Ah, voir et revoir Adjani se trancher la gorge et coucher avec un monstre à tentacules... Ce n'est pas dans la grisaille actuelle des salles obscures qu'on verrait cela. Heureusement, la musique est là pour nous nourrir de son actu.
Ventura est revenu en début de mois pour nous refaire le coup du disque parfait avec Ultima Necat, trois ans après We Recruit. Une nouvelle preuve, si besoin était, de la richesse musicale helvète. Des compos plus riches en ambiances que sur le précédent, une atmosphère plus bizarre tout en gardant un son reconnaissable dès le début du disque. Du tout cuit!
2013 sonne le retour à l'excellence pour Clutch qui avec Earth Rocker vient remettre les pendules à l'heure. Le Stoner rock c'est eux. Un disque fun et sans fioriture, visant à l'essentiel : donner le sourire et faire bouger la tête sur du son gras et groove. C'est à servir chaud et très épicé en attendant le retour de l'été.
Papaye nous revient à la fin du mois avec un nouveau pain dans la face, ça s'appelle Tennis et l'artwork est ce que vous verrez de plus chatoyant cette année. Ce super-groupe composé de membres de Pneu, Komandant Cobra et Room 204, soit ce qui se fait de mieux en France en matière de trigonométrie musicale, est encore une fois là pour vous faire rire et danser entre gens de bons goûts. A voir sur Paris avec Fordamage courant mai.
Les infatigables Melvins reviennent pour la trois millième fois dans nos oreilles, encore une fois pour notre plus grand plaisir même si on a souvent frôlé l'overdose. (Certains dans le fond me disent qu'ils l'ont plus que frôlé depuis longtemps). La livraison de cette année est un album de reprises, ça s'appelle Everybody loves sausages (ben tiens) et la tracklist est aussi variée que ses géniteurs sont cramés du bulbe, on y retrouve Queen, Venom, Throbbing Gristle, David Bowie ou encore The Scientists. Rien que ça.
The Dillinger Escape Plan seront de retour mi-mai pour achever les quelques survivants à leur Mathcore technique et fou. Ça s'appelle One of us is the killer et le premier extrait fait dans le classique de chez classique. En espérant que le reste de l'album sera moins bas du front que ce premier titre sans surprise, le groupe nous ayant habitué à plus de folie et de prise de risques. Verdict le 13 mai.
"On n'attache pas son chien avec des saucisses." Proverbe
Si ta mère est possédée par le démon mais ne ressemble pas Adjani, vient te plaindre ici.
un blog pour partager ma passion pour les musiques actuelles. rock indé, punk, electro, metal, expérimental, hard-core, etc.
12 avril 2013
6 avril 2013
Maciste contre le fantôme
Cela fait un peu trop longtemps que je n'ai pas posté et je m'en excuse aux trois nolifes qui suivent mon blog ainsi qu'à mon chat qui râle en disant que si seulement il n'y avait que ça que je fais à l'arrache ce serait déjà pas mal. Aujourd'hui nous parlerons de cerveaux luminescents et plus précisément de ZEUS!, grand duo foufou made in Italy et de son deuxième rejeton Opéra.
Parfois au détour d'un webzine, sans attendre rien de spécial, on tombe sur son nouveau groupe préféré, on s'endort le soir en l'écoutant en boucle, un sourire béat fixé aux lèvres. Zeus! est de ces groupes qui font rigoler quand on lit la liste des morceaux de leurs albums, qui donnent parfois mal au crâne quand on n'est pas bien réveillé mais dont la musique et ses structures folles donnent envie de partir en voyage sur un vaisseau spatiale fantôme, avec une bonne réserve de pâtes et de mauvais vin.
Hurlements possédés, sifflements de l'outre-espace, Metal balkanique et Funk à chiens sont au programme pour une traversée chaotique de l'Histoire de la musique vu par le dieu grec. Il revient, pas content, pour vous donner une leçon de solfège assis sur l'arbre de la connaissance, tapant sur vos vertèbres d'une main et de l'autre éclatant joyeusement la tronche d’Orphée, aidé en cela par un saxophone rouillé. C'est un opéra my dear, et comme il se doit c'est tragique et sanglant. Écoute "Beelzebulb" et "Eroica" et tu comprendras ce qu'il en coûte de réveiller la bête.
En écoutant l'album pour la 112e fois en huit jours, il me revient à l'esprit une scène d'un vieux film dans lequel un crétin ivre se fait casser les dents par un gros tout en muscles noueux, il garde un sourire tout du long, la bouche de plus en plus liquide. C'est ça ZEUS!, ça fait mal et c'est rigolo, c'est compliqué mais ludique, ça ne ressemble à rien mais c'est un peu ce que tu as attendu toute ta vie. Dans une autre dimension spatio-temporelle, ils gouvernent l'Italie et Berlusconi est patron d'une société qui synthétise des drogues à prendre après l'amour, pas mal, mais dans cet univers parallèle, de l'autre côté de la frontière, Hollande est président et Sardou respire encore. Ah non merde ça c'est la réalité. Putain de réalité.
Pour oublier la grisaille ambiante, le froid d'un mois d'avril qui rêve de fêter noël et la connerie comme étendard dans certaines manifs parisiennes, enfile tes oreilles, mets le son très fort, ouvre tes fenêtres et célèbre le retour des dieux grecs. Ils viennent faire une bacchanale sur les Champs-Élysées et envahir le Vatican. Habemus fun!
"Le tonnerre est impressionnant, mais c'est l'éclair qui est important." Mark Twain.
Bouffe des pâtes mais n'oublie pas d'être cannibale.
Parfois au détour d'un webzine, sans attendre rien de spécial, on tombe sur son nouveau groupe préféré, on s'endort le soir en l'écoutant en boucle, un sourire béat fixé aux lèvres. Zeus! est de ces groupes qui font rigoler quand on lit la liste des morceaux de leurs albums, qui donnent parfois mal au crâne quand on n'est pas bien réveillé mais dont la musique et ses structures folles donnent envie de partir en voyage sur un vaisseau spatiale fantôme, avec une bonne réserve de pâtes et de mauvais vin.
Hurlements possédés, sifflements de l'outre-espace, Metal balkanique et Funk à chiens sont au programme pour une traversée chaotique de l'Histoire de la musique vu par le dieu grec. Il revient, pas content, pour vous donner une leçon de solfège assis sur l'arbre de la connaissance, tapant sur vos vertèbres d'une main et de l'autre éclatant joyeusement la tronche d’Orphée, aidé en cela par un saxophone rouillé. C'est un opéra my dear, et comme il se doit c'est tragique et sanglant. Écoute "Beelzebulb" et "Eroica" et tu comprendras ce qu'il en coûte de réveiller la bête.
En écoutant l'album pour la 112e fois en huit jours, il me revient à l'esprit une scène d'un vieux film dans lequel un crétin ivre se fait casser les dents par un gros tout en muscles noueux, il garde un sourire tout du long, la bouche de plus en plus liquide. C'est ça ZEUS!, ça fait mal et c'est rigolo, c'est compliqué mais ludique, ça ne ressemble à rien mais c'est un peu ce que tu as attendu toute ta vie. Dans une autre dimension spatio-temporelle, ils gouvernent l'Italie et Berlusconi est patron d'une société qui synthétise des drogues à prendre après l'amour, pas mal, mais dans cet univers parallèle, de l'autre côté de la frontière, Hollande est président et Sardou respire encore. Ah non merde ça c'est la réalité. Putain de réalité.
Pour oublier la grisaille ambiante, le froid d'un mois d'avril qui rêve de fêter noël et la connerie comme étendard dans certaines manifs parisiennes, enfile tes oreilles, mets le son très fort, ouvre tes fenêtres et célèbre le retour des dieux grecs. Ils viennent faire une bacchanale sur les Champs-Élysées et envahir le Vatican. Habemus fun!
"Le tonnerre est impressionnant, mais c'est l'éclair qui est important." Mark Twain.
Bouffe des pâtes mais n'oublie pas d'être cannibale.
19 mars 2013
Le Masque du démon
Il s'en est passées des choses bizarres dans l'histoire de la musique, celle qui fait mal aux oreilles ; il paraît même que parfois, elle fait mal aux yeux ou qu'elle peut avoir le pouvoir de tuer. Ces cinquante dernières années, on en a projetés des fantasmes sur les effets néfastes du rock n'roll, sur les dangers du Hard Rock pour nos chères petites têtes blondes ou sur les messages subliminaux, parlant du retour de tonton Adolf, cachés dans les vinyles de Sardou (ou alors je confonds mais je ne crois pas).
Certains ont cru entendre Satan leur parler chiffons en écoutant des disques des Beatles ou de Led Zep à l'envers, personnellement, je pense que si on n'aime pas Led Zep, il n'est pas nécessaire d'abimer leurs disques pour passer le temps. D'autres ont vraiment cru que l'apocalypse était pour demain parce qu'un guignol trop maquillé racontait, pour la blague, qu'il s'était fait retirer des côtes pour pouvoir pratiquer l’auto-fellation. Dans son cas, même problème, quand on n'aime pas la musique, ce n'est pas la peine de se venger gratuitement sur elle en faisant de la merde. Rendons, malgré tout, grâce à Marilyn Manson pour avoir fait peur aux cons l'espace d'un court instant.
La question se pose alors : est-ce que la musique peut avoir pour rôle de déranger, de provoquer ? La réponse, mon petit canard, puisque tu me poses une question un peu pourrie, est simple : La musique t'emmerde, elle a tous les droits et pour le meilleur et le pire, elle peut faire ce qu'elle veut. Le meilleur donne des choses comme Throbbing Gristle et les débuts de l'Indus le plus extrême, Public Enemy et le bon Rap, les premiers disques de Grindcore ou Metal Urbain. Le pire aboutit, en suivant un chemin sinueux depuis que la musique est un business, à des choses aussi variées que Bouba, Mylène la fermière ou n'importe quel crétin derrière son laptop, qui poste des vidéos de ses impros masturbatoires sur des beats de fêtes foraines. Sachez malgré tout que selon l'humeur le pire peut devenir le meilleur et vice versa. Sauf pour Michel Sardou.
Alors qu'aujourd'hui le trash, le vulgaire et le dérangeant sont devenus des arguments marketings aussi efficaces que les strings et les chats, il fut une époque bénie où le Black metal était une musique dangereuse dont aucun curé ne prenait la défense en marge du Hellfest. Des suédois cramés du slip faisant flamber des églises se tiraient des balles de kalachnikov dans la gueule alors qu'à l'autre bout du monde Alice Cooper faisait déjà rire les enfants en jouant avec des serpents, le regard méchant et le maquillage millimétré. La mort n'était déjà plus qu'un crâne sur des tee-shirts d'ados pendant que de gentils esthètes mangeaient des chats sur des blastbeats au fond de caves remplies d'élitistes vegans, adorant Belzebuth.
Entre temps, tout a changé, le Black metal le plus extrême est une musique d'intellos jouée par de gentils hipsters à lunettes en bois, théorisée par l’intelligentsia des critiques rock amateurs faisant sponsoriser leurs sites par des grossistes en thon bio. Et bizarrement, le genre est devenu, non pas encore accessible, mais varié et intelligent, riches en ambiances et en thèmes abordés.
Tout cela pour en venir au simple fait qu'il faut absolument écouter les groupes parfaits que sont Blut Aus Nord, Aluk Todolo, Neige Morte, Deathspell Omega, Liturgy, Wolves In The Throne room ou encore Altar of Plagues. Si vous croyez encore que le Black metal se résume à des fifous couverts de sang, parlant de la taille du zizi du diable en mangeant des côtes de porc crues dans des caves de centres villes gothiques, vous allez découvrir des sons nouveaux et agrandir vos horizons musicaux comme jamais depuis votre découverte du metal, quand vous étiez encore innocents, chastes et pures. Oui, c'était il y a longtemps.
"Dieu pêche les âmes à la ligne, Satan les pêche au filet." A-D.
Si vous n'êtes pas hexakosioihexekontahexaphobes, soyez cannibales.
18 mars 2013
A History of violence
Nous sommes en 2013 et le monde est crasseux, bonsoir. Aujourd'hui nous parlerons terroir et volupté avec le premier LP des lavallois de Birds In Row : You, me and the violence. Premier groupe français à voir un de ses disques sortir sur Deathwish, le célèbre label du leader de Converge, Birds In Row n'a pas attendu cette sorte de consécration pour être un acteur majeur des musiques sales de France.
Ayant, dès sa naissance, bouffé des kilomètres comme certains enquillent les packs de kro, le groupe fait preuve, dès son premier long format et après deux EP remarqués et remarquables, d'une incroyable force de frappe. Un impact nuancé par la variété des styles et des tons employés pour un règlement de compte tout en violence parfois brute, parfois contenue comme une frustration adolescente bien cachée. Il est bluffant de voir le chemin parcouru par les trois depuis Rise of the phoenix, alors qu'il n'est plus vieux que de deux ans.
Birds In Row ne joue pas de musique, il la vit, il exulte ses morceaux comme on porte sa croix sur un chemin rocailleux. Avec la passion et l'envie de partager sur la route chevillées au corps, le groupe avance à pas de géants. Non pas un géant à la tête perdu dans les nuages, loin des réalités et de la dureté du monde, mais plutôt de ceux vivants sous terres, regardant au raz du sol ce qui se déroule ici ou là, sur la terre des hommes.
Dès "pilori", le constat est sans appel, pendant trente-cinq minutes vous allez être témoin de ce que peuvent faire trois types talentueux pour donner leur vision de tout ce que le hardcore moderne peut compter de sous-genres, cela d'une façon si marquante que s'en est presque trop beau. Les titres s'enchainent aussi vite que tombent les mouches quand un politique ouvre la bouche, vous allez être conquis, vite, bien et définitivement. "Lovers have their say" s'occupera de finir de vous convaincre dans une boue de larsens et d'ombres.
Il ne vous restera plus qu'à foncer les voir sur scène, comprendre ce que les termes d'intensité et d'honnêteté musicale veulent dire, être témoin de ce qui est transmis par cette collection de morceaux incroyables de concision, de violence et d'intelligence. Soutenez les yeux fermés les groupes français de cette trempe et espérez qu'ils finissent par être aussi nombreux que leur musique est touchante.
Va bosser ou soit cannibale.
Ayant, dès sa naissance, bouffé des kilomètres comme certains enquillent les packs de kro, le groupe fait preuve, dès son premier long format et après deux EP remarqués et remarquables, d'une incroyable force de frappe. Un impact nuancé par la variété des styles et des tons employés pour un règlement de compte tout en violence parfois brute, parfois contenue comme une frustration adolescente bien cachée. Il est bluffant de voir le chemin parcouru par les trois depuis Rise of the phoenix, alors qu'il n'est plus vieux que de deux ans.
Birds In Row ne joue pas de musique, il la vit, il exulte ses morceaux comme on porte sa croix sur un chemin rocailleux. Avec la passion et l'envie de partager sur la route chevillées au corps, le groupe avance à pas de géants. Non pas un géant à la tête perdu dans les nuages, loin des réalités et de la dureté du monde, mais plutôt de ceux vivants sous terres, regardant au raz du sol ce qui se déroule ici ou là, sur la terre des hommes.
Dès "pilori", le constat est sans appel, pendant trente-cinq minutes vous allez être témoin de ce que peuvent faire trois types talentueux pour donner leur vision de tout ce que le hardcore moderne peut compter de sous-genres, cela d'une façon si marquante que s'en est presque trop beau. Les titres s'enchainent aussi vite que tombent les mouches quand un politique ouvre la bouche, vous allez être conquis, vite, bien et définitivement. "Lovers have their say" s'occupera de finir de vous convaincre dans une boue de larsens et d'ombres.
Il ne vous restera plus qu'à foncer les voir sur scène, comprendre ce que les termes d'intensité et d'honnêteté musicale veulent dire, être témoin de ce qui est transmis par cette collection de morceaux incroyables de concision, de violence et d'intelligence. Soutenez les yeux fermés les groupes français de cette trempe et espérez qu'ils finissent par être aussi nombreux que leur musique est touchante.
Va bosser ou soit cannibale.
10 mars 2013
Eternal Sunshine of the spotless mind
Cela fait un peu trop longtemps que je n'ai pas posté. Ce n'est pas sérieux, je le sais bien. J'ai, malgré tout, écouté énormément de musique pendant ces quelques semaines et pris aussi quelques vacances imméritées, comme toujours. Parlons peu, parlons bien, discutons de The Saddest Landscape et de leur petit nouveau : After the light.
The Saddest Landscape n'est pas un groupe de screamo, il est le screamo. Rarement le genre n'aura été porté non comme un étendard mais comme une seconde peau, forcément couverte de plaies. A vif. La musique du groupe transpire l'honnêteté, la vie qui blesse et qui élève, celle qui nous condamne et nous sublime. Le chant de Maddox est encore une fois empli de grâce et de douleur, qu'il crie, hurle ou parle simplement, portant dans sa voix les émotions de chaque mot prononcé.
Il est des disques qui vous accompagnent dans les moments forts du quotidien, qui vous transportent vers ce que vous cherchez et vous aide à déplacer des montagnes. De ceux qui construisent autant votre identité que l’œuvre d'un groupe. After the light est clairement un digne concurrent de cette catégorie, de celle qui vise à la pureté. Il suffit ici de sept petits titres pour que la magie opère.
Quand les quelques minutes que compte le disque s'achèvent pour la première fois, la force et l'intensité qui se dégagent de cette musique vous marquent au fer rouge, pour ne plus jamais vous lâcher. Il est parfois émotionnellement éprouvant d'écouter cet LP, d'autres fois, la lumière qui s'en échappe vous éblouit et vous captive comme celle filtrant au travers d'un vitrail.
Le meilleur terme pour décrire ce déferlement sonore serait, me semble-t-il, celui de "passion". Passion pour une scène, un héritage musical sans concession, mais également passion pour la vie, pour le combat qu'elle représente. Un combat se menant avec fierté, la gorge déployée et les poings serrés. Ici, la musique transpire la rage et la conviction, la nécessité d'avancer, coûte que coûte.
Prend le soleil et sois cannibale.
The Saddest Landscape n'est pas un groupe de screamo, il est le screamo. Rarement le genre n'aura été porté non comme un étendard mais comme une seconde peau, forcément couverte de plaies. A vif. La musique du groupe transpire l'honnêteté, la vie qui blesse et qui élève, celle qui nous condamne et nous sublime. Le chant de Maddox est encore une fois empli de grâce et de douleur, qu'il crie, hurle ou parle simplement, portant dans sa voix les émotions de chaque mot prononcé.
Il est des disques qui vous accompagnent dans les moments forts du quotidien, qui vous transportent vers ce que vous cherchez et vous aide à déplacer des montagnes. De ceux qui construisent autant votre identité que l’œuvre d'un groupe. After the light est clairement un digne concurrent de cette catégorie, de celle qui vise à la pureté. Il suffit ici de sept petits titres pour que la magie opère.
Quand les quelques minutes que compte le disque s'achèvent pour la première fois, la force et l'intensité qui se dégagent de cette musique vous marquent au fer rouge, pour ne plus jamais vous lâcher. Il est parfois émotionnellement éprouvant d'écouter cet LP, d'autres fois, la lumière qui s'en échappe vous éblouit et vous captive comme celle filtrant au travers d'un vitrail.
Le meilleur terme pour décrire ce déferlement sonore serait, me semble-t-il, celui de "passion". Passion pour une scène, un héritage musical sans concession, mais également passion pour la vie, pour le combat qu'elle représente. Un combat se menant avec fierté, la gorge déployée et les poings serrés. Ici, la musique transpire la rage et la conviction, la nécessité d'avancer, coûte que coûte.
Prend le soleil et sois cannibale.
27 février 2013
Le Dernier des Mohicans
2013 est une année qui commence bien puisque Mike Patton et ses amis nous offrent un nouveau LP de Tomahawk, Oddfellows. Ne faisons pas durer le suspense, ce dernier bébé est une réussite intégrale.
Flashback vers 2007, Tomahawk sort Anonymous, concept-album plus expérimental qui déçoit beaucoup de fans. Après la sortie de celui-ce, le groupe ne tourne pas et Kevin Rutmanis, devenu ingérable, quitte le navire. Pour les fans, ça sent un peu le sapin. Quand en 2012, Patton annonce un nouvel album et l'arrivée de Trevor Dunn (Mr Bungle, Melvins, Fantomas,etc) à la basse, cela crée tout de suite beaucoup d'espoirs et d'attentes. Un ans après, nous pouvons enfin écouter le résultat, trépignants en posant le disque pour la première fois sur notre platine. Play.
Les choses reprennent tout de suite comme s'il ne s'était rien passé depuis Mit Gas, les titres sont courts, presque sans fioritures, on accroche dès la première écoute. Patton est en grande forme (comme souvent), ses lignes de chants sont bluffantes d'aisance et de diversité. "Stone letter", le single, surprend d'ailleurs par la grâce mélodique de son refrain, chanté à gorge déployée par le général.
Du punk à la noise en passant par le jazz et le rockabilly, porté par les guitares si singulières de Duane Denison, le disque enchaine les plans qui visent simple et juste et, sans s'en rendre, on arrive déjà à la fin d'un disque sans aucun faux pas. Les quatre réussissent, au fil des treize titres, à éviter la redite ou les temps morts par la magie de morceaux ayant tous leurs identités propres, du très rentre-dedans "Oddfellows" à l'ambiance sombre de "I.O.U".
On se demande alors ce qui pourrait arrêter ces géniaux touche à tout, qui, depuis le début des années 90 et à travers la diversité de leurs groupes respectifs passés ou présents, ont plus que quiconque enrichi l'héritage du paysage rock. L'empreinte laissée par des groupes comme Jesus Lizard, Battles, Helmet ou Faith no more n'a certainement pas fini de nourrir les appétits toujours plus grands de nos mange-disques. On ne finira sans doute jamais de mesurer l'impact et l'influence de ces musiciens sur les musiques que nous aimons, cela sans omettre qu'ils n'ont jamais choisi la facilité ou la redite mais une éternelle tendance à l'expérimentation et à l'innovation.
Ils ne sont pas nombreux ceux qui, après plus de vingt ans, proposent encore une musique inédite et sans concession, loin de toute considération de mode ou de marché. Il n'est pas né celui qui arrivera à arracher le scalpe de nos valeureux guerriers sonores. La barre est toujours, et peut-être de plus en plus, haute et le Tomahawk devra être bien affuté.
Entre deux parties de chasses ou une séance de touche-pipi avec Pocahontas, n'oublie pas d'honorer tes ancêtres en mangeant leurs cœurs. ugh!
Flashback vers 2007, Tomahawk sort Anonymous, concept-album plus expérimental qui déçoit beaucoup de fans. Après la sortie de celui-ce, le groupe ne tourne pas et Kevin Rutmanis, devenu ingérable, quitte le navire. Pour les fans, ça sent un peu le sapin. Quand en 2012, Patton annonce un nouvel album et l'arrivée de Trevor Dunn (Mr Bungle, Melvins, Fantomas,etc) à la basse, cela crée tout de suite beaucoup d'espoirs et d'attentes. Un ans après, nous pouvons enfin écouter le résultat, trépignants en posant le disque pour la première fois sur notre platine. Play.
Les choses reprennent tout de suite comme s'il ne s'était rien passé depuis Mit Gas, les titres sont courts, presque sans fioritures, on accroche dès la première écoute. Patton est en grande forme (comme souvent), ses lignes de chants sont bluffantes d'aisance et de diversité. "Stone letter", le single, surprend d'ailleurs par la grâce mélodique de son refrain, chanté à gorge déployée par le général.
Du punk à la noise en passant par le jazz et le rockabilly, porté par les guitares si singulières de Duane Denison, le disque enchaine les plans qui visent simple et juste et, sans s'en rendre, on arrive déjà à la fin d'un disque sans aucun faux pas. Les quatre réussissent, au fil des treize titres, à éviter la redite ou les temps morts par la magie de morceaux ayant tous leurs identités propres, du très rentre-dedans "Oddfellows" à l'ambiance sombre de "I.O.U".
On se demande alors ce qui pourrait arrêter ces géniaux touche à tout, qui, depuis le début des années 90 et à travers la diversité de leurs groupes respectifs passés ou présents, ont plus que quiconque enrichi l'héritage du paysage rock. L'empreinte laissée par des groupes comme Jesus Lizard, Battles, Helmet ou Faith no more n'a certainement pas fini de nourrir les appétits toujours plus grands de nos mange-disques. On ne finira sans doute jamais de mesurer l'impact et l'influence de ces musiciens sur les musiques que nous aimons, cela sans omettre qu'ils n'ont jamais choisi la facilité ou la redite mais une éternelle tendance à l'expérimentation et à l'innovation.
Ils ne sont pas nombreux ceux qui, après plus de vingt ans, proposent encore une musique inédite et sans concession, loin de toute considération de mode ou de marché. Il n'est pas né celui qui arrivera à arracher le scalpe de nos valeureux guerriers sonores. La barre est toujours, et peut-être de plus en plus, haute et le Tomahawk devra être bien affuté.
Entre deux parties de chasses ou une séance de touche-pipi avec Pocahontas, n'oublie pas d'honorer tes ancêtres en mangeant leurs cœurs. ugh!
13 février 2013
Les Sentiments
En 2011, Thursday sortait son dernier album, No Devolucion, c'était donc l'année du retour du jeudi (oui, oui j'assume). Plus rien ne serait pareil dans le monde des musiques émotives... L'année suivante, ils annonçaient se mettre en pause pour une durée indéterminée.
Il y a parfois des groupes dont parler de la musique avec des termes creux comme refrains, riffs, structures ou lignes de basses ne sert à rien. C'est déjà arrivé ici-même que j'emploie d'autres façons pour expliciter mon amour d'un groupe. Thursday est indéniablement de ceux-là. Ils le sont d'autant plus qu'ils jouent dans une cour (l'emo pour faire vite) dont le but est justement le ressenti, les sensations que la musique nous procure.
Vous êtes-vous déjà retrouvé dans un pays inconnu, un endroit que vous visitez pour la première fois, dont vous ne connaissez presque rien ? Vous est-il arrivé de ressentir cette impression de puissance envahissante, ce trop-plein qui vous écrase devant quelque-chose de nouveau, que vous ne comprenez pas, mais qui vous attire dès les premiers instants ? C'est exactement ce que j'ai ressenti la première fois que j'ai écouté un morceau de Thursday. Une sensation pareil à celle que je ressens quand j'arrive dans une capital inconnue, que je perçois tout ce qu'il s'y passe, d'abord sans le comprendre, mais en aimant cela.
On avance alors ici dans notre écoute comme on se dirige à l'aveugle dans des ruelles que l'on arpente pour la première fois, chargé par l'excitation de ce qui est nouveau, de ce que l'on veut faire sien. On prend déjà du plaisir sans savoir d'où il vient. Les derniers disques de Thursday sont à l'image d'une grande ville aux infinis dédales, on sait que ce sera long pour en connaitre chaque rue, chaque immeuble, mais on a le temps de s'y perdre pour, plus tard et bien assez tôt, s'y reconnaitre.
Leurs disques, qui n'étaient au début qu'une chose plaisante, un dépaysement, deviennent alors une véritable partie de nous, dans chaque recoin on a laissé des souvenirs, des instants de notre passé. La première fois, la musique nous émeut pour elle-même, puis elle commence à se charger de tout ce qui a entouré son écoute répétée. On se sent alors aussi vivant que lorsque l'on revient sur certains lieux de notre passé, sauf qu'ici, en plus de cela, on continue à la charger de ce que nous sommes maintenant, au moment où l'on écoute.
Il ne reste alors qu'à se laisser happer, engloutir dans le flot de cette musique violente et belle mais jamais mielleuse. Ne plus penser ou essayer d'analyser chaque son ou chaque parole, simplement savoir qu'elle fait partie de nous tout comme nous sommes faits d'elle. Le miracle peut alors simplement se produire, celui d'une musique visant à être la bande-son parfaite de la vie, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus brutal.
Rarement un groupe affilié emo n'aura accompli un tel tour de force, réussir à ne jamais sonner pompeux ou larmoyant et parvenir à sublimer des sensations tout en préservant leur intensité et leur immédiateté. Les groupes à savoir donner toutes ses lettres de noblesses à l'emo ne courent pas les rues, quand Thursday sait nous prendre par la main pour y marcher avec nous.
Chez le mange-disque cannibale, le jeudi c'est ravioli.
Il y a parfois des groupes dont parler de la musique avec des termes creux comme refrains, riffs, structures ou lignes de basses ne sert à rien. C'est déjà arrivé ici-même que j'emploie d'autres façons pour expliciter mon amour d'un groupe. Thursday est indéniablement de ceux-là. Ils le sont d'autant plus qu'ils jouent dans une cour (l'emo pour faire vite) dont le but est justement le ressenti, les sensations que la musique nous procure.
Vous êtes-vous déjà retrouvé dans un pays inconnu, un endroit que vous visitez pour la première fois, dont vous ne connaissez presque rien ? Vous est-il arrivé de ressentir cette impression de puissance envahissante, ce trop-plein qui vous écrase devant quelque-chose de nouveau, que vous ne comprenez pas, mais qui vous attire dès les premiers instants ? C'est exactement ce que j'ai ressenti la première fois que j'ai écouté un morceau de Thursday. Une sensation pareil à celle que je ressens quand j'arrive dans une capital inconnue, que je perçois tout ce qu'il s'y passe, d'abord sans le comprendre, mais en aimant cela.
On avance alors ici dans notre écoute comme on se dirige à l'aveugle dans des ruelles que l'on arpente pour la première fois, chargé par l'excitation de ce qui est nouveau, de ce que l'on veut faire sien. On prend déjà du plaisir sans savoir d'où il vient. Les derniers disques de Thursday sont à l'image d'une grande ville aux infinis dédales, on sait que ce sera long pour en connaitre chaque rue, chaque immeuble, mais on a le temps de s'y perdre pour, plus tard et bien assez tôt, s'y reconnaitre.
Leurs disques, qui n'étaient au début qu'une chose plaisante, un dépaysement, deviennent alors une véritable partie de nous, dans chaque recoin on a laissé des souvenirs, des instants de notre passé. La première fois, la musique nous émeut pour elle-même, puis elle commence à se charger de tout ce qui a entouré son écoute répétée. On se sent alors aussi vivant que lorsque l'on revient sur certains lieux de notre passé, sauf qu'ici, en plus de cela, on continue à la charger de ce que nous sommes maintenant, au moment où l'on écoute.
Il ne reste alors qu'à se laisser happer, engloutir dans le flot de cette musique violente et belle mais jamais mielleuse. Ne plus penser ou essayer d'analyser chaque son ou chaque parole, simplement savoir qu'elle fait partie de nous tout comme nous sommes faits d'elle. Le miracle peut alors simplement se produire, celui d'une musique visant à être la bande-son parfaite de la vie, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus brutal.
Rarement un groupe affilié emo n'aura accompli un tel tour de force, réussir à ne jamais sonner pompeux ou larmoyant et parvenir à sublimer des sensations tout en préservant leur intensité et leur immédiateté. Les groupes à savoir donner toutes ses lettres de noblesses à l'emo ne courent pas les rues, quand Thursday sait nous prendre par la main pour y marcher avec nous.
Chez le mange-disque cannibale, le jeudi c'est ravioli.
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