant tout ici est noir, perdu d'avance et sans solution. Chaque texte est un constat déclamé haut et fort pour dire qu'il ne sert à rien d'essayer si ce n'est pour l'avoir fait, que l'issu n'est jamais là même quand on a cru l'apercevoir au loin. Sur la totalité des morceaux des trois disques, pas un seul n'apporte de lumière ou de touche d'espoir. La seul porte de sortie parfois évoquée est l'idéalisme, une chose à laquelle on s'accroche malgré tout, mais qui apparait souvent aussi veine que le reste.
L'écoute de n'importe lequel de ces albums dans son intégralité est un parcours du combattant, il n'y a pour ainsi dire jamais aucun relâchement, si ce n'est quand au détours d'un interlude une mélodie lointaine et répétitive tente de se faire une place. Mais très vite la voix revient et recommence sa litanie noire sans que l'on n'ait eu le temps de souffler. Programme nous met vite KO. Et pourtant, dès le disque fini on voudra le mettre encore, en écouter un deuxième, se souvenir d'une phrase obsédante ou d'un passage musical marquant. Et on devra souffrir encore, être face à soi-même et en prendre plein la gueule. Pourquoi ? Parce qu'on aime ça et que Programme sait rendre l'horreur du quotidien et des choses non pas supportable mais indispensable à exprimer. Une preuve définitive d'un grand talent.
Travaille, consomme et meurs mais, entre temps, sois cannibale.
Il sont rares les musiciens français à chanter dans la langue d'ici, à s'accompagner d'une musique hybride entre rap, indus et rock ultra bruitiste et à oser aller si loin dans la direction qu'ils s'imposent. Il n'y a en réalité que Programme. Sur chacun des trois albums, tout va plus loin que partout ailleurs mais ce qui perturbe le plus dès les premières écoutes, ce n'est pas tant l'absence quasi totale de mélodie que le cynisme et le nihilisme des textes de Michniak. Ici, il y a de la douleur, du dégout et de la colère mais rarement du renoncement, le but finalement toujours présent étant de pouvoir rester en vie, coute que coute.
Malgré cela et sur chaque album, il est difficile de tenir du début à la fin tant tout ici est noir, perdu d'avance et sans solution. Chaque texte est un constat déclamé haut et fort pour dire qu'il ne sert à rien d'essayer si ce n'est pour l'avoir fait, que l'issu n'est jamais là même quand on a cru l'apercevoir au loin. Sur la totalité des morceaux des trois disques, pas un seul n'apporte de lumière ou de touche d'espoir. La seul porte de sortie parfois évoquée est l'idéalisme, une chose à laquelle on s'accroche malgré tout, mais qui apparait souvent aussi veine que le reste.
L'écoute de n'importe lequel de ces albums dans son intégralité est un parcours du combattant, il n'y a pour ainsi dire jamais aucun relâchement, si ce n'est quand au détours d'un interlude une mélodie lointaine et répétitive tente de se faire une place. Mais très vite la voix revient et recommence sa litanie noire sans que l'on n'ait eu le temps de souffler. Programme nous met vite KO. Et pourtant, dès le disque fini on voudra le mettre encore, en écouter un deuxième, se souvenir d'une phrase obsédante ou d'un passage musical marquant. Et on devra souffrir encore, être face à soi-même et en prendre plein la gueule. Pourquoi ? Parce qu'on aime ça et que Programme sait rendre l'horreur du quotidien et des choses non pas supportable mais indispensable à exprimer. Une preuve définitive d'un grand talent.
Travaille, consomme et meurs mais, entre temps, sois cannibale.
26 juillet 2013
Les égarés
Parlons aujourd'hui d'un groupe unique par bien des aspects : Codeine. Dans la première moitié des années 90 et en deux LP, ce groupe transforme la planète rock indé sans que la masse ne s'en émeuve outre mesure. Vous comprendrez aisément que le quidam avait d'autres chats à fouetter, Nirvana en tête.
Jamais auparavant le Rock n'avait été si lent, si triste et si beau. L'épure ici est totale et cette musique est pourtant d'une richesse et d'une profondeur émotionnelle peu commune. Ceux qui perdent leur temps, et aussi le notre, à poser des étiquettes sur le son ont appelé ça du SlowCore. Ben voyons. Le souci avec les étiquettes, c'est que sous la même appellation on trouvait aussi Low, groupe génial également mais n'ayant pas grand-chose à voir avec Codeine.
Car Codeine ne ressemble qu'à lui-même et possède l'art de mettre la détresse affective et la tristesse en sons et en ambiances, cela parfois avec une violence contenue mais que l'on sent prête à tout dévaster. Ce que sa musique n'exprime qu'en filigranes nous apparait alors comme plus vrai, comme si c'était la pudeur qui retenait tout cela. Comme lorsqu'on n'ose dire le mal-être qu'à demi-mots. Là réside toute la force du groupe, dans son honnêteté jamais démonstrative mais simplement nécessaire. On sent qu'il n'y a rien d'autre à faire que de la musique pour pouvoir évacuer ce dont nous parle le groupe.
Il ne nous reste alors qu'à nous laisser porter par cette lenteur tour à tour rassurante ou pesante, qu'à nous plonger dans ces ambiances si sombres et qui nous attirent pourtant par leur beauté presque lumineuse. Car cette musique nous parle à tous, en exprimant des sentiments et des sensations violentes, elle finit par gagner un côté universel. Il ne faut surtout pas avoir peur de ce qu'elle peut nous faire, on en sortira de toute façon grandi, avec la sensation de mieux nous connaitre nous-même. Et quand la musique sait faire cela, on se souvient de pourquoi on en écoute.
"Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse." Françoise Sagan
Sois triste ou sois cannibale.
Jamais auparavant le Rock n'avait été si lent, si triste et si beau. L'épure ici est totale et cette musique est pourtant d'une richesse et d'une profondeur émotionnelle peu commune. Ceux qui perdent leur temps, et aussi le notre, à poser des étiquettes sur le son ont appelé ça du SlowCore. Ben voyons. Le souci avec les étiquettes, c'est que sous la même appellation on trouvait aussi Low, groupe génial également mais n'ayant pas grand-chose à voir avec Codeine.
Car Codeine ne ressemble qu'à lui-même et possède l'art de mettre la détresse affective et la tristesse en sons et en ambiances, cela parfois avec une violence contenue mais que l'on sent prête à tout dévaster. Ce que sa musique n'exprime qu'en filigranes nous apparait alors comme plus vrai, comme si c'était la pudeur qui retenait tout cela. Comme lorsqu'on n'ose dire le mal-être qu'à demi-mots. Là réside toute la force du groupe, dans son honnêteté jamais démonstrative mais simplement nécessaire. On sent qu'il n'y a rien d'autre à faire que de la musique pour pouvoir évacuer ce dont nous parle le groupe.
Il ne nous reste alors qu'à nous laisser porter par cette lenteur tour à tour rassurante ou pesante, qu'à nous plonger dans ces ambiances si sombres et qui nous attirent pourtant par leur beauté presque lumineuse. Car cette musique nous parle à tous, en exprimant des sentiments et des sensations violentes, elle finit par gagner un côté universel. Il ne faut surtout pas avoir peur de ce qu'elle peut nous faire, on en sortira de toute façon grandi, avec la sensation de mieux nous connaitre nous-même. Et quand la musique sait faire cela, on se souvient de pourquoi on en écoute.
"Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse." Françoise Sagan
Sois triste ou sois cannibale.
25 juillet 2013
Le Crime était presque parfait
Ma trop longue absence appelle des explications... Si je vous disais que j'étais occupé à écouter du Black Metal, ça irait ? Franchement, quelle meilleure excuse pourrais-je donner à ce manque de post ? La découverte forte et profonde d'un genre, que je n'avais jusque-là fait qu'effleurer, m'a demandé une sorte de petite prise de recul. Il fallait simplement que j'appréhende la nouveauté de cet univers si étrange et complexe pour pouvoir en parler et réussir à dire le retentissement, l'impact et, osons le dire (ici on ose toujours tout), le bouleversement que cette musique représente pour moi au moment où j'écris.
La psychothérapie est finie, parlons de ce qui a du sens, parlons de Blut Aus Nord. Le BM de ce groupe si particulier est un hommage aux maitres nordiques du genre autant qu'une fuite en avant vers une expérimentation de tous les instants, il est nihiliste et glacial mais sait aussi se faire rassurant et mélodique. Il est en définitive cynique et érudit à l'extrême mais cette érudition n'est qu'une preuve supplémentaire de sa malveillance. Quand il ne reste plus rien à faire que produire une musique violente et habitée, quand le reste n'est qu'un mensonge ou bien que c'est ce qu'on cherche à faire croire, il n'y a plus de limite à s'imposer.
Des boites à rythmes, des guitares stridentes et des vocaux décharnés sont les principaux outils de son langage. Avec eux, il construit un miroir dans lequel le monde peut se regarder mourir, en étant tel qu'il a toujours été : narcissique et vain. Que l'habillage graphique de chacun des albums du groupe soit minimaliste ou fourmillant de détails et de symboles, au fond peu importe. Le message ne sera pas entendu, il n'existe certainement même pas pour cela, il est auto-suffisant.
Blut Aus Nord est certainement plus qu'un simple groupe de Black Metal, il est un projet musical sans frontière stylistique, il est une théorisation d'un état d'esprit intransigeant et grandiloquent. Il est le Black Metal car il sait ne pas se contenter de n'être que cela. Il brouille les pistes, se cache, expose pour mieux déconstruire par la suite, lui seul sachant où il va. Quelque-soit la direction qu'il choisira de prendre, elle sera toujours passionnante car elle ne sera le reflet que de son seul souhait.
"L'enfer a été fait pour les curieux." Saint Augustin.
Brûle au soleil ou sois cannibale.
La psychothérapie est finie, parlons de ce qui a du sens, parlons de Blut Aus Nord. Le BM de ce groupe si particulier est un hommage aux maitres nordiques du genre autant qu'une fuite en avant vers une expérimentation de tous les instants, il est nihiliste et glacial mais sait aussi se faire rassurant et mélodique. Il est en définitive cynique et érudit à l'extrême mais cette érudition n'est qu'une preuve supplémentaire de sa malveillance. Quand il ne reste plus rien à faire que produire une musique violente et habitée, quand le reste n'est qu'un mensonge ou bien que c'est ce qu'on cherche à faire croire, il n'y a plus de limite à s'imposer.
Des boites à rythmes, des guitares stridentes et des vocaux décharnés sont les principaux outils de son langage. Avec eux, il construit un miroir dans lequel le monde peut se regarder mourir, en étant tel qu'il a toujours été : narcissique et vain. Que l'habillage graphique de chacun des albums du groupe soit minimaliste ou fourmillant de détails et de symboles, au fond peu importe. Le message ne sera pas entendu, il n'existe certainement même pas pour cela, il est auto-suffisant.
Blut Aus Nord est certainement plus qu'un simple groupe de Black Metal, il est un projet musical sans frontière stylistique, il est une théorisation d'un état d'esprit intransigeant et grandiloquent. Il est le Black Metal car il sait ne pas se contenter de n'être que cela. Il brouille les pistes, se cache, expose pour mieux déconstruire par la suite, lui seul sachant où il va. Quelque-soit la direction qu'il choisira de prendre, elle sera toujours passionnante car elle ne sera le reflet que de son seul souhait.
"L'enfer a été fait pour les curieux." Saint Augustin.
Brûle au soleil ou sois cannibale.
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