19 novembre 2013

La Grande bouffe

Depuis un bout de temps, je voulais parler du maousse coffret live des Young Gods et je n'y arrivais pas. C'est ce qui arrive quand le groupe me tient à cœur plus que les autres, il est bien plus facile de dire du mal que du bien et encore plus difficile de dire l'affection profonde qu'on peut avoir pour un groupe. Puis, il y a quelques jours, et alors que j'attendais d'arriver à les voir sur scène depuis près de dix ans, j'ai assisté au concert du Nouveau Casino. Une attente plus que récompensée puisque cette grosse heure devant les suisses restera pour moi comme un des lives les plus marquants de ma jeune existence (oui, jeune, on se tait là-bas dans le fond).

L'occasion était donc toute trouvée pour parler de ses trois lives audio et vidéo réunis sur six disques. Parce que chez eux quand on fête ses vingt-cinq balais, on ne fait pas ça à moitié, on se fait plaisir et on offre un beau cadeau à tout le monde. Qui y a-t-il au menu de cette grande bouffe ? Un live tiré de la tournée Super Ready/Fragmenté, un autre avec un orchestre symphonique et la collaboration avec Dälek aux eurockéennes. Trois concerts donc et trois facettes du groupe, qui nous rappellent chacune à quel point les Young Gods sont une formation riche, alliant puissance, expérimentation et musicalité.

Le concert avec l'orchestre a été capté lors du festival de Montreux, leur musique y est alors sublimée par des arrangements de cordes qu'on croirait avoir toujours fait partie des morceaux. Toute la discographie de l'époque y passe (Everybody Knows est sorti juste après ce coffret) et chaque nouvelle version sublime l'originale.

Le live de la tournée Super Ready/Fragmenté est lui un concentré d'énergie brut, le son est énorme et l’électricité y est à l'honneur. C'est grâce à lui que j'ai pu m'habituer aux morceaux de l'album du même nom dans lesquels j'avais beaucoup de mal à rentrer. Les images du DVD sont superbes, la fougue live du trio y est à chaque instant palpable. Une bonne remise à l'heure des pendules (suisses, forcément) pour ceux qui pensaient que le groupe se ramollissait avec les années.

Les disques en collaborations avec Dälek sont plus difficiles d'accès, plus expérimentaux mais offrent une relecture passionnante du répertoire des deux groupes. La connexion est totale puisque des morceaux ont été composés à deux groupes spécialement pour cette création. Le DVD est captivant, en cela qu'il montre deux groupes fusionnant pour former une nouvelle entité, on voit l’interaction qui s'établit entre les musiciens, le côté Work in progress.

Pour moi, tout cela met en avant l'aspect hors normes et sans limite de ce qu'est la musique des Young Gods : une expérience qui va bien au-delà du son, vectrice de sensations et de voyages intérieurs. Trois ans après sa sortie, j'écoute encore ce coffret régulièrement, en le trouvant toujours aussi captivant et je n'imagine pas pouvoir m'en lasser tant j'aime à m'y plonger et à m'y perdre, encore et encore. Il y a du génie dans ces quelques heures de musique.


 "La modération est une chose fatale. "Assez" est mauvais comme un repas. "Trop" est bon comme un festin." Oscar Wilde.

Mets les petits plats dans les grands et sois cannibale.

4 novembre 2013

Knight Star

Ah Klaus Kinski en magicien ambigu et Harvey Keitel en soldat débile profond, les extra-terrestres que l'on prend pour des chevaliers chevauchants des dragons et les princesses complètement neuneus... Enfin, je m'égare... Quand le nom du post est celui d'un film bizarre, dont le héro porte un scaphandre, dessiné par un type très certainement viré par Paco Rabane pour trafic de drogues de synthèse, c'est que c'est l'heure de parler d'actu. Bah oui, parce qu'à force de répéter que c'est la rentrée, on est déjà en novembre et à force de dire "oui, oui ça se rafraichi", c'est bientôt noël.

Je ne vous parlerai pas du disque que j'offrirai à mon pire ennemi parce que je n'ai pas trop d'argent à foutre par les fenêtres et ici c'est un endroit où on dit du bien. Ou alors on ne dit rien. Je vais quand même vous dire quelques mots sur le dernier Red Fang, Whales and Leeches. Parce que, si comme beaucoup, j'adore ce groupe, leurs vidéos funs et leurs concerts (un des meilleurs groupes actuels sur une scène), que j'écoute encore régulièrement le précédent LP, le nouveau je ne sais pas encore trop quoi en penser, alors je l'écoute et j'essaye de me faire un avis... Qui vivra, verra.

Question facilité, claque directe et avis tranché, je peux par contre vous dire que le 10 pouces Gaffe de Pigs, sorti tout récemment par le label français Solar Flare, a tout bon du début à la fin. Trois titres pour trois réussites, un sans faute et un disque si addictif que j'attends déjà fébrilement la suite. Les quelques concerts donnés dans notre petit pays avec Sofy Major ont fait le reste. Suffocant.

Touche Amore nous offre un Lp toujours aussi concentré. En une petite demi heure, le groupe de Californie nous présente ce qu'il sait faire de mieux dans un disque au moins aussi bon que son prédécesseur. Intensité, émotion pour un disque simple, Hardcore et moderne. Que demander de plus ?

Comme les reformations pullulent, que de vieilles gloires sortent des nouveaux disques, Sebadoh ne manque, heureusement, pas à l'appel.  Disons-le tout de suite (et tout le monde le sait déjà) : Defend Yourself est incroyablement bon. Un disque terriblement riche, absolument pas enfermé dans la nostalgie 90's, des chansons tout bonnement géniales, qu'on aime réécouter, encore et encore. Du plaisir!

Quand Sonic Youth a splitté, le rock indé tirait la tronche. Et finalement, comme quand des parents divorcent leurs enfants ont deux fois plus de cadeaux, pour nous aussi c'est régulièrement deux fois noël. Il y a d'abord Body/Head, le duo formé par Bill Nace et Kim Gordon, dont le premier album Coming Appart n'en finit pas de tourner pour diffuser en continu ses atouts noise si attractifs. Et il y a le, déjà deuxième, LP post-Sonic Youth de Lee Ranaldo. Last night on earth est un disque magique, une collection de chansons classieuses qui donnent tout simplement envie d'écouter de la musique. Et ça, c'est franchement bien, non ?
  
"Tout l'automne à la fin n'est plus qu'une tisane froide." Francis Ponge. 

Fais bouillir de l'eau et sois cannibale. 

3 novembre 2013

Quiz Show

Nous sommes en 1979, les Talking Heads s’apprêtent à sortir, coup sur coup, leurs deux meilleurs albums : Fear of music et Remain in Light. Les hippies appartiennent maintenant à l'Histoire et le punk commence à sentir un peu le renfermé, alors pourquoi ne pas révolutionner tout ça, l'air de rien ?

Néons. Désormais, la musique des Talkings, aidés en cela par un certain Brian Eno, revêt des atours synthétiques. Les rythmiques sont répétitives, presque tribales, on vise la transe. Miracle de la modernité, synthétiques les drogues le sont aussi. L'atmosphère dansante qui règne sur ces disques, robotique comme du Krautrock décharné, cache en réalité des courants bien plus sombres et plus flippants.

Sirènes. En effet, c'est de paranoïa qu'est venu nous parler David Byrne, de la peur du monde, de la crainte de soi-même. Sur "Mind", il nous explique d'un air faussement détaché que rien ne pourra changer la donne, ni la religion ou l'argent, ni même la drogue. Aucune communication ne sera possible. Il ne reste plus alors qu'à danser, un sourire cynique figé sur des visages, comme des masques. Chaque chanson parle de ce manque, de cette absence, de ce qui disparait et de la crainte que cela soit définitif. Et Byrne nous raconte cela comme si rien, comme si cela faisait si longtemps qu'il avait déjà appris à s'en foutre.

Pilules. Fear of music se termine par une bien mauvaise descente : "Drugs". Tempo ralenti, vagues de synthés vaporeuses, tout ici crie et suinte l'angoisse. 5 minutes et 20 secondes de tension et d'horreur.. Plus dure est la chute.

"I don't know what they're talking about
The boys are worried, the girls are shocked
They pick the sound and let it drop
Nobody know what they're talking about"

Quand arrive Remain in light l'année suivante, plus rien à tenter, le mal est fait. Les années 80, dents longues sur sols brillants. La voix est plus fantomatique que jamais, la musique, glaciale et syncopée, sonne comme la bande son d'une sorte de rite païen qui verrait les anciens punks défiler dans les rues de New York. "Once In A Lifetime" Servira de hit parfait, une des premières chansons à parler de consumérisme de manière aussi sombre et frontale. 

"You may ask yourself, how do I work this?
You may ask yourself, where is that large automobile?
You may tell yourself, this is not my beautiful house
You may tell yourself, this is not my beautiful wife"

Soigne ta parano en devenant cannibale.

22 octobre 2013

Ressources humaines

Pour la dernière rentrée scolaire, on a eu le droit à une bonne nouvelle. Oui, mais voilà, elle venait confirmer ce que l'on savait déjà : 12XU c'est fini ! On pouvait alors se consoler avec On largue les amarres. Une jolie épitaphe, un magnifique objet accompagné d'un livret rempli d'anecdotes et de photos.

Ce disque posthume reprend tous les titres présents sur tout ce que le groupe a sorti en dehors des Grandes Marées (quel putain d'album). Il y a donc ceux des splits avec Old Growth et Abject Object, ceux sortis sur des compils et l’intégralité de la single serie. Comme la générosité est ici de rigueur, vous aurez le droit en plus à deux inédits dont une reprise sympa de La Fraction. Ajoutez à cela que le disque est vendu par Stonehenge pour 8 petits euro.

L'intérêt de l'objet, hormis sa grande classe, est que la plupart de ces morceaux sont introuvables et constituent un témoignage de ce que fut 12XU : un groupe fun et humble, trois types qui se font plaisir. Chaque titre donne envie de chanter à gorge déployée leurs quelques lignes de paroles si particulières. La galette regorge de tubes : "Tigre de papier", "Salut les jeunes" ou l'excellente reprise du "Coming clean" de Green Day et sa teneur nostalgique la rendant encore meilleure que l'originale.

Ils sont rares les exemples de groupes Emo Punk sachant jouer du versant mélodique avec autant d'aisance, cela sans jamais tomber dans le mielleux ou la caricature. Tout ici respire la sincérité, chaque morceau fait mouche dès la première écoute tout en réalisant l'incroyable tour de force de ne jamais lasser, même après de nombreuses écoutes. Car une fois gouté à ces seize morceaux, vous ne pourrez plus les quitter pendant un bon bout de temps, tant leur apparente simplicité cache des trésors, ici une ligne de chant qui fait frissonner, là un gimmick de batterie addictif.

Heureusement on a de quoi se consoler de la perte de cet excellent groupe puisque les trois membres jouent dans d'autres formations. Gwen et Julien dans Bâton rouge (dont un deuxième LP est prévu pour l'an prochain), Hugues dans Veuve SS (leur EP viscères est une énorme tuerie) et Gwen encore dans Torino dont le premier EP vient tout juste de sortir chez Echo Canyon.


"Il y a toujours dans ma tête "do you have the time to listen to me whine"". "K7 abimées".

Rembobine et sois cannibale !

21 octobre 2013

French Connection

Au beau milieu des 90's, la France allait enfanter d'un truc merveilleux, sur tout le territoire un vent semait quelque-chose d'aussi imparable qu'agréablement nauséabond : Une scène Noise ! Une poignée de groupes indispensables allaient alors répandre la bonne parole au travers de quelques disques aussi géniaux qu'aujourd'hui, pour la plupart, introuvables. Be kind rewind !

Rien à foutre ici de l'objectivité et encore moins de l’exhaustivité, je ne parlerai ici que de ce qui me plait... Commençons donc par un groupe qui squatte toujours aussi souvent ma platine, Bästard. Ces cinq de Lyon avaient tout compris, tout digéré et il venaient convertir l'hexagone à la rugosité bienvenue de leur musique hors-normes. Un son abrasif, touffu, recouvert de samples glaciaux, des morceaux expérimentaux et fous mais, tour de force, jamais chiant et toujours efficaces.

Continuons avec Sloy, la réponse française parfaite à Jesus Lizard. En trois albums gorgés de tubes furieusement addictifs, les trois sudistes (exilés plus tard à Rennes) écrivent une des meilleures pages du rock indé de chez nous. Une pléthore de claques, beaucoup de fun et, si longtemps après, toujours cette envie de réécouter, encore et encore.

Dans le sud, on avait aussi Tantrum. Dans une veine plus Hardcore, des morceaux sinueux rappelant parfois le meilleur d'Unsane. Une discographie dense, une musique frontale qui ne prend pas une ride. Satisfait ?

Attention, mon préféré pour la fin : Portobello Bones. Ce groupe de Tours ayant splitté en 2002 nous laisse de quoi se gaver de son pour un moment, six albums et autant de EPs. Des paroles politisées et une musique frontale, là aussi influencée par le Hardcore, le tout loin des clichés. Une ribambelle de morceaux géniaux et une richesse musicale indéniable font de ce groupe une référence. Passionnant !

Ceci n'est bien sûr qu'un minuscule aperçu, jetez aussi une oreille à Condense, Heliogabale ou Ulan Bator. Vous aurez là une idée de la richesse incroyable de ces années qui nourrissent une scène indé française qui est aujourd'hui géniale et variée. Une scène également marquée par un esprit d'indépendance et une liberté de création sans compromis, d'autant plus remarquable dans un pays comme le notre qui n'est franchement pas la terre promise en matière de Rock.

"La musique c'est du bruit qui pense." Victor Hugo.

Creuse une citrouille et sois cannibale !

12 octobre 2013

Les Beaux gosses

    Il était une fois quatre garçons promis à un grand avenir, ils étaient beaux, ils étaient riches et... Non, je déconne. Aujourd'hui, nous parlerons des Descendents, le groupe sans qui tu n'aurais pas pu avoir l'air cool avec des lunettes rectangulaires et sans qui, également, le mot hardcore mélodique ne voudrait rien dire.

As-tu, petit nerd, déjà rêvé que les filles t'adoraient pour ton QI et non tes muscles ? Pour ta culture et non pour ta gueule ? As-tu déjà fantasmé, devant le miroir, être sur une scène pour parler de tes amours impossibles alors que derrière toi, trois mecs talentueux à mourir jouent une musique fun et puissante ? Sois rassuré, tes fantasmes sont réalisables, un mec les as tous déjà vécu. Il s'appelle Milo Aukerman.

Une guitare et deux ou trois accords, des mélodiques faciles à retenir mais faisant montre d'un talent de composition foufou, une section rythmique qui fait oublier le cliché qui dit que les punks ne savent pas jouer (Bill Stevenson, je t'aime). Et par dessus tout ça, la voix de Milo, le porte-parole de ceux qui se font péter la gueule à la récré, de ceux que les filles ne regardent pas, un mec simple qui écrit des textes universels et un peu idiots. Mais au-delà de ça, il y a quelques textes de chansons qui font parties du panthéon du punk ricain : "Hope", "I'm not a punk", "Statue of liberty", "Suburban home", "Marriage". Tous ceux-là sont sur le premier album, un disque en forme de tables de la lois, une des bibles du punk. Tout simplement.

En intégrant une dimension fun et sans prise de tête à l'univers du Hardcore, les Descendents ne savaient certainement pas qu'ils ouvraient une boite de pandore d'où aller sortir le meilleur comme le pire du punk des trois dernières décennies. Ils font parties des quelques noms, comme Black Flag, Minor Threat ou Bad Brains, qui ont marqué le genre en lui imposant une vision originale. Tout cela sans jamais se défaire d'une certaine éthique, d'une farouche indépendance et du côté frontal que cette musique devrait toujours avoir.

Je crois que chaque personne ayant écouté les Descendents au moins une fois dans sa vie s'en souvient. Elle se souvient d'avoir entendu une chose modestement magique, le son de quatre mecs sans style ou tatouage, réunis pour faire une musique honnête et fun, sans prétention mais toujours pertinente et forte. Ça fait trente ans que ça dure, sans jamais renier d'un iota une formule qui a depuis largement fait école. Les Descendents sont des précurseurs, des sortes de prophètes d'une certaine conception de ce qu'on pourrait appeler le "fun conscient". Non, j'déconne, c'est des losers.


"My day will come, I know someday I'll be the only one."

 Tu peux continuer d'être un loser, mais alors fait ça bien !

9 septembre 2013

Interview de Julien, Gérant du label Echo Canyon

-Peux-tu te présenter et expliquer ce qu'est Echo Canyon ? (création, fonctionnement, financement, etc ?)

Salut ! je m'appelle Julien et je m'occupe d'Echo Canyon qui est un petit label lyonnais sans prétention et beaucoup de passion ! On a commencé fin 2007 avec la sortie du split entre Daïtro et Sed Non Satiata... On a fait la version CD. Je dis "on" car mon pote Gwen me filait un coup de main avant de me laisser définitivement les rênes il y a quelques temps. Des labels devaient faire ce CD, puis ça ne s'est pas fait et finalement on l'a fait nous même... ça a commencé un peu par accident. Au niveau du fonctionnement, je m'occupe du pressage, parfois des artworks, de la distribution dans les magasins en France et mailorders un peu partout. J'envoie quelques disques en promo de temps en temps aussi... Niveau du financement, je suis satisfait car le label s'autosuffit de plus en plus. Ça m'arrive de mettre une centaine d'euros de ma poche par ci par là de temps en temps mais la plupart vient des sorties elles-mêmes ou des quelques échanges que je fais et que je vends sur Discogs.

-Comment décides-tu de sortir un disque ou non ? Quels sont les critères de sélections ?

Le critère le plus important est que j'ai déjà rencontré les gens et d'avoir cette impression d'avoir des choses en commun. Je fais des disques qu'avec les gens que je connais bien... pas par méfiance, mais juste par plaisir... En plus, j'ai plein de potes qui jouent dans de supers groupes donc c'est vraiment idéal ! Parfois ils me font part de leur projet et je leur dis que je suis chaud pour le faire, ou alors je propose directement de faire un disque... ça dépend du contexte... La musique est bien sûr importante mais ce n'est pas le critère principal, c'est surtout une histoire d'affect... Idem pour les labels avec qui je co-produis les disques, c'est un peu le même processus. Je demande souvent l'avis de Gwen aussi... J'aime bien avoir son aval !

-Qu'est-ce que cela représente pour toi de sortir des disques DIY en 2013 ?

Bof franchement pas grand chose... Tout et rien à la fois... Je n'ai jamais fonctionné autrement qu'en Do It Yourself par choix certes, mais surtout par défaut car personne n'est encore venu toquer à ma porte pour faire de la grosse promo pour le label ou distribuer les disques à une plus grande échelle. Donc ce serait trop facile de faire des grandes tirades sachant que c'est le seul choix que j'ai ! Et qui me convient très bien comme ça aussi de toute façon...

-Quel est ton point de vue sur la "crise du disque" et penses-tu qu'elle puisse être un moteur créatif ?

Non, pas spécialement... La "crise du disque" n'empêche pas de produire de la musique car plein de groupes savent désormais enregistrer et faire circuler leur musique tous seuls grâce à Internet. Il y a des gros labels indés qui doivent en souffrir certes, mais bon... C'est dans un sens au moins bien fait pour les grosses majors qui s'en sont mis plein les poches pendant des années. Cette crise est de toute façon liée à des changements dans les habitudes des gens avec internet qui va au delà de la diffusion / production / écoute de la musique. Mais attends, tu sais quoi ? Je m'en fiche complètement de tout ça en fait, de cette crise du disque et tout... A mon échelle, c'est quelque chose qui ne me concerne pas vraiment à vrai dire... ni en tant que label et encore moins en tant que "consommateur" / collectionneur de disques ou amateur de concerts de petits groupes dans des petits rades !

-Quelles sont les dernières et futures sorties du label ?

Il y a eu pas mal de sorties ces derniers mois dont je suis vraiment content. Le LP d'Abject Object est une pure merveille de punk rock assez original, sans aucun cadre, libre de toute formule. J'adore ce groupe que je trouve malheureusement sous estimé... Les 2 LP de Sed Non Satiata aussi sont arrivés en juillet... le nouveau, Mappo ainsi que le repressage de vieux morceaux sur un autre LP. Les disques sont hyper beaux, en plus d'être mortels, et les retours sont bons aussi, du coup c'est parfait. Sed Non Satiata sont des amis depuis très longtemps, c'est très particulier de faire des disques avec eux. Ensuite, j'ai le 12" de Torino qui arrive dans les prochaines semaines ainsi qu'un 7" de Koenigstein Youth... Torino est le nouveau groupe de mes potes Gwen (de Baton Rouge, 12XU et Daïtro), Rog (Who Needs Maps, HK) et Felix (KenPark, TakeWarning). C'est un 12" avec 6 morceaux de punkrock mélodique un peu à la The Bomb, Pegboy ou encore Naked Raygun. Hyper prometteur pour un premier disque, ils m'ont vraiment impressionné... Koenigstein Youth est un groupe de hardcore rapide et super efficace de St Étienne... C'est une grosse coprod à plein de labels. Et aussi un 7" de VeuveSS qui est en préparation, avec des nouveaux morceaux toujours bien crados, malsains, dans la lignée du 12" sorti l'an dernier qui m'avait bien impressionné... J'ai hâte d'envoyer ça au pressage aussi car on va faire un bel objet. Enfin dans le futur, il devrait y avoir un nouveau disque de Sed Non Satiata, une cassette de Old Junior qui compile leurs demos (c'est le nouveau nom d'Old Growth) et puis d'autres projets qui ne sont pas encore assez aboutis ou suffisamment décidés pour en parler encore !

-Tes groupes coups de cœur du moment ?

En ce moment, j'ai un gros coup de cœur sur un groupe de Saint Étienne qui s'appelle Zero Gain. C'est purement excellent et le disque vient de se décider. C'est aussi un truc à la TheBomb, Pegboy hyper mélodique, ce truc me rend dingue... Il y a des gens qui ont joué dans Boxing Elena et Take Warning entre autre. Je scotche bien sur le dernier LP de Shannon Wright et de Ten Volt Shock ainsi que celui de Moms On Meth... Sinon, j'ai récemment reçu un gros paquet de disques de mon copain Will d'Ampere qui m'a envoyé les derniers trucs de Vaccine, les démos de ses autres groupes (Longings, Won't Belong, No Faith) ainsi que les derniers trucs sur son label Clean Plate. Cet été, j'ai écouté aussi des trucs comme les Dogs, un vieux groupe punk de Rouen fin 70s-début 80, ainsi que du rockabilly bien sauvage comme Charlie Feathers et Johnny Burnette... J'ai aussi chopé une excellente compile de Hank Williams, précurseur du rockabilly justement et légende de la country... Et puis aussi 13th Floor Elevator... Neil Young... Captain Beefheart... Voilà à peu près ma bande son de cet été.

-Pour finir, quels sont les projets à venir avec tes différents groupes ?

Je n'ai plus qu'un seul groupe actif qui s'appelle Baton Rouge. On a plein de morceaux en chantier qu'on est en train de finir / retoucher / modifier / adapter pour un nouvel LP qu'on enregistrera en février. Ça sortira sur Purepainsugar ici en Europe.

Un grand merci à Julien pour avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.